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Moins de transplantations d’organes et plus d’attente à cause de la pandémie

Un ambulancier porte une glacière bleue pour un don d'organes. Une civière se trouve en avant-plan.

Seules les personnes dont la vie est en danger peuvent recevoir une greffe de rein ou de pancréas (archives).

Photo : Getty Images / Aydın Mutlu

La pandémie de COVID-19 a forcé la suspension des transplantations d’organes non urgentes au Québec et en Ontario par mesure de sécurité pour les patients. Cette précaution va toutefois avoir des répercussions sur les temps d’attente une fois la pandémie terminée.

Au Québec, toutes transplantations de rein et de pancréas sont suspendues. C'est une décision qui a été prise par les programmes dans le but de protéger les receveurs, a expliqué le Dr Prosanto Chaudhury, directeur médical en transplantation chez Transplant Québec.

Les médicaments administrés aux patients pour éviter que leur corps ne rejette l’organe transplanté sont des immunosuppresseurs, a précisé le Dr Chaudhury, ce qui signifie que les receveurs deviennent extrêmement vulnérables aux infections.

La seule exception en vigueur s’applique aux cas où la vie du patient est en danger, mais il n’y a aucun patient qui est en risque mortel dans les prochaines semaines sur la liste de reins-pancréas, a noté le Dr Chaudhury.

Les autres programmes de transplantations demeurent toutefois ouverts, a précisé le médecin. Selon les plus récentes données de Transplant Québec, les greffes rénales sont les transplantations les plus répandues. En date du 31 décembre 2019, 543 Québécois attendaient pour recevoir un ou deux reins.

Constat similaire en Ontario, où 1148 personnes attendent une greffe rénale, selon le Réseau Trillium pour le don de vie.

Les opérations peuvent être mises sur la glace longtemps, pas les organes

Ça me brise le cœur. Chaque transplantation sauve une vie, croit pour sa part le Dr Atul Humar, qui est responsable des transplantations à l’Hôpital général de Toronto, où ces opérations non essentielles ont aussi été suspendues.

Si on peut mettre les greffes de reins sur la glace le temps que se termine la pandémie, on ne peut pas en faire autant pour les organes eux-mêmes.

Ce n’est pas comme si on pouvait conserver [les organes] sur glace pendant un mois et les transplanter. La technologie n’est pas rendue là.

Dr Atul Humar, responsable des transplantations à l’Hôpital général de Toronto

Il y a des prélèvements qui ne se feront pas, des offres d’organes qui ne se feront pas, a déploré le Dr Chaudhury.

Au bout du compte, des receveurs comme l’Ottavien Paris Escandón — qui doit recevoir un rein d’un donneur vivant — devront prendre leur mal en patience. Ça m’inquiète, parce que je dois subir des dialyses, mais plus le temps passe, plus ma santé se détériore, a relaté M. Escandón.

Équipement de dialyse en salle.

Les patients en attente d'une transplantation rénale peuvent survivre grâce à la dialyse (archives).

Photo : iStock

Si, selon les médecins, la vie de M. Escandón n'est pas en danger pour le moment, elle n'est exactement pas saine non plus.

Je me demande quand tout ça va finir. Quand est-ce que les protocoles de transplantation vont pouvoir reprendre pour que je puisse continuer de vivre ma vie?

Paris Escandón, patient en attente d'une greffe de rein

Moins de greffes maintenant, plus de temps d'attente après la crise

Qui plus est, les processus sont un peu plus longs, parce que tous les donneurs vont être testés pour la COVID-19, a expliqué le Dr Chaudhury, une épreuve supplémentaire pour les familles de donneurs potentiels qui doivent donner le feu vert pour le don d’organes.

Les organes d’une personne atteinte de la COVID-19 ne peuvent pas être prélevés et transplantés.

Les effets des mesures prises en ce moment pourraient se faire sentir bien après la fin de la pandémie, croit le Dr Chaudhury. S’il estime que la situation devrait revenir à la normale en ce qui concerne les dons et les prélèvements après le pic de la crise, les receveurs devront continuer à faire preuve de patience.

La liste d’attente pour ces patients-là va s’allonger, anticipe-t-il.

En ce moment, un Québécois qui a besoin d'une transplantation rénale doit attendre en moyenne 492 jours.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Avec les informations de Hillary Johnstone de CBC

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