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Un appel à l’aide pour soutenir les personnes sans abri durant la pandémie

Un homme portant des sacs poubelles remplis de cannettes vides fouille dans des chariots de supermarché contenant de vieux vêtements

Selon Rick Lees de nombreuses personnes itinérantes ont déjà des problèmes de santé et lorsque la pandémie s’attaquera à cette population, les conséquences pourraient être plus dramatiques.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Alors que le nombre de cas de COVID-19 augmente rapidement au Manitoba et ailleurs, les organismes d’aide aux personnes itinérantes proposent un plan d’action et appellent à la contribution de tous pour assurer la protection des sans-abri.

Ces organismes croient que les personnes sans abri seront bientôt infectées par la maladie. « C’est une question de temps avant que ça ne commence », déclare le directeur général de Main Street Project, Rick Lees.

Selon Rick Lees, de nombreuses personnes en situation d’itinérance ont déjà des problèmes de santé. Lorsque la pandémie s’attaquera à cette population, les conséquences pourraient être plus dramatiques et la propagation au sein de la communauté pourrait être difficile à stopper, affirme-t-il.

Afin de mieux se préparer, les organismes travaillent d’arrache-pied depuis deux semaines avec les services sanitaires et les services de logement de la province pour l’aménagement de nouveaux refuges sécuritaire, déclare la directrice générale de l’organisme End Homelessness Winnipeg, Lucille Bruce.

Au fur et à mesure que d’autres services, comme les restaurants, les libraires et les centres d’achats ferment, le nombre de personnes sans abri qui ont besoin d’aide pour leurs besoins de base augmente, explique M. Lees.

D’après, Lucille Bruce, les refuges actuels ne sont pas suffisants pour accueillir toutes les personnes sans abri.

Pour respecter les mesures de distanciation sociale, nous travaillons pour avoir plus de refuges, dit-elle.

Une femme debout devant une bannière et portant des lunettes

La directrice générale de l’organisme End Homelessness Winnipeg, Lucille Bruce.

Photo : Radio-Canada

De plus, il faut aussi prévoir des logements distincts pour héberger séparément les personnes qui présentent des symptômes et celles qui seront malades, ajoute-t-elle.

Les responsables de refuges travaillent très fort, dit-elle. Ils ont trouvé certains immeubles à Winnipeg et ils travaillent en étroite collaboration avec la province et l’Office régional de santé pour s’assurer que ces lieux sont prêts, dit-il.

Centres de dépistage

Rick Lees souligne que l'accent est également mis sur la nécessité d’installer les centres de dépistage à proximité des grands refuges et des refuges d’urgence.

Il est important d’avoir les centres de test près des refuges, car ce n’est pas facile d’assurer le transport et la sécurité de ces populations vulnérables ce temps de crise, dit-il.

Il note que les personnes sans abri qui ont des problèmes de dépendance auront besoin de services supplémentaires. Si ces personnes sont mises en quarantaine, elles auront besoin d’avoir accès à leurs fournisseurs de drogues, d'alcool ou de méthamphétamine.

D’après lui, il faut prendre en considération ces petits détails pour éviter des crises qui rendront plus complexe la tâche aux travailleurs de première ligne.

Nutrition et aide du public

L’approvisionnement en aliments est également pris en compte dans le plan d’action proposé par les organismes d’aide aux sans-abri, selon Lucille Bruce.

Elle explique que les banques alimentaires sont partie intégrante du plan d’action proposé par les organismes.

Il y a eu de nombreuses discussions pour savoir comment s’assurer de la continuité des services d’alimentation, note la directrice générale.

Certaines banques alimentaires feront des paniers d’aliments pour ces populations vulnérables, dit-elle. À travers Winnipeg Harvest, les banques alimentaires essaient d’ouvrir différents points de distribution dans la ville.

Une femme assise devant des étagères.

Winnipeg Harvest est la plus grande banque alimentaire du Manitoba.

Photo : CBC

Mme Bruce rappelle qu’il est possible pour les citoyens de faire des dons d’aliment directement aux refuges pour venir en aide aux plus vulnérables en ce temps de crise.

Bénévolat

Les organismes observent déjà une diminution du nombre de personnes disponible pour faire du bénévolat dans différents secteurs clés de ce plan d’action. Ils prévoient également des arrêts de travail de certains membres de leur personnel de première ligne, qui pourraient être infectés ou présenter des symptômes de COVID-19.

Rick Lees demande à tous ceux et celles qui pourraient aider de ne pas hésiter à s’impliquer, tout en s’assurant d’être en sécurité.

Dans les refuges, nous aurons besoin de professionnels en services sociaux et autres comme bénévoles, dit-il.

Financement

Les organismes comptent sur des fonds provenant du gouvernement fédéral pour peaufiner leur plan d’action.

Nous avons reçu la promesse que les fonds annoncés par Ottawa nous seront remis sous peu, dit Rick Lees. Le gouvernement fédéral accélère également l’octroi des fonds destinés au logement des personnes sans abri pour nous permettre de rénover des refuges.

Rick Lees pose à l'extérieur, devant l'hôtel Bell.

Le directeur général de l'organisme de soutien Main Street Project, Rick Lees.

Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye

Nous travaillons avec les services de santé du Manitoba afin de savoir quels fonds peuvent être accessibles, ajoute-t-il.

Lucille Bruce encourage les Winnipegois et les Manitobains à faire des dons en argent aux organismes qui travaillent pour le bien-être des personnes sans abri. Selon elle, affronter la pandémie de COVID-19 nécessite un effort collectif.

Statistiques

À Winnipeg, environ 1500 personnes sont sans abri, d’après l’organisme de lutte contre l’itinérance End Homelessness in Winnipeg.

Cette population est constituée, entre autres, de plus de 60 % de personnes autochtones et de 11 % de personnes LGBTQ2S+.

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Santé publique