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Un bébé de deux ans meurt durant une intervention de la DPJ à Joliette

Les services sociaux avaient sous-estimé l'urgence de la situation familiale .

Gyrophares sur un véhicule de la Sûreté du Québec

La section des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a ouvert une enquête.

Photo : Radio-Canada / Félix B. Desfossés

L’enfant est décédé soudainement de détresse respiratoire, alors que les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) s’étaient absentés quelques instants de son logement, a appris Radio-Canada.

À 13 h 15, jeudi 26 mars, des intervenants de la DPJ se présentent dans une résidence de Joliette, mais les parents sont réticents à les laisser entrer.

Après avoir insisté, ils découvrent une scène d’horreur rarement vue, témoignent trois sources bien au fait du dossier.

Dans le logement insalubre, les quatre jeunes enfants de la famille avaient des champignons sur le visage et la peau purulente. Une négligence évidente de la part des parents, mais le pire était à venir.

À 14 h, la DPJ décide de procéder d’urgence au placement des enfants, un garçon de 6 ans, un autre de 2 ans et deux fillettes jumelles de 6 mois.

Les deux intervenants quittent la résidence pendant quelques instants. Ils alertent la police, trouvent rapidement une famille d’accueil et se mettent en quête d’un véhicule avec des sièges pour bébé afin de transporter les enfants.

À leur retour dans le logement à 15 h, ils sont surpris de découvrir une ambulance sur place, en plus des policiers. Le garçon de deux ans est inanimé et en détresse respiratoire. Il décède à son arrivée à l’hôpital d’un arrêt cardio-respiratoire.

Un signalement en janvier, une intervention deux mois plus tard

La situation des enfants de la famille avait été signalée à la DPJ de Lanaudière au mois de janvier. Le cas avait été classé « code 3 », soit le niveau de priorité le moins élevé.

Il requiert toutefois une évaluation dans un délai de douze jours. Or, il s’est passé plus de deux mois avant que la DPJ ne l’évalue. L'abondance des dossiers serait en cause.

Selon nos informations, les services sociaux ont appelé pour la première fois la famille il y a quelques jours. Une intervenante a constaté au téléphone un manque de collaboration de la famille et s’en est inquiétée, ce qui a déclenché la visite au domicile de jeudi.

La Direction du CISSS de Lanaudière souhaite ses plus sincères condoléances à la famille, écrit la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux, Pascale Lamy, dans un courriel. Considérant les règles de confidentialité qui s’appliquent, nous ne pouvons donner aucune information en lien avec cette situation.

Enquête criminelle et autopsie

La section des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a ouvert une enquête. Des interrogatoires seront menés, entre autres avec la famille et les intervenants de la DPJ.

Pourquoi personne n’est-il resté sur place entre 14 h et 15 h? Les intervenants n’auraient pas jugé que les enfants couraient un risque immédiat pour leur vie.

Selon nos sources, le bébé avait été vu par un médecin pour une infection respiratoire quelques jours plus tôt et s’était fait prescrire des antibiotiques.

La famille est originaire d'une communauté autochtone du nord de Lanaudière. C'est là que les trois autres enfants ont été placés, chez d'autres membres de leur famille élargie. Ils sont maintenant sous la juridiction de la protectrice de l'enfance du conseil atikamekw.

Inquiétudes pour les enfants dans le contexte de la pandémie

Le jour même du drame, la Commission sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a publié un communiqué dans le contexte de la pandémie de la COVID-19.

La Commission présidée par Régine Laurent rappelait que cette crise crée une zone de risque de maltraitance des enfants et c’est encore plus vrai dans les familles déjà touchées par diverses problématiques personnelles ou sociales.

Le confinement prolongé, changement drastique de la routine quotidienne, limite des contacts interpersonnels, isolement des familles, perte d’emploi et de revenus, peur de contracter la maladie, incertitude quant à l’issue de la situation, autant de facteurs qui font vivre aux familles un niveau de stress inégalé.

Extrait du communiqué de la Commission Laurent

Avec la collaboration de Pasquale Turbide

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Justice et faits divers