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Les risques et la tension augmentent pour les employés d’épiceries

Un travailleur portant un masque pousse des paniers d'épicerie.

Les travailleurs des épiceries gagnent un salaire guère plus élevé que le salaire minimum (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

CBC

Les employés d’épiceries sont devenus des héros de l’ombre depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ils s’exposent à un risque considérable en côtoyant les clients et travaillent de longues heures pour une rémunération à peine plus élevée que le salaire minimum.

C’est un emploi ingrat, particulièrement en contexte de pandémie, a confié Shannon McMullin, une employée de Rainbow Foods, une épicerie du secteur de Britannia, à Ottawa, lors d’une entrevue à la radio de CBC.

Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi nous manquons de certains produits. Ils se défoulent souvent sur la première personne qu’ils voient, en l’occurrence, quelqu’un du service à la clientèle, a-t-elle expliqué au micro d’Ottawa Morning.

Je n’ai pas été victime de ça moi-même, mais j’ai été témoin de violence verbale de clients envers mes collègues. Quand on ne peut pas les servir parce que nous sommes en rupture de stock, ils se fâchent. Ils ne comprennent pas la situation dans laquelle on se trouve et c’est frustrant, a-t-elle ajouté.

Mme McMullin ne se tourne pas les pouces : elle s’occupe de la caisse, coordonne les commandes en ligne, remplit les tablettes et nettoie fréquemment le magasin.

Les précautions nécessaires

On compte dans l’épicerie de nombreux rappels de respecter une distance de deux mètres avec les membres du personnel, que ce soit sur des écriteaux ou même sur les badges d’identification de chaque employé.

Un badge d'identification d'une employée demandant au client de se tenir à deux mètres de distance.

Les employés portent sur eux un rappel aux clients pour que ceux-ci gardent leurs distances.

Photo : Gracieuseté de Shannon McMullin

L’épicerie est aussi ouverte moins longtemps chaque jour pour réduire le nombre d’heures d’exposition des employés à une possible contamination et pour leur permettre de faire le ménage.

Quand elle arrive pour le début de son quart de travail le matin, Mme McMullin constate qu’il y a déjà une file de clients qui attendent l’ouverture des portes. Je dois anticiper une période de pointe le matin, ce qui est très inhabituel, a-t-elle relaté.

Le propriétaire du commerce songe à imiter certaines grandes chaînes d’alimentation qui ont installé des baies vitrées pour protéger le personnel aux caisses. Les employés ont aussi à leur disposition de gants et du désinfectant à base d’alcool, deux produits fort convoités par les clients.

Ils disparaissent dès qu’on les met dans les rayons, a expliqué la jeune femme de 26 ans. Les légumineuses et les soupes en conserve se font aussi rares, tout comme la farine et la levure, puisque de nombreuses familles semblent redécouvrir les joies de la confection de pain maison.

Alors que certaines grandes épiceries ont décidé de bonifier le salaire de leurs employés, Rainbow Foods, une plus petite entreprise, ne peut qu’offrir à ses employés un crédit supplémentaire en magasin en guise d’incitatif.

L’incertitude, elle, gagne du terrain dans l’esprit des employés. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, parce que tout change d’un jour à l’autre. Nous ne savons pas qui va entrer travailler ni quels produits nous allons recevoir, a constaté Shannon McMullin. On prend ça au jour le jour, ce qui est à la fois stimulant et inquiétant.

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Ottawa-Gatineau

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