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Le Bureau de la concurrence est préoccupé par l’achat d’Air Transat par Air Canada

Les queues de deux avions d'Air Transat.

La société mère d'Air Transat dit que l'avis du Bureau de la concurrence n'ébranlait pas sa confiance à l'égard de son éventuel regroupement avec Air Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

La prise de contrôle de Transat A.T. par Air Canada reçoit un accueil défavorable du Bureau de la concurrence du Canada, qui s'inquiète d'une hausse des prix pour les voyageurs ainsi que d'une diminution des services.

Dans son document transmis au ministre fédéral des Transports Marc Garneau, l'organisme estime que cette transaction, si elle se concrétise, risque d'avoir une incidence négative sur 83 liaisons, dont 49 entre le Canada et l'Europe ainsi que 34 autres vers les destinations soleil, en Floride, au Mexique, en Amérique centrale ainsi que dans les Caraïbes.

L'avis du Bureau, dévoilé en fin d'après-midi vendredi, fait partie des rapports qui seront évalués par les autorités fédérales afin de trancher. Transports Canada a jusqu'au 2 mai pour remettre son évaluation au ministre Garneau.

L'élimination de la rivalité entre ces entreprises entraînerait une augmentation des prix, une diminution des services et une réduction importante des voyages effectués par les Canadiens sur certains trajets où leurs réseaux actuels se chevauchent.

Extrait du rapport du Bureau de la concurrence

Ensemble, Air Canada et la société mère du transporteur Air Transat détiendraient une part du marché transatlantique de 60 % depuis le Canada, se chevaucheraient sur certaines destinations soleil en plus d'avoir une emprise sur les voyages aériens à Montréal.

Toutefois, dans ses conclusions, le Bureau souligne que son évaluation a été menée avant que l'industrie ne soit bousculée par la pandémie de la COVID-19, ce qui a entraîné des licenciements massifs, notamment chez Transat A.T. ainsi qu'Air Canada, à la suite d'un effondrement de la demande en raison de la fermeture des frontières à travers le monde.

Les actionnaires du voyagiste avaient massivement accepté l'offre bonifiée de 18 $ par action – soit environ 720 millions de dollars – proposée par Air Canada. Cette transaction est également scrutée par les autorités réglementaires européennes.

Air Transat y voit des avantages à long terme

Dans un communiqué, Transat A.T. a souligné que l'avis du Bureau n'ébranlait pas sa confiance à l'égard de son éventuel regroupement avec Air Canada, en faisant valoir des avantages à long terme pour toutes les parties prenantes.

Le rôle du commissaire se limite à étudier les impacts sur la concurrence dans le marché, autrement dit à pointer les difficultés, sans nécessairement envisager les solutions ou les mesures correctives qui pourraient être mises en place ni prendre plus largement en compte l'intérêt public.

Le président et chef de la direction du voyagiste, Jean-Marc Eustache

À son avis, il faut ainsi prendre le rapport avec un peu de distance.

L'homme d'affaires a également estimé que, dans la foulée de la crise provoquée par le nouveau coronavirus, qui a forcé Transat A.T. à interrompre son service jusqu'à la fin d'avril, il faudra tenir compte de l'avenir du voyagiste et de la sauvegarde des emplois, notamment, dans l'évaluation.

Selon M. Eustache, le rapport de Transports Canada, qui ne devrait pas être rendu public, fournira vraisemblablement un éclairage plus complet sur les tenants et aboutissants de la transaction et sur l'ensemble des retombées.

Air Canada est plus préoccupée par la COVID-19

Pour sa part, Air Canada a souligné que les conclusions du Bureau seraient examinées en temps et lieu à cause de la crise provoquée par la COVID-19.

Notre priorité consiste à veiller sur nos employés et nos clients, et à mettre en place des mesures de compression des coûts afin de conserver des liquidités pendant la crise, a fait savoir par courriel une porte-parole de la société, Pascale Déry.

À la Bourse de Toronto, le titre du voyagiste québécois a clôturé à 9,49 $, soit bien en deçà du prix offert par le plus important transporteur aérien du pays, ce qui suggère que certains ont des doutes quant à la possibilité de voir la transaction se matérialiser.

L'action d'Air Canada a de son côté abandonné 1,16 $, ou 6,48 %, pour terminer à 16,75 $.

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