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COVID-19 : y a-t-il un lien entre la pollution et la propagation du coronavirus?

L’hypothèse de chercheurs italiens selon laquelle il y aurait un lien entre la pollution atmosphérique et la propagation rapide de la COVID-19 ne fait pas l'unanimité. En fait, elle est essentiellement basée sur une corrélation.

Un nuage au-dessus d'une zone industrielle.

Un nuage de fumée dans la zone industrielle de Hewan, au Caire.

Photo : Reuters / Mohamed Abd El Ghany

Selon une étude récente de chercheurs italiens des universités de Bologne, Bari, Milan et Trieste, il existerait un lien entre la pollution atmosphérique et la propagation rapide du coronavirus.

Ces chercheurs ont observé, grâce à des échantillons de données (Nouvelle fenêtre) provenant des agences environnementales, une corrélation significative entre les concentrations de particules fines (un type de polluant atmosphérique) et les phases d’accélération de l’épidémie dans le nord de l’Italie.

Cette région du pays est fortement industrialisée et les concentrations de particules fines émises par les véhicules automobiles, de même que les activités agricole et industrielle, y sont très importantes.

Selon ces chercheurs italiens, le coronavirus pourrait donc se fixer aux particules fines en suspension dans l’air et se déplacer selon la vitesse et la direction du vent.

La pollution atmosphérique par le biais des particules fines deviendrait alors un vecteur supplémentaire de la propagation rapide du virus.

Qui plus est, des recherches récentes ont montré que le coronavirus peut rester accroché environ trois heures aux particules fines. Le virus pourrait donc voyager dans l’air un certain temps et se répandre au gré des vents.

Cela pourrait alors expliquer en partie la rapide propagation observée dans ce pays.

Toujours selon cette étude, il est à noter que certaines conditions météorologiques pourraient jouer un rôle secondaire dans l’intensité du phénomène.

Un temps nuageux et humide agirait comme un catalyseur alors que des températures plus élevées accompagnées de temps sec et plutôt ensoleillé seraient un frein à la propagation.

Absence d'unanimité

Cependant, cette étude ne fait pas l’unanimité, car il ne s’agit que d’une hypothèse basée essentiellement sur une corrélation.

D’ailleurs, les chercheurs italiens n’ont pas étudié ni observé directement des particules fines pouvant transmettre le virus.

De plus, selon les connaissances actuelles, la dangerosité d’un virus à l’air libre est beaucoup moins importante qu’à l’intérieur d’un organisme. Ainsi, le potentiel infectieux d’un virus aéroporté serait beaucoup plus faible que lorsqu'il se transmet entre humains.

En plus d’être très industrialisé, le nord de l’Italie est très peuplé. Ce qui laisse présager, selon certains spécialistes, que cette corrélation observée serait fortement influencée par la contagion au sein même de la population. En d’autres termes, ce sont dans les régions à fortes densités de population que l’épidémie a le plus de risque de s’accroître.

Depuis les mesures de confinement mises en place [notamment dans le nord de l’Italie] pour freiner l’épidémie, la qualité de l’air s’est grandement améliorée.

Dans ce contexte, il est donc fort probable que ce type de possible propagation dans l’air soit maintenant réduit.

L'Italie compte désormais 9134 morts après avoir enregistré 969 nouveaux décès en 24 heures – un bilan quotidien inédit pour un seul pays.

La contagion continue toutefois de ralentir avec une hausse de seulement 7,4 % du total des cas positifs (86 498).

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