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Gestion de crise : les ratés du gouvernement du Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs debout devant des drapeaux en train d'écouter une voix.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, écoute la question d'une journaliste au téléphone lors d'un point de presse à Fredericton le 25 mars 2020.

Photo : Radio-Canada

Sophie Désautels

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne révèle plus les chiffres sur les tests de dépistage négatifs de la COVID-19, refuse de publier le nombre de tests par région et réduit maintenant le nombre de questions que peuvent poser les journalistes lors des points de presse quotidiens. Pendant ce temps, des médecins critiquent la façon dont le premier ministre et son gouvernement gèrent l’information transmise au public.

Le Dr Hubert Dupuis est médecin de famille et président d’Égalité Santé en Français. Il estime que le gouvernement de la province a toute une pente à remonter pour regagner la confiance des citoyens. Il n’y a pas si longtemps, le même gouvernement a soulevé l’ire de la population au Nouveau-Brunswick en voulant couper dans les services. Le gouvernement en termes de santé a perdu la confiance de la population et doit redoubler d’efforts pour rassurer les gens.

Hubert Dupuis se demande pourquoi les experts francophones en infectiologie et en microbiologie ne se sont pas adressés à la population, comme c’est le cas dans d’autres provinces. On dirait qu’ils sont bâillonnés, on ne les voit pas, on ne les entend pas. Moi je pense qu’on les empêche de s’exprimer, c’est clairement une défaillance, dénonce-t-il.

Le gouvernement ne peut pas communiquer dans la langue française et les gens ont droit d’avoir leurs questions répondues par des experts dans leur langue et de les rassurer.

Hubert Dupuis, médecin
Un homme sérieux et âgé

Le Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité santé en français, croit que les médecins francophones devraient davantage prendre la parole en public.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Le médecin poursuit en affirmant que les régies de la santé de la province n’ont pas adopté les mêmes critères, et la même méthode pour informer la population. Le Réseau de santé Horizon a tenu une conférence de presse et prévoit à nouveau s’adresser à la population lundi. Pour sa part, le Réseau de santé Vitalité a communiqué par écrit seulement.

J’aimerais savoir d’abord, est-ce qu’ils ont un plan? Est-ce que le plan est prêt? On est prêt à absorber combien de patients par jour, combien de respirateurs sont libres? Combien de lits de soins intensifs sont disponibles? Est-ce qu’on a assez de masques et d’équipement de protection pour le personnel de la santé? Est-ce qu’il en manque? On ne le sait pas, lance Hubert Dupuis.

Une fois que les gens sont malades, est-ce que notre système de santé, est-ce que Vitalité est à même de répondre à la commande? C’est là la question.

Hubert Dupuis, médecin

La clé d'une gestion de crise : la transparence

Le médecin s’attend à une meilleure communication et à davantage de transparence de la part du gouvernement du Nouveau-Brunswick. Une stratégie que devrait adopter le premier ministre Blaine Higgs, selon un expert en communication de l’Université de Sherbrooke. La communication stratégique, c’est de faire en sorte que dans la gestion de crise que nous vivons actuellement qui est sans précédent, que la population ait accès à une information claire, transparente, et la plus actuelle possible, explique Marc David, professeur à l’Université de Sherbrooke.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Selon les études dans le domaine qui sont bien connues, on doit avoir un leader qui prend la parole à tous les jours, qui répond aux questions des journalistes et qui, avec son équipe, donne l’heure juste en temps réel. On doit inspirer confiance, affirme Marc David, en ajoutant que si le premier ministre ne peut s’exprimer en français, c’est un obstacle pour que son message soit bien compris de l’ensemble de la population dans ce climat d’incertitude et de crise.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

Rappelons qu’une journaliste qui a formulé ses questions en français lors du point de presse du gouvernement cette semaine s’est fait demander de reprendre ses questions en anglais.

Rassurer pour éviter la propagation non pas du virus seulement, mais aussi de la peur…

Marc David, professeur de communication

M. David explique que selon les recherches en communication stratégique, il y a des pièges à éviter. Souvent, les gouvernements veulent contrôler le message. Ça entraîne certaines problématiques, lorsqu’on essaie de tout contrôler et que des questions persistent dans la population et qu’on n’y répond pas, ça augmente l’insécurité et l’insatisfaction des citoyens.

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