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Un avion dans le ciel.

Des immigrants récemment arrivés au Manitoba font face à des défis supplémentaires en raison de la crise de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Radio-Canada

En 2019, après deux ans de démarches, Abdelhakim Debz et Nadia Zenine ont obtenu leurs visas en vue de s'installer à Winnipeg. En achetant leurs billets d’avion aller simple en partance de l'Algérie datés du 17 mars 2020, ils étaient loin de se douter que leur arrivée en sol canadien se ferait en pleine crise de la pandémie de coronavirus.

Arrivé au Manitoba au moment même où les frontières se fermaient, le couple vit sa période de confinement à l’Abri Marguerite, le logement de transition de l’Accueil francophone à Winnipeg, avec ses trois garçons de 7, 4 et 3 ans.

Sans famille ni amis au Manitoba, Abdelhakim Debz et Nadia Zenine respectent scrupuleusement leur période d’isolement, comptant bien pouvoir entreprendre davantage de démarches en vue de leur installation une fois la quarantaine terminée.

S’ils ont réussi à ouvrir un compte bancaire, plusieurs incertitudes inhérentes à l’immigration, mais amplifiées par la crise actuelle, subsistent.

Le numéro d’assurance sociale, la recherche d’emploi, la visite de logements, l’inscription à l’école, tout est en attente. Le couple craint ainsi d’épuiser le fonds qu’il avait amassé en prévision de son installation et de demeurer par la suite sans revenu.

Sans assurances, Abdelhakim Debz et Nadia Zenine redoutent les problèmes de santé qui pourraient survenir et ils constatent que leur fils de 7 ans perdra probablement une année scolaire.

Des gestes de générosité apportent toutefois du réconfort à la famille.

Des Algériens qu’on ne connaît même pas, qu’on n’a jamais rencontrés [...] ont frappé à notre porte, nous ont amené [...] de la viande, du pain, des fruits [...] tout en respectant le confinement, tout en respectant les distances entre nous, raconte Mme Zenine.

Ça nous a énormément touchés, admet-elle.

Les nouveaux arrivants peuvent par ailleurs compter sur l’appui virtuel et téléphonique de l’Accueil francophone, qui les guide dans leurs démarches.

L’incertitude du côté des organismes de soutien

Les organismes de soutien aux nouveaux arrivants sont maintenant en mode de télétravail. À l’Accueil francophone, la directrice, Bintou Sacko, affirme qu’empêcher l’accès du bureau aux clients a été très difficile. La première semaine a été très dure, dit-elle.

Malgré la présence de l’Accueil francophone au bout du fil et son aide apportée par courriel, il n’en demeure pas moins que les démarches pour les nouveaux arrivants sont inévitablement ralenties, voire interrompues, par la crise actuelle.

Mme Sacko affirme que le délai pour obtenir un numéro d’assurance sociale, dont la demande doit maintenant obligatoirement être effectuée en ligne, est d’environ trois mois.

Une réalité qui compromet les démarches pour trouver un emploi et l’accès aux prestations gouvernementales, comme la prestation fiscale pour les enfants. L’obtention de la carte de santé et les ouvertures de comptes bancaires sont aussi du nombre des opérations compliquées par la situation, explique Mme Sacko.

Bintou Sacko parle dans un micro.

Bintou Sacko est directrice de l'Accueil francophone du Manitoba, un organisme qui aide les immigrants francophones à s'établir dans la province.

Photo : Radio-Canada

Tout est survenu très rapidement, indique la directrice de l’Accueil francophone. Ainsi, lorsque la crise a éclaté, certains nouveaux arrivants avaient déjà tout quitté et étaient en chemin vers le Manitoba. D’autres s’apprêtaient à partir, avaient tout vendu, mais bien tout, et se trouvent maintenant coincés dans leur pays d’origine sans emploi, les enfants retirés de l’école et des billets d’avion non utilisés.

En tout, 25 à 30 personnes devaient arriver au Manitoba et ont finalement dû retarder leur voyage. L’Accueil francophone assure entre-temps que les cinq familles arrivées récemment pourront demeurer à l’Abri Marguerite, mais l’organisme se prépare à une arrivée massive d’immigrants et de réfugiés lorsque les activités reprendront.

Il faut donc à la fois gérer la crise actuelle et anticiper ce qui pourrait arriver une fois que la crise passera, explique Mme Sacko.

Du côté du Conseil de développement économique des municipalités bilingues (CDEM), qui accompagne les nouveaux arrivants dans leur recherche d’emploi, les activités sont aussi compromises.

Aucun employeur n’embauche en ce moment, avance la directrice de l’employabilité, Salimata Soro, précisant que l’organisme a dû annuler sa foire d’emploi, prévue à la fin de mars, et à laquelle plus de 100 personnes étaient inscrites, car personne ne serait venu. Il y a donc 250 dossiers en attente au sein du programme d’emploi du centre.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Avec les informations de Jérémy Laniel

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