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La crise du coronavirus stimule la vente d’armes à feu

Depuis le début de la crise du coronavirus, les marchands d’armes à feu font des affaires d’or.

Le reportage de Simon Coutu.

Photo : iStock

Depuis le début de la crise du coronavirus, les marchands d’armes à feu font des affaires d’or. Que ce soit pour se protéger ou par peur d’une pénurie, de nombreux Canadiens ont fait le plein de fusils, de carabines et de munitions. Tellement que certains produits sont aujourd’hui en rupture de stock.

Les affaires vont très bien pour le propriétaire du Pavillon chasse et pêche, Normand Dubé. Dans sa boutique de Granby, ses étalages de munitions ont rarement été aussi vides. Même si sa boutique est fermée depuis mercredi, il continue de réaliser des ventes en ligne ou par téléphone. Et ça ne dérougit pas.

Je n’ai jamais vu autant de gens sans permis de possession et d’acquisition vouloir se procurer des armes, s’étonne-t-il. Au Canada, on ne peut pas s’acheter un fusil aussi facilement que ça. Je refuse donc des consommateurs tous les jours. Les gens sont en mode panique avec la COVID-19, j'imagine.

Tous les marchands d'armes contactés par Radio-Canada ont remarqué une hausse importante des ventes depuis le début de la pandémie. Dans le climat de crise actuel, M. Dubé estime que ces clients veulent notamment se procurer des armes dans le but de se protéger. Ils me demandent des armes de poing, alors qu’ils n’y connaissent manifestement rien, souligne-t-il.

Membre associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Francis Langlois remarque qu’avec la pandémie, le climat de peur est susceptible d'encourager ce type d’achat. Il souligne que, depuis les années 1980, les armes à feu sont de moins en moins perçues comme des outils pour la chasse, mais comme des objets de protection personnelle.

Certaines personnes ont des idées postapocalyptiques, remarque-t-il. Elles stockent ce genre de choses au cas où le pire arriverait. Ce sont des discours qui circulent beaucoup en ligne.

M. Langlois fait notamment référence à une récente publicité du lobby américain des armes à feu, la National Rifle Association (Nouvelle fenêtre), qui montre une femme en fauteuil roulant, armée et prête à se défendre contre le virus. Je fais partie de ces millions d’Américains qui sont vulnérables au coronavirus mortel, dit-elle, une mitraillette sur les cuisses. J’espère survivre, mais c’est entre les mains de Dieu. Cependant, ce que je peux contrôler, c’est ma capacité à me défendre si les choses vont de mal en pis.

Tireurs prévoyants

Certains amateurs de chasse ou de tir sportif craignent aussi que la pandémie et la fermeture de la frontière n'influent sur la production et la distribution d’armes à feu, puisque de nombreux manufacturiers sont situés aux États-Unis.

Les consommateurs canadiens ont peur que le marché américain absorbe tout, ajoute M. Langlois. Les gens se précipitent chez leurs marchands et ils se procurent ce dont ils pensent avoir besoin.

C’est le cas du président de Tous contre un registre québécois des armes à feu, Guy Morin, qui a récemment fait le plein de composants pour fabriquer des munitions. Je ne sais pas si t’as eu le temps d’aller dans un magasin, mais ça s’est vidé complètement, dit-il. C’est parti en fou!

Bannir les armes dites d'assaut

M. Morin souligne aussi que les ventes d’armes à feu ont augmenté depuis les dernières élections fédérales. Justin Trudeau a promis de bannir les armes dites d’assaut comme les AR-15 et de permettre aux municipalités de bannir les armes de poing sur leur territoire.

On ne lui fait pas confiance, et les amateurs d’armes profitent de la crise pour acheter des modèles qu’ils n’ont pas, avant qu’ils soient retirés du marché, affirme-t-il.

Ironiquement, alors que la majorité des indices boursiers ont chuté depuis le début de la crise, les cotes de certains manufacturiers d’armes sont à la hausse. C’est le cas d'American Outdoor Brand, de Vista Outdoor et de Sturm, Ruger & Co.

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