•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Boucherie Des Praz et des agriculteurs viennent en aide aux banques alimentaires

La devanture du commerce Des Praz, l'hiver.

La boucherie Des Praz de Rouyn-Noranda a reçu l'autorisation spéciale d'abattre pour fournir du boeuf aux banques alimentaires.

Photo : gracieuseté

Les banques alimentaires du Québec sont submergées par les demandes. À Rouyn-Noranda, la Ressourcerie Bernard-Hamel a vu son nombre d’inscriptions augmenter en flèche. La Boucherie des Praz, en collaboration avec des agriculteurs, aimerait toutefois faire un don de viande de près de 1000 livres aux banques alimentaires.

L’entreprise basée à Évain sollicite les producteurs agricoles afin de trouver quelques bêtes en fin de vie. La Boucherie Des Praz veut ensuite effectuer gratuitement l’abattage et le débitage des vaches. Jusqu’ici, le syndicat des producteurs de lait de l’Abitibi-Témiscamingue a déjà confirmé deux dons, dont la facture sera divisée entre plusieurs agriculteurs.

Alors que la Ressourcerie Bernard-Hamel peine à répondre à la demande, ce futur don de viande arrive à point.

C’est la plus belle nouvelle de la semaine.

Nathalie Larose, directrice adjointe aux services communautaires

La directrice adjointe aux services communautaires de la Ressourcerie Bernard-Hamel, Nathalie Larose, soutient que les temps sont durs pour les banques alimentaires.

Selon les chiffres de la semaine dernière qui seront assurément en augmentation cette semaine, plus de 700 personnes sont inscrites à la banque alimentaire. Il s’agit d’une hausse d’environ 20 % sur le nombre d’inscriptions habituelles à pareil temps de l’année. Et ce chiffre pourrait atteindre 35 % la semaine prochaine.

Dans les périodes des Fêtes, le moment le plus achalandé de l’année, on compte normalement environ 650 inscriptions.

Dans le moment, nous avons du mal à vider nos boîtes courriel et à prendre nos messages vocaux et ce sont tous des gens qui ne font pas appel aux banques alimentaires, s’exclame Mme Larose.

On comprend donc mieux pourquoi la proposition de la Boucherie Des Praz viendra donner un souffle à la banque alimentaire.

Deux vaches, ça donnerait environ 1000 livres de boeuf haché et ça donnerait un bon coup de main à la banque alimentaire, mentionnait la copropriétaire de la Boucherie des Praz, Christel Groux, alors qu’elle n’avait pas encore la confirmation qu’au moins deux bêtes seraient données.

La dame a eu l’idée d’effectuer ce don en constatant qu’il y avait déjà foule à la Ressourcerie alors qu’elle passait par là plus tôt cette semaine.

Je suis passée devant la Ressourcerie et j’ai vu des gens qui attendaient. Ça m’a rentré dedans de voir ça, alors quand je suis revenue à la boucherie, j’ai parlé avec mon conjoint et je lui ai dit que ça n’avait pas de sens que nous n'agissions pas pour les aider, explique-t-elle.

Un des camions de la flotte de la Ressourcerie Bernard-Hamel de Rouyn-Noranda

Un des camions de la flotte de la Ressourcerie Bernard-Hamel de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Une permission spéciale du MAPAQ

Pour avoir le droit d’effectuer ce don, la Boucherie Des Praz a obtenu une dérogation de la part du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Une fois la demande effectuée, la réponse des fonctionnaires est venue en moins d’une heure.

Les gens du MAPAQ ont démontré beaucoup de sensibilité et un sentiment d’urgence. Ils ont validé et en dedans d’une heure, nous avons eu la confirmation que nous pourrions faire un abattage pour la banque alimentaire, dit-elle.

Nous savions que nous étions limités avec notre type de permis du MAPAQ et dans le cadre d’un don nous avons obtenu une dérogation pour débiter et abattre un animal, explique Christel Groux.

Il faut savoir que 364 jours par année, la Boucherie des Praz ne peut pas abattre d’animaux destinés au commerce, sauf lors du Festival du Boeuf de Ste-Germaine-Boulé. Le ministère a donc repris ce protocole déjà existant pour approuver la demande, qui servira éventuellement à regarnir les tablettes des banques alimentaires de La Sarre, Rouyn-Noranda et Ville-Marie.

Sylvain Fleurant et Christel Groux de la Boucherie des Praz

Sylvain Fleurant et Christel Groux de la Boucherie des Praz (archives)

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

5000 $ additionnels

Le président du syndicat des producteurs de lait de la région, Gabriel Rancourt, était heureux d’avoir réussi à aider Christel Groux à trouver des bêtes et soutient que plusieurs autres pourraient être à venir.

Ça coûte environ 1000 $ par bête, donc je pensais proposer de diviser le montant à plusieurs producteurs, mais déjà ce matin, plusieurs nous ont déjà téléphoné pour dire qu’ils étaient intéressés, s’est réjoui Gabriel Rancourt, qui n’en revient pas de vivre une telle crise sanitaire.

Son organisation ajoutera également un don considérable aux banques alimentaires de toute la région.

Le syndicat des producteurs de lait va donner 5000 $ en argent, les besoins ne sont pas juste en lait ou en fromage, mais n’importe quoi. Donc si on fait un don, ça va aller mieux si c’est en argent, mentionne Gabriel Rancourt.

Le conseil d’administration des Producteurs de lait du Québec a également pris la décision de verser 170 000 $, dont 70 000 $ directement dans les régions, aux Banques alimentaires du Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Agro-industrie