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COVID-19 : 10 000 respirateurs artificiels seront fabriqués en Ontario

Un respirateur artificiel sous un plastique.

Ce respirateur artificiel de l'hôpital Humber River est l'un des quelque 1300 que compte l'Ontario. Une entreprise de Winnipeg travaille à la distribution et à la fabrication de pièces pour ces appareils pendant la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Quatre fabricants de pièces automobiles du Sud de l’Ontario ont modifié leurs chaînes de montage pour produire 10 000 respirateurs artificiels à la demande du gouvernement Ford dans le cadre du plan de lutte contre la COVID-19.

Je veux personnellement remercier les fabricants Woodbridge Group, Magna, Linamar et Martinrea. Quels champions!

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada révélait que la province dispose seulement de 1810 respirateurs artificiels, le nombre le plus bas par habitant au pays.

Les premiers ministres de plusieurs provinces canadiennes m'ont dit qu'ils comptent sur l'Ontario pour produire des respirateurs artificiels, car nous sommes le moteur manufacturier du Canada, a ajouté Doug Ford en point de presse. Une grande commande de tests de dépistage de la COVID-19 a aussi été reçue vendredi, a dit Doug Ford.

L’Ontario ne veut pas se retrouver dans la même situation que certains pays, a souligné jeudi la ministre de la Santé de l'Ontario, Christine Elliott. Personne ne devrait manquer de respirateurs artificiels.

Doug Ford.

Doug Ford en point de presse vendredi

Photo : Radio-Canada

Dans une téléconférence d'information technique, vendredi, la sous-ministre de la Santé, Helen Angus, a ajouté que le secteur manufacturier automobile de la province avait répondu à l’appel de son ministère à une vitesse incroyable.

L’Ontario serait en mesure de produire des respirateurs et d’autres fournitures médicales au profit des autres provinces du Canada et peut-être même de l’étranger, a ajouté le Dr Kevin Smith, président et chef de la direction du Réseau universitaire de santé de l’Ontario.

La province a réussi à augmenter le nombre de lits de soins intensifs disponibles et étudie la possibilité d'approuver l'usage d'un respirateur artificiel sur deux patients à la fois, a ajouté le président de Santé Ontario, Matthew Anderson, en téléconférence.

C’est compliqué, car souvent les patients ont des besoins respiratoires différents, mais il y a des modèles prometteurs. On devrait en savoir plus là-dessus lundi. Cette technique a été approuvée dans l'État de New York, confirmait jeudi le gouverneur Cuomo.

Santé publique Ontario a toutefois précisé qu'elle ne savait pas encore quand les 10 000 respirateurs artificiels seront livrés.

Pénurie à court terme

À court terme toutefois, l’Ontario risque tout de même de manquer de respirateurs artificiels et de lits d'unités de soins intensifs.

Les nouvelles contaminations augmentent en moyenne de 25 % par jour, selon Santé publique Ontario. À ce rythme, les hôpitaux de la province seraient à court de ressources d’ici lundi prochain, selon de nouvelles prédictions d’un groupe d’épidémiologistes de Toronto, publiées jeudi.

Les lits d’hôpitaux et les respirateurs artificiels viendraient à manquer pour une période de 10 jours, selon ce modèle.

Un tableau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Source : Université de Toronto, Réseau de santé universitaire, Hôpital Sunnybrook

Photo : Camile Gauthier

Dans le pire scénario modélisé par l’équipe, les lits de soins intensifs viendraient aussi à manquer d’ici le 30 mars, mais la pénurie s’étirerait pendant des mois. Ce déroulement se fonde sur la situation en Italie, avec une augmentation des cas de 33 % par jour.

Un troisième modèle, plus optimiste, se base sur la situation en Corée du Sud, où les autorités ont réussi à freiner l’augmentation des cas à 15 % grâce aux mesures de distanciation sociale. Dans ce contexte, les chercheurs ne prévoient pas de pénurie.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Éviter une deuxième vague

Le respect et le maintien des mesures de distanciation sociale détermineront le scénario dans lequel se retrouvera l’Ontario et les autres provinces dans les prochaines semaines, mais aussi dans les prochains mois.

Une levée prématurée des mesures de distanciation sociale pourrait en effet entraîner une deuxième vague de cas de COVID-19 plus tard cette année, selon une modélisation mathématique publiée (Nouvelle fenêtre) mercredi dans The Lancet.

Ces données préliminaires suggèrent que les Canadiens devraient s'attendre à devoir respecter ces mesures pendant plusieurs mois, selon la Dre Dionne Aleman, professeure en génie industriel à l'Université de Toronto et spécialisée dans la modélisation des pandémies en milieu urbain.

C'est important pour les chefs d'État de baser leurs décisions sur ce qui pourrait se produire à long terme. C'est vrai pour le Canada et tous les pays du monde, soutient la Dre Aleman.

Justin Trudeau a tenu un discours semblable en point de presse vendredi. On parle de semaines et peut-être de mois, mais si on contrôle l'expansion de ce virus, on va pouvoir prévoir avec plus de certitude le temps que ça prendra, a dit le premier ministre.

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