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Les demandes d’aide alimentaire augmentent

Plusieurs conserves empilées

Photo : Radio-Canada

Le message lancé jeudi par le premier ministre du Québec concernant le recours aux banques alimentaires a été entendu. Aussitôt que François Legault a déclaré qu’il ne fallait pas se gêner pour utiliser les services d’aide alimentaire, les appels dans les banques alimentaires ont explosé.

Quand M. Legault dit quelque chose, il n’avait pas fini sa présentation que les lignes téléphoniques, ici et ailleurs, étaient engorgées, a affirmé la directrice générale de Moisson Québec, Élaine Côté, à l’émission Première heure.

Une file à l'entrée d'une soupe populaire de Québec

Une file à l'entrée d'une soupe populaire de Québec

Photo : Radio-Canada

L'organisme La Bouchée Généreuse fournit habituellement de la nourriture à 600 familles par semaine dans la région de Québec. Il y a au moins 150 familles supplémentaires qui ont cogné à sa porte dans les derniers jours.

Je prétends que dans deux semaines, ça va être 700 à 800 familles qui vont venir ici. Quand on dit familles, c'est peut-être 2000 personnes. Le monde est bon au Québec. On se regroupe tous ensemble et on va passer à travers, c'est sûr, estime le directeur général, Pierre Gravel.

Le directeur d’Entraide Agapè, Daniel Régimbald, a constaté une augmentation de 20 % de la demande.

Il faut que ça reste dans la dignité. Les gens qui n'ont jamais été mis à pied et font affaire avec les banques alimentaires se sentent culpabilisés. Ils sentent qu'ils ne sont pas capables de satisfaire les besoins familiaux. On ne les juge pas, on les sert, c'est tout, soutient-il.

Denrées disponibles

La Bouchée Généreuse et Entraide Agapè estiment pour l'instant avoir assez de denrées pour pouvoir répondre à la demande.

Chez Moisson Québec, l'approvisionnement semble plus difficile.

Les besoins sont énormes. On connaît des baisses d’approvisionnement par rapport à la normalité parce que les épiceries ont été prises d’assaut. Pour nous, il n’y a pas beaucoup de surplus ou de possibilité d’achats, explique Élaine Côté.

Pour s'assurer de ne laisser personne de côté, Moisson Québec achète de la nourriture à crédit, en attendant du financement des différents paliers de gouvernements.

On a passé des commandes, même si l’argent n’est pas encore dans nos coffres. On n’a aucune idée du montant qu’on aura. Je le sais que ça va venir, je le sais qu’on est une des priorités pour les gouvernements, affirme Élaine Côté.

Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec

Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec (archives)

Photo : Radio-Canada

Besoin de bénévoles

Dans tous les organismes qui offrent de l'aide alimentaire, les bénévoles sont les bienvenus en ces temps de crise. Moisson Québec fait particulièrement appel aux personnes en bonne condition physique.

En terme le bénévolat, on n’a pas besoin de gens qui vont venir répondre au téléphone pour une demi-journée. Nous, on a besoin de gens qui ont des bras, qui sont capables de travailler physiquement et qui peuvent être avec nous idéalement 5 jours par semaine, explique Élaine Côté.

Notre dossier COVID-19 : les services ouverts ou fermés dans votre région

Réduire la propagation

L'accès au centre de distribution de Moisson Québec est restreint pour empêcher la propagation de la COVID-19. Les bénévoles sont aussi séparés en deux équipes, qui se relaient d'une semaine à l'autre.

Ça nous donne un meilleur contrôle sur la santé des employés et des bénévoles qui sont sur place. Si la COVID rentre dans une des deux équipes, on en aura une autre en réserve, mentionne Élaine Côté.

Si l'objectif est de venir en aide au plus grand nombre, elle rappelle que les banques alimentaires ne pourront pas nourrir tout le monde.

On est une aide pour les gens qui n’arriveront pas à répondre à leur besoin de base. Ce n’est pas un bar ouvert pour tous les Québécois parce qu’ils sont en arrêt de travail. S’ils sont capables de se passer de nos services, c’est important de laisser la place au plus vulnérable d’entre nous, dont les 35 000 personnes qu’on aide normalement, soutient Élaine Côté.

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