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Deux poids deux mesures pour les Gaspésiens au poste frontalier de Campbellton

Plusieurs hommes sont regroupés, quelques-uns sont au téléphone, autour de véhicules stationnés.

Préparatifs pour installer un poste de contrôle à la frontière du Nouveau-Brunswick et du Québec, le 25 mars, à Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Les directives d'entrée au Nouveau-Brunswick sont appliquées différemment pour les Québécois autochtones et non autochtones au point de contrôle frontalier de Campbellton. Même si le premier ministre néo-brunswickois le nie, des informations recueillies sur le terrain démontrent que les membres de la communauté autochtone de Listuguj ont un accès plus facile à la province voisine que leurs concitoyens allochtones.

Le Conseil de bande de Listuguj a reçu la confirmation jeudi soir, du gouvernement du Nouveau-Brunswick, que les résidents autochtones de la réserve peuvent continuer à traverser dans la province voisine pour aller à l'épicerie, à la pharmacie, à la banque et recevoir des soins de santé en présentant leur carte d'identité autochtone.

Les directives d'entrée au Nouveau-Brunswick semblent par contre être appliquées différemment pour les Québécois, autochtones et non autochtones, au point de contrôle frontalier de Campbellton.

C’est du moins ce qui ressort des conversations tenues vendredi matin entre le maire de Pointe-à-la-Croix, Pascal Bujold, et les agents en poste au pont de Campbellton. L'épicerie pour les gens de Pointe-à-la-Croix n'était pas considérée comme essentielle parce qu'on a un supermarché chez nous. Quelqu'un qui voulait aller à la banque, ce n'était plus accepté non plus, rapporte M. Bujold.

Le maire indique aussi en avoir discuté avec le chef du Conseil de bande de Listuguj, Darcy Gray. De savoir qu'il y a un droit différent, c'est sûr que je trouve ça un peu triste, parce que dans le fond, on mérite les mêmes services des deux côtés. Je trouve cela un peu étrange comme situation.

Interrogé au sujet d’un possible traitement différent entre les communautés de Listuguj et de Pointe-à-la-Croix, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a assuré qu’il n’y avait aucune directive de ce genre.

Tout le monde sera traité, assure-t-il, de la même manière, dépendamment de leur destination, de la raison de leur déplacement, et en considérant si c'est un service essentiel ou non. Il n'y aura pas de directives fondées sur l'ethnicité. Je vous assure que ce n'est pas une directive, ce n'est pas acceptable et ça ne se produira pas.

Pascal Bujold pense qu'il est possible que le premier ministre ne soit pas nécessairement au courant des directives mises en place directement sur le terrain. Il ne l'accuse pas de mentir, mais l'incite à passer quelques coups de fil à ses agents.

Besoins essentiels

Pascal Bujold s’inquiète du fait qu’il n'y a maintenant qu’une seule épicerie pour approvisionner sa population. De même, dit-il, l’accès aux banques devrait être considéré comme un service essentiel.

Il souligne qu’il n’y a plus de guichet automatique à Pointe-à-la-Croix et que plusieurs personnes âgées se rendent toujours aux comptoirs de leurs institutions bancaires. Certaines n’ont même pas de carte bancaire, relève le maire. Il faudrait respecter cette demande-là. On fait toutes nos transactions bancaires du côté du Nouveau-Brunswick.

Pour les Autochtones, tous devront fournir la raison de leur voyage aux postes frontaliers. La traversée des frontières sera limitée aux déplacements essentiels.

Le chef Darcy Gray exhorte les membres de la communauté à respecter ces lignes directrices.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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