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Des étudiants demandent à l’UQAT de ne pas reprendre la session

Une salle de cours dans une université.

Des étudiants sont préoccupés par la reprise des cours, prévue le 30 mars.

Photo : iStock

La reprise de la session Hiver 2020 à compter de lundi à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) inquiète fortement des étudiants de qui ne voient pas comment ils pourront y arriver en pleine crise du coronavirus.

L’université met en place des mesures pour permettre aux étudiants de compléter leur session à distance afin d’obtenir une évaluation finale d’ici la fin avril, comme prévu.

D’autres institutions, notamment l’Université du Québec à Rimouski, ont plutôt choisi de créditer les cours pour lesquels une évaluation a déjà eu lieu, sans note finale.

L’UQAT a le même profil que les universités à Rimouski et en Outaouais, qui ont suspendu leur session, affirme Daphnée Perron-Cordero, étudiante au Baccalauréat en enseignement secondaire et signataire de la lettre. Il y a beaucoup d’étudiants à temps partiel, de travailleurs qui ont perdu leur emploi, des parents qui ont des enfants à la maison. J’ai plein de messages d’étudiants qui disent vivre une grande incertitude. On ne comprend pas comment on pourra poursuivre la session dans le contexte actuel.

Qualité du diplôme

Selon le recteur Denis Martel, plusieurs scénarios ont été analysés, mais l’UQAT va de l’avant pour assurer la qualité et la reconnaissance de ses diplômes.

Il y a 18 universités au Québec et elles ont chacune leur réalité, rappelle-t-il.

Il explique que plusieurs formations offertes à l'UQAT mènent vers l’obtention d’un droit d’exercer dans un ordre professionnel et que l'université ne voulait retarder le parcours des étudiants dans ces programmes.

Tout n’est pas encore pas réglé avec ces ordres, mais on va s’assurer que ce qu’on propose va correspondre à leurs besoins, mentionne Denis Martel. Ça serait aberrant que des étudiants qui ont investi trois ou quatre ans dans leur cheminement n’aient plus accès à entrer dans leur ordre professionnel à cause d’un événement comme ça.

Alléger la charge de travail

L’UQAT promet que les enseignants et les chargés de cours allégeront leurs demandes pour tenir compte du contexte particulier de formation des étudiants. Ces mesures en préparation sont en voie d’être communiquées aux étudiants d’ici lundi matin, le 30 mars.

On doit voir comment utiliser tous les outils à distance, mais on ne parle pas de cours magistraux, où on demande aux étudiants de passer trois heures devant leur écran. C’est plus de l’envoi de documents, des demandes de lectures, du clavardage, l’utilisation de plate-formes collaboratives. C’est un tout autre monde, mais on va élaguer les exigences pour se concentrer sur l’essentiel. Il faut faire confiance au sens professionnel de nos enseignants qui vont déterminer les modes d’évaluations les plus simples possibles, assure Denis Martel.

Daphnée Perron-Cordero rétorque que la situation sur le terrain est tout autre et que certains chargés de cours n’ont pas démontré de flexibilité dans leurs premières communications aux étudiants.

Beaucoup de personnes reçoivent des plans de cours similaires, même si on a eu deux semaines de moins pour produire les travaux, affirme l’étudiante.

Elle remarque que les étudiants ne reçoivent pas l'information rapidement.On reprend lundi et on n’a pas eu d’ajustements significatifs de proposés. On ne sent pas beaucoup de compréhension du côté de l’université. Ils ont les ressources, mais ils ne se demandent pas si les étudiants les ont, les ressources, dit Daphnée Perron-Cordero,

Impact sur les notes

Quels que soient les allègements proposés, des étudiants croient que la situation de la crise actuelle ne leur permettra pas de réussir leur formation de façon optimale.

Nos notes vont rester sur la moyenne et il va falloir les traîner dans le dossier académique. Ce ne sont pas des conditions optimales pour apprendre et ça ne devrait pas nous nuire, déplore Daphnée Perron-Cordero.

Appui de l’AGEUQAT

Les préoccupations des étudiants ont trouvé écho auprès de l’Association étudiante (AGEUQAT), qui a adopté jeudi une résolution pour demander à l’UQAT de modifier sa stratégie.

L’AGEUQAT demande à l’Université de mettre fin à la session et d’accorder la notation « succès/échec » pour les évaluations faites avant la quarantaine, en ajoutant la mention « satisfaisant » lorsque les exigences sont atteintes.

Comme autre option, l’Association propose de poursuivre le mode d’enseignement en ligne, mais de permettre à un étudiant qui n’est pas en situation d’échec à la fin de la session d’obtenir la mention « exigences satisfaites », donc sans considérer la note finale.

On demande aussi à l’UQAT de repousser la date limite d’abandon sans mention d’échec à la date de tombée des notes finales. Cette mesure permettrait aux étudiants de compléter leurs évaluations et, dépendamment du déroulement de l’examen, demander d’abandonner le cours sans mention d’échec.

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Abitibi–Témiscamingue

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