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Depuis 60 ans, Monique Mercure brillait sur les planches et les écrans du Québec

Monique Mercure, dans un costume des années 1920, est assise à un bureau, souriante.

La comédienne Monique Mercure en 1975 dans la série télévisée « Le Gutenberg »

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Radio-Canada

Une des grandes comédiennes du Québec vient de nous quitter. Comme le montrent plusieurs émissions présentées à Radio-Canada, Monique Mercure est devenue une personnalité incontournable du cinéma, de la télévision et du théâtre au Québec.

Une carrière et un nom

J’ai joué beaucoup. […] J’ai été privilégiée

Monique Mercure répondant à une question de l’animatrice Dominique Poirier, 2007

Monique Émond, alias Monique Mercure, est née à Montréal en 1930.

En 1960, Monique Mercure, jouait son premier rôle dans la pièce L’Opéra de quat’sous présentée au Théâtre du Nouveau Monde.

Depuis, elle a brûlé à plusieurs reprises les planches des théâtres du Canada et crevé ses écrans de cinéma.

Pourtant, Monique Mercure ne se destinait pas tout d’abord à devenir comédienne.

C’est une carrière musicale, notamment de violoncelliste, qui l’attirait initialement.

Il serait trop long de citer toutes les pièces et tous les films dans lesquels elle a tenu des rôles.

Retenons quand même Albertine en cinq temps du dramaturge Michel Tremblay et Deux femmes en or du cinéaste Claude Fournier.

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Télé-magazine, 12 juin 1977

Deux femmes en or lui ont fait un nom, concède-t-elle dans une entrevue accordée au chroniqueur André Lafrance pour l’émission Télé-Magazine du 12 juin 1977.

On comprend dans cette entrevue qu’elle a profondément détesté jouer dans ce film.

Monique Mercure a aussi joué à l’extérieur du Québec avec de grands acteurs et d’éminents réalisateurs de cinéma comme Paul Newman, Robert Altman et David Cronenberg.

Une consécration venant de Cannes

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Le 60,7 juin 1977

En 1977, le journaliste Daniel Pinard présente une entrevue avec Monique Mercure à l’émission Le 60 présentée le 7 juin.

L’actrice est alors auréolée de gloire.

Elle vient de recevoir le prix d’interprétation du jury du Festival de Cannes pour le personnage de Rose-Aimée qu’elle joue dans le film J.A. Martin, photographe du réalisateur Jean Beaudin.

C’est la première fois que cette récompense est accordée à une actrice québécoise.

Dans sa loge au Théâtre du Nouveau Monde, Monique Mercure raconte comment elle a su qu’elle avait été primée.

Elle affirme que cet honneur, elle le partage avec ses collègues et toute la population du Québec.

Elle discute également dans cette entrevue de J.A. Martin, photographe et des intentions du scénario écrit par Jean Beaudin et Marcel Sabourin.

Le public français, de même que le jury du Festival de Cannes, a reconnu l’authenticité du jeu de Monique Mercure.

Elle donne vie à une Rose-Aimée Martin qui, par plusieurs aspects, n’est pas très traditionnelle.

On peut d’ailleurs juger de l’intensité du caractère de Rose-Aimée dans un extrait du film présenté à la fin de l’interview.

On y voit une Rose-Aimée en colère qui se dispute avec son mari J.A. Martin et qui le blâme du rôle effacé qu’il joue auprès de leurs enfants.

Une grande présence à la télévision

Dès 1961, elle joue le rôle de Simone Martin dans la série Sous le signe du lion de la dramaturge Françoise Loranger.

Gros plan sur le visage de Monique Mercure qui détourne les yeux.

La comédienne Monique Mercure en 1963

Photo : Radio-Canada / Henri Paul

Elle a beau dire qu’elle n’est pas vraiment une actrice de télévision, Monique Mercure a tenu au petit écran des rôles qui ont fait grande impression sur le public.

Plus récemment, pensons aux rôles d’Édith Beauchamp et de Claudette Morin-Hamelin qu’elle a interprétée dans les séries de Radio-Canada, Providence et Mémoires vives.

Le 21 août 2012, l’animatrice de l’émission éponyme, Pénélope McQuade, reçoit Monique Mercure.

Elle est accompagnée de l’actrice Marie-Thérèse Fortin avec qui elle joue dans la série Mémoires vives.

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Pénélope McQuade, 21 août 2012

Monique Mercure et Marie-Thérèse Fortin révèlent quelques éléments dans la trame de la série télévisuelle.

On y parle de deuils d'êtres chers disparus, de maladies et de gros secrets de famille. Monique Mercure joue le rôle de la mère de Marie-Thérèse Fortin.

C’est une première pour elle. En effet, son personnage est une femme soumise!

Durant l'entrevue, Monique Mercure confie que c'est en jouant dans la pièce Les Belles-sœurs de Michel Tremblay qu'elle a appris à blasphémer.

Le théâtre mène à tout semble-t-il…

Réflexions sur la vieillesse

Le 14 novembre 2007, Monique Mercure a eu 77 ans. Elle vient de jouer dans le film de Fernand Dansereau, La brunante.

Elle interprète Madeleine, une femme retraitée atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Monique Mercure avait, 40 ans auparavant, incarné le rôle de Madeleine dans un autre film, ce qui constitue peut-être une première au cinéma.

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Dominique Poirier en direct, 9 novembre 2007

L’animatrice de l’émission Dominique Poirier en direct reçoit en entrevue le 9 novembre 2007 Monique Mercure pour parler du film de Fernand Dansereau.

L’actrice aborde notamment le thème de la vieillesse.

Elle se désole de constater que le monde du théâtre et du cinéma au Québec souffre d’âgisme.

On ne veut pas voir la fatigue ou le muscle avachi, observe Monique Mercure.

Elle rappelle cependant qu’elle a été privilégiée. De grands rôles lui ont été confiés alors qu’elle avait plus de 70 ans.

C’est notamment le cas dans La brunante et elle espère que le parcours de Madeleine saura inspirer d’autres personnes sur le mystère de la vie et de la vieillesse.

Le cinéma et le théâtre semblent mener aussi à la philosophie, et peut-être à la sagesse, comme nous le confirme Monique Mercure.

Monique Mercure est décédée le 17 mai 2020 à 89 ans.

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