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La COVID-19 réduit-elle la criminalité en Atlantique?

Un masque de protection est accroché à la ceinture d'un policier, à côté de son arme de service.

Certaines forces policières constatent que les restrictions en vigueur à cause du coronavirus réduisent les cambriolages.

Photo : Associated Press / Mic Smith

Des services de police en Atlantique constatent que la COVID-19 semble avoir des répercussions imprévues sur la criminalité : la réduction des cambriolages.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Certaines forces policières observent une baisse considérable du nombre d’introductions par effraction sur leur territoire depuis le début du mois de mars.

Le nombre d’appels est très bas. Les entrées par effraction dans les maisons sont presque nulles parce que les gens sont à la maison, observe Martin Gaudet, chef adjoint de la Force policière de Fredericton.

Martin Gaudet, lors d'un point de presse.

Le chef adjoint de la Force policière de Fredericton, Martin Gaudet

Photo : Radio-Canada

Le constable James Cadigan de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve explique qu’en janvier et en février de cette année, il y avait entre 6 et 10 cambriolages par semaine. Depuis le début du mois de mars, il n’y a eu que trois par semaine.

La GRC à Terre-Neuve-et-Labrador et celle en Nouvelle-Écosse ont aussi remarqué, en mars, une diminution des appels pour des cas d’introduction par effraction.

À Terre-Neuve-et-Labrador, le nombre moyen de cambriolages par semaine en mars a connu une forte baisse par rapport à la même période en 2017, 2018 et 2019. La GRC de la Nouvelle-Écosse n’était pas en mesure de donner de chiffres exacts.

Éviter des suppositions prématurées

Ce n’est pas la situation pour tous les services policiers. La caporale Jullie Rogers-Marsh affirme qu’au Nouveau-Brunswick, le nombre d’appels à la GRC pour des cas d’introduction par effraction est relativement le même que l’an dernier.

Il serait malvenu de faire des suppositions sur les motifs des crimes.

La caporale Jullie Rogers-Marsh, GRC

Nous ne pouvons dire précisément quelles répercussions la situation relative à la COVID-19 et les ordonnances de la Loi sur les mesures d’urgence ont sur le taux de criminalité ou sur le volume d’appels, prévient-elle.

Portrait de Jullie Rogers-Marsh devant un papier-peint avec le logo de la GRC du Nouveau-Brunswick à l'arrière-plan.

La caporale Jullie-Rogers-Marsh affirme qu'il serait malvenu de faire des suppositions sur les motifs des crimes.

Photo : Radio-Canada / CBC

La Police régionale d’Halifax ajoute que le nombre d’appels peut varier d’un mois à l’autre et qu’il serait prématuré d’attribuer un changement à un facteur en particulier.

Le sergent de la GRC Kevin Baillie, basé à l’Île-du-Prince-Édouard, souligne qu’il ne croit pas que nous avons assez de données pour établir qu’il y a eu systématiquement moins de cas d’introduction par effraction.

Il affirme cependant que les écoles sont fermées et beaucoup de gens travaillent de la maison, donc il y a moins de domiciles vacants pendant la journée et les cambrioleurs pourraient hésiter à entrer dans une maison par crainte de contracter le virus.

Difficile de vendre les produits volés

Véronique Chadillon-Farinacci, professeur au Département de sociologie et de criminologie de l’Université de Moncton, indique qu’il est possible qu'une diminution du nombre de cambriolages observée par certaines forces policières soit une conséquence de la COVID-19.

Mais elle soutient que le phénomène devrait être étudié à long terme pour déterminer si c’est véritablement le cas.

Mme Chadillon-Farinacci indique pourtant que la pandémie a probablement limité les endroits pour faire des transactions des biens volés.

D’une part, les gens restent chez eux, d’autre part, peut-être, les gens ont peur de sortir ou ont peur d’avoir des contacts avec des étrangers. Donc peut-être les annonces sur Internet, c’est un peu moins couru pour des biens, volés ou pas, observe-t-elle.

Mme Chadillon-Farinacci souligne que la pandémie pourrait réduire la fréquence de certains actes criminels, mais pourrait possiblement exposer plus de gens à la violence ou aux conflits domestiques.

Avec les informations de Michel Corriveau

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