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L’isolement augmente les risques de maltraitance, prévient l’Observatoire des tout-petits

Des enfants tiennent des jouets.

L'Observatoire des tout-petits indique que les facteurs de risque de maltraitance des enfants sont exacerbés par les mesures de confinement à la maison (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Distanciation sociale, isolement volontaire, pertes d’emploi, conciliation télétravail-famille… Toutes de nouvelles réalités qui exacerbent les risques de maltraitance des enfants de familles plus vulnérables, selon l’Observatoire des tout-petits.

Le contexte actuel exacerbe les facteurs de risque et fait en sorte que les familles qui étaient déjà touchées par ces facteurs-là peuvent les vivre de façon plus intense, et des familles qui n’étaient pas nécessairement touchées peuvent être exposées à certains de ces facteurs-là, a constaté Fannie Dagenais, la directrice de l’Observatoire.

L’organisme s’est récemment penché sur les répercussions des mesures de distanciation sociale de la pandémie de COVID-19 sur les jeunes enfants qui doivent désormais rester à la maison avec leurs parents.

Parmi les facteurs de risque, on compte entre autres le faible revenu des ménages, l’insécurité alimentaire et le stress parfois élevé découlant de la conciliation travail-famille, toutes des conditions avec lesquelles doivent composer un nombre grandissant de ménages, indique Mme Dagenais.

Même un parent qui a gardé son emploi, mais qui doit dorénavant faire du télétravail doit composer avec un niveau de stress accru, a également indiqué la directrice de l’Observatoire.

Ce serait d’ailleurs un bon moment pour entamer une réflexion plus large sur la conciliation travail-famille, croit-elle, puisque la situation semble être là pour durer un certain moment.

Les employeurs pourraient, par exemple, faire preuve de compréhension sur le fait que le télétravail ne peut pas être aussi productif qu’à l’habitude, a-t-elle fait valoir.

La maltraitance potentiellement plus répandue, mais moins visible

La Direction de la protection de la jeunesse rapporte moins de signalements qu’à l’habitude, mais cette diminution n’est pas synonyme d’amélioration généralisée du traitement des enfants dans les foyers québécois, a souligné Mme Dagenais.

Les situations de maltraitance sont moins susceptibles d’être détectées et, donc, d’être signalées.

Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits

Il y a des tout-petits qui étaient exposés aux regards extérieurs, et il y a des situations de maltraitance qui pouvaient être détectées par l’intervenante de la garderie, du centre communautaire, des membres de l’entourage, a illustré Mme Dagenais.

Résultat : les mesures de confinement à la maison peuvent non seulement exacerber les facteurs de risque menant à la maltraitance, mais cette même maltraitance potentiellement plus répandue est moins susceptible d’être rapportée.

Pour beaucoup, l’école, la garderie, c’est un refuge pour certains enfants pour qui ça ne va pas bien à la maison, a fait remarquer pour sa part le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, en entrevue à Radio-Canada.

On est en train de travailler sur une solution pour s’assurer que dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, les éducatrices qui connaissent bien les enfants et les familles ont des outils pour faire des suivis et s’assurent que les enfants vont bien, a souligné le ministre Lacombe.

Mathieu Lacombe en entrevue avec des journalistes.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe (archives).

Photo : Radio-Canada

Un point de presse pour les enfants par les enfants

Qu’ils grandissent dans un milieu désormais plus stressant et propice à la maltraitance ou non, les enfants du Québec se posent autant sinon plus de questions que leurs parents sur la crise sanitaire qui secoue leur monde.

Bouleversé lorsque son fils de 6 ans a demandé à sa mère s’il allait mourir de la COVID-19, M. Lacombe a décidé de répondre directement aux questions des jeunes Québécois sur la pandémie.

Je ne dois pas être le seul qui a un enfant de 6 ans, dans mon cas, qui se pose des questions comme celle-là. Ce sont des questions difficiles comme parent; on ne sait pas toujours quoi répondre, explique Mathieu Lacombe, également député caquiste de Papineau.

Parfois, je donne des réponses de politicien à mes enfants quand je ne peux pas trop leur répondre, mais dans un cas comme celui-là, c’est important de leur donner des réponses qui sont claires, avec les bons mots pour les rassurer

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille du Québec

L’événement sera diffusé vendredi dès 14 h sur la plateforme numérique jeunesse Squat de Télé-Québec. Le diffuseur a confirmé par courriel, jeudi, avoir reçu 1200 questions de jeunes partout dans la province dans les 24 heures suivant l’annonce de cette initiative.

Avec les informations d’Antoine Trépanier

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