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L’Université de l’Alberta sème l’émoi en abolissant les notes pour la session

Trois personnes marchent dans la neige devant un édifice de l'Universtié de l'Alberta.

L'Université de l'Alberta donne ses cours en ligne depuis le 17 mars.

Photo : Radio-Canada / Tricia Kindleman

Mirna Djukic

En guise de note, les étudiants de l’Université de l’Alberta n’auront sur leur bulletin qu’une des trois mentions suivantes : crédit, non crédité ou incomplet. L’Université veut ainsi égaliser le terrain face aux inconvénients causés par la pandémie, mais certains étudiants, qui ont travaillé fort pour se démarquer, se sentent floués.

Il n’y aura pas de A, B, C ou D sur les bulletins des étudiants de l’Université de l’Alberta et les examens de cette session ne compteront pas dans leur moyenne cumulative pondérée.

L’administration croit que c’est la seule chose à faire, alors que la pandémie de coronavirus a perturbé tous les aspects de la vie universitaire et forcé tous les cours à se tenir en ligne.

C’est une question d’équité , croit le doyen du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Pierre-Yves Mocquais. Les étudiants n’ont pas tous le même accès à la technologie, n’ont pas tous le même accès à internet. [...] Vous avez des étudiants qui ont une famille, avec des enfants dont ils doivent s’occuper et d’autres pour qui ce n’est pas le cas. Les conditions sont extrêmement diverses.

Mais c’est une décision que Georgia-Rae Meldrum, une étudiante en sociologie, a du mal à digérer.

Elle a travaillé d’arrache-pied toute la session et a obtenu de meilleures notes que jamais.

J’ai fait tellement de sacrifices juste pour aller à cette école. J’ai travaillé fort pour mes notes et j’en suis fière et maintenant l’Université me vole une session

Georgia-Rae Meldrum, étudiante, Université de l'Alberta
Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des étudiants veulent avoir un choix

Dans une lettre à l’administration, l’étudiante explique que lors de sa première année d’université, sa mère luttait contre un cancer. Elle dit qu’alors l’Université ne lui avait pas offert d’arrangement spécial, et que ses notes en ont souffert.

Elle misait beaucoup sur sa dernière année pour se rattraper et se faire admettre en Droit. Elle a l’impression que l’Université lui a coupé l’herbe sous le pied.

Je me sens comme un numéro d’identification pour eux, dit-elle.

Elle demande à l’Université de l’Alberta de donner le choix aux étudiants entre accepter leur note pour la session, ou obtenir une mention crédit/non crédité. C’est le système qui a été choisi par l’Université de Calgary, l’Université de Toronto et l’Université McGIll, entre autres.

Une pétition en ligne qui enjoint l’Université de l’Alberta à suivre leur exemple a recueilli plus de 13 000 signatures.

L’Université veut éviter la discrimination

Le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais, ne nie pas que [le changement de système de notation] soit quelque chose de difficile à avaler pour les étudiants qui ont de bonnes notes.

Cependant, il croit qu’un système où les étudiants peuvent choisir entre une mention ou une note stigmatise ceux qui optent pour la mention, puisqu’il est possible d’en déduire que leurs notes étaient probablement inférieures à celles des autres.

Or, il rappelle que certains étudiants et professeurs souffrent plus que d’autres du fonctionnement actuel de l’Université et des effets de la pandémie. Ceux qui habitaient dans les résidences, par exemple, et qui ont dû se trouver un nouveau logement en vitesse, ou encore ceux qui doivent s'occuper d'un parent âgé.

Je crois que les étudiants ont compris à quel point cette décision est motivée par une volonté de créer un sentiment de justice sociale

Pierre-Yves Mocquais, doyen, Campus Saint-Jean

Il y a également un recours prévu pour les étudiants qui, comme Georgia-Rae Meldrum, veulent être admis dans des programmes contingentés ou aux études supérieures. Ils pourront demander une lettre de leurs professeurs, qui indiquera de manière précise quelle a été leur performance pour l’année en question.

Selon Pierre-Yves Mocquais, dans une situation de crise comme celle-ci, le directeur de l'Université aurait l'autorité de prendre des décisions comme celle-ci.

C'est cependant le comité exécutif du conseil général des facultés qui a voté unanimement pour un système de mention la semaine dernière, après de longues discussions entre membres de l’administration, professeurs et associations étudiantes.

Une motion a toutefois été déposée pour infirmer la décision et la soumettre à un vote auprès de tout le conseil général des facultés, qui compte plus d’une centaine de membres.

Cette motion sera débattue lundi.

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