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Incertitude entourant le financement des services de garde d’urgence

Des jouets avec des enfants

Québec a mis sur pied un réseau de services de garde d’urgence pour les enfants des travailleurs essentiels.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Louis Gagné

Des parents et des propriétaires de garderie attendent avec impatience de savoir comment Québec financera le réseau des services de garde au cours des prochaines semaines. Tous se posent les mêmes questions : qui paiera et à partir de quand?

Lorsqu’il a annoncé la mise sur pied d’un réseau de services de garde d’urgence il y a deux semaines, le gouvernement Legault a décrété que les services seraient gratuits du 16 au 27 mars inclusivement.

Jusqu’ici, la gratuité s’applique aux travailleurs des services essentiels pour qui le réseau d’urgence a été créé, mais aussi aux parents qui ne peuvent plus envoyer leur enfant se faire garder durant la pandémie de coronavirus.

Pour aider les garderies privées non subventionnées à maintenir leurs services et payer leur personnel sans les contributions parentales, Québec a promis de leur verser une compensation financière. Les premiers chèques ont d’ailleurs été expédiés au cours des derniers jours.

Situation préoccupante

Or, on ignore si ce mode de financement sera reconduit à compter de lundi prochain. Une situation préoccupante pour bien des services de garde.

On est dans l’attente. Pour nous, c’est un défi de liquidités. On a des dépenses, mais on n’a pas de revenus, explique Hugues Mousseau, porte-parole de l’Association des garderies non subventionnées en installation.

Des bancs et des casiers sont aménagés dans un couloir pour accueillir les vêtements et les sacs à dos dans un CPE.

Les partenaires du réseau des services de garde éducatifs à l'enfance attendent des précisions du gouvernement Legault.

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

Devant l’incertitude, des services de garde ont demandé à des parents de verser leur contribution du mois d’avril, et ce, même s’ils n’auront pas le droit d’y envoyer leur enfant.

Ces demandes visent principalement à permettre aux garderies de continuer à payer le salaire des éducatrices. Les parents, assure-t-on, seront remboursés.

Contribution optionnelle

La présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec, Marie-Claude Collin, reconnaît que de pareilles ententes ont pu être conclues. Elle précise cependant que rien n’oblige les parents à payer quoi que ce soit.

S’il y a un propriétaire qui est mal pris puis qui veut prendre arrangement avec des parents, ça lui appartient, mais il va devoir rembourser les parents. Il ne peut pas les obliger à payer, insiste-t-elle.

À date, il n’y a pas de parent qui doit payer au mois d’avril. Il n’y a pas de parent qui doit payer nulle part.

Marie-Claude Collin, présidente, Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec

Les liquidités ne sont pas un enjeu pour les centres de la petite enfance (CPE), qui sont financés à 85 % par le gouvernement.

Tant et aussi longtemps que le gouvernement n’aura pas annoncé ses intentions, il est hors de question d’exiger que les parents versent leur contribution du mois d’avril.

Le message qu’on avait eu pour [la période allant] du 16 au 27 mars, c’est que les parents ne payaient pas leur contribution parentale. Je vous dirais que pour le moment, on continue d’être dans cette philosophie-là, indique la directrice générale de l’Association québécoise des CPE, Geneviève Bélisle.

Annonce imminente?

En entrevue sur les ondes de RDI vendredi matin, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, affirme que les réponses des milieux non subventionnés arriveront au cours de la journée.

Je parle avec nos partenaires, les grandes associations et les syndicats, chaque jour, poursuit-il. La communication est très bonne, on veut agir le plus rapidement possible.

La Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec a bon espoir d’en apprendre davantage vendredi.

Les partenaires du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance auraient assurément aimé savoir plus tôt à quoi s’en tenir à partir de lundi prochain. Ils refusent toutefois de lancer la pierre au ministre Lacombe.

Tous les intervenants à qui Radio-Canada a parlé affirment comprendre la situation. Plusieurs ont d’ailleurs tenu à saluer la disponibilité du ministre et ses efforts pour maintenir ouverts les canaux de communication depuis le début de la crise sanitaire.

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