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COVID-19 : Consommer local pour sauver les petites entreprises francophones

Plan moyen d'Étienne Alary dehors.

Étienne Alary et le CDÉA travaillent aussi pour préparer l'après-crise.

Photo : James Parent

Émilie Vast

Le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) appelle les Franco-Albertains à s'approvisionner auprès des petites entreprises francophones de la province pour les aider à survivre à la crise de la COVID-19.

Je pense que plus que jamais, entre Francophones, il faut se serrer les coudes, il faut encourager nos entrepreneurs d’ici, déclare le directeur général du CDÉA, Étienne Alary.

L’organisme lance un appel à la solidarité au sein de la communauté en réponse aux ravages de la COVID-19 sur les entreprises franco-albertaines.

Certaines ont perdu de 60 % à 100 % de leur chiffre d’affaires, dépendamment du secteur d’activité, observe M. Alary.

Pour endiguer cette hémorragie, le CDÉA incite les Franco-Albertains à consommer local et dresse, sur son site Internet, une liste d'entreprises francophones qui offrent encore des services.

Le message que je lance, c‘est si une fois aux deux semaines vous commandez du restaurant, et bien cette semaine plutôt que d’encourager un Boston Pizza, si vous êtes à Edmonton, voici les gens que vous pouvez encourager, et si vous êtes à Calgary voici les restaurants qui peuvent vous servir, explique-t-il.

Si la démarche peut sembler symbolique, elle n’en est pas moins saluée par les entrepreneurs, comme Mélanie Dovale, la propriétaire de la pâtisserie Passion de France à Edmonton.

Il faut encourager les petites entreprises, parce qu’on ne va pas durer longtemps là et il va y avoir des rues pleines avec des trucs à louer dans pas longtemps.

Mélanie Dovale, propriétaire de la pâtisserie Passion de France à Edmonton

Entraide et adaptation

Après avoir perdu 95 % de sa clientèle la première semaine de la crise, Mélanie Dovale a choisi de vendre du pain plutôt que des pâtisseries et a ainsi pu garder la tête hors de l’eau.

Autrement on aurait tenu un mois et on aurait dû fermer la porte et envoyer nos équipements à la vente aux enchères, parce qu’on ne peut pas supporter des pertes à long terme. Nous sommes une entreprise familiale et cela aurait affecté nos finances personnelles, explique-t-elle.

Comme elle, de nombreux entrepreneurs franco-albertains sont à la tête de petites entreprises et n’ont pas les reins assez solides pour supporter des pertes à long terme.

Pour nous, le plus important c’est d’être capables de payer notre loyer et nos factures, pour passer au travers de la crise sans nécessairement faire de profit, dit celle qui vend ses pains à deux dollars l’unité.

J’essaie aussi d’aider, confie-t-elle, et la raison pour laquelle nos activités ont pu rapidement recommencer, c’est qu’on a eu beaucoup de support de nos clients qui comprennent qu’[il faut] acheter local, surtout en ce moment.

En contact quotidien avec les différents entrepreneurs francophones de la province, le CDÉA dit ne disposer d’aucune manoeuvre financière pour soutenir ces derniers.

Ça nous prendrait des millions en termes de capital pour aider, et nos fonds de réserve sont des montants quand même assez minimes qui ne couvrent même pas trois mois d’opérations de l’organisme, concède M. Alary.

Dans l’attente des jours meilleurs, le CDÉA travaille sur un plan d’action pour l’après COVID-19.

Notre rôle va être crucial au moment de la relance économique pour que ces entreprises-là revoient peut-être leur plan d’affaires, leur montage financier et voient comment elles peuvent passer à la prochaine étape, termine M. Alary.

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Alberta

Entrepreneuriat