•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La dépendance au temps du coronavirus

Des seringues et d'autres équipements pour la consommation de drogue par injection.

Des médecins et des pharmaciens cherchent des solutions pour aider les personnes suivant des traitements par agonistes opioïdes à rester en isolement.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Dans la foulée de la crise de la COVID-19, de nombreux rassemblements hebdomadaires pour toxicomanes en rétablissement sont annulés, et d’autres services pour les personnes souffrant de dépendances doivent s'adapter.

Avant la pandémie, Rusty Matyas, organisait des réunions hebdomadaires pour les personnes dépendantes en rétablissement dans le cadre des programmes SMART recovery au Centre des sciences de la santé de Winnipeg.

Le musicien et producteur de musique de Winnipeg est lui-même un ancien alcoolique, qui est devenu abstinent après un séjour au service de désintoxication de ce même hôpital. Après coup, il a reçu une formation de SMART recovery pour offrir son aide à d’autres personnes souffrant de dépendances.

Au cours des dernières semaines, nos réunions ont été annulées. Et je sais que lorsque l’on est en détox, on est tellement solitaire, tellement humiliés, dans un mauvais état d’esprit, et ces réunions, c’est de l’espoir, dit-il.

Malgré l’annulation des réunions, M. Matyas a décidé qu’il pouvait continuer à aider des gens. Il a publié un texte sur son compte Facebook et dans des groupes d’entraide, offrant son numéro de téléphone personnel et son courriel à toute personne ayant besoin de parler de dépendance.

Cette publication a été partagée des centaines de fois.

Un homme souriant dans un couloir.

Rusty Matyas, qui organisait des rencontres pour des personnes souffrant de dépendances avant la crise de la COVID-19.

Photo : Kevin Roy

Si quelqu’un a quelque chose à donner, ils devraient le faire, affirme-t-il. Depuis deux jours, il passe ses soirées au téléphone avec des étrangers, souvent des personnes qui sont tentées, dans les circonstances de pandémie, de reprendre la bouteille ou leur substance de choix.

Des ressources en ligne

Le Manitoba Harm Reduction Network a lancé un portail web où ils regroupent des informations concernant la consommation de drogue et d’alcool pour les personnes souffrant de dépendance : https://mhrn.ca/covid19 (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Et si c’était l’apocalypse et que je devrais recommencer à boire? Je ne peux pas dire que je n’ai pas eu cette pensée. Tout le monde a besoin de connexion avec d’autres personnes ou l’on risque de se renfermer sur soi, ce qui peut devenir très sombre, dit M. Matyas.

Il affirme que les personnes qui l’ont contacté parlent surtout de leurs inquiétudes face à cette situation si incertaine. Il rappelle aussi que toute personne en situation de crise devrait avant tout appeler une ligne d’urgence, comme celle de Klinic, au 1 (204) 786-8686.

AFM maintient ses services

La Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances (AFM) maintient un maximum de ses services tout en respectant les directives de la province concernant la distanciation sociale et les rassemblements, indique Ginette Poulin, la directrice médicale de AFM.

Tous nos services continuent, il y a juste les cours qui sont suspendus parce que c’est des groupes de 50 et plus, à part de ça on fait juste adapter nos programmes, dit-elle. Par exemple, tous les services téléphoniques et en ligne de la fondation sont toujours disponibles et les cliniques Rapid Access Addiction Medicine Clinic (RAAM) restent ouvertes.

Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.

Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Alana Cole

Des patients souffrant de dépendances peuvent s’y présenter sans rendez-vous. Des questions seront posées aux nouveaux patients pour savoir s’ils ont potentiellement été exposés au virus, note la Dre Poulin, s’il y a un risque, il y aura un test, sinon ils rentrent dans nos services.

Les nouveaux patients doivent maintenant se présenter accompagnés d’une personne, au maximum, pour limiter le nombre de personnes qui sont rassemblées dans les établissements de AFM.

Ginette Poulin dit que les annulations de programmes de soutien, tel que le programme SMART recovery, peut avoir un effet important.

Lorsque je regarde les patients avec lesquels je travaille, ils ont des programmes avec lesquels ils ont un lien très fort, ils peuvent se trouver avec moins de soutien, dit-elle, mélange ça avec l’anxiété d’une pandémie... il faut que l'on soit sensible.

Traitement des dépendances aux opioïdes

Des médecins et des pharmaciens cherchent aussi des solutions pour aider les personnes suivant des traitements par agonistes opioïdes à rester en isolement.

Ces derniers doivent souvent se rendre à une pharmacie tous les jours et prendre une dose de leur médicament, tel que la méthadone, devant un pharmacien. D’autres peuvent amener une petite dose chez eux.

C’est une question qu’on s’est posé dans les dernières semaines [...] une question de risque et de bénéfice que l’on fait au cas par cas, et certainement, les collèges sont sensibles à cette question-là, dit Ginette Poulin.

On regarde comment on peut favoriser, pour chacun de nos clients qui suit ces traitements, [s'il] n’y pas de risque plus élevé [à] ramener ces médicaments chez eux, poursuit-elle.

Le Collège des pharmaciens du Manitoba indique qu’il suit de près la situation de la COVID-19, et qu’il a modifié certaines étapes dans le processus d'administration de ces médicaments.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !