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L’enseignement à distance s’organise au Québec

Une jeune femme travaille sur son ordinateur à la maison.

Poursuivre sa session collégiale ou universitaire s'annonce difficile pour les étudiants qui n'ont pas d'ordinateur ou Internet à la maison.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les établissements postsecondaires du Québec, soit les universités et les cégeps, se donnent les moyens de suivre la directive du gouvernement de poursuivre leurs cours suspendus à distance, pour cause de COVID-19.

Au moment où la plupart des établissements se préparent à faire le saut vers un enseignement 100 % numérique, d'autres comme l’Université de Montréal (UdeM) ont déjà adapté les cours théoriques afin de les offrir en ligne. Pour surmonter ce défi à la fois technologique et pédagogique, l’UdeM a déployé des ressources spécifiquement consacrées à cette transition.

On a reçu de l’aide technologique et humaine que je dirais sans précédent, parce que la situation, de toute façon, est sans précédent, résume Alexandre Lanoix, professeur adjoint au Département de didactique de l’UdeM. Le professeur Lanoix a pu compter sur trois conseillers pédagogiques pour l’aider à adapter ses méthodes.

Il a repris l’enseignement mercredi soir et tous ses étudiants ont pu participer à la séance, bien que l’un d’eux en ait raté certains passages à cause de problèmes de connexion Internet. Cet étudiant, comme tous les autres, peut toutefois revoir l’entièreté du cours par la suite.

La flexibilité est la clé du succès de cette mesure d’adaptation, croit le professeur.

Il y [a des étudiants qui] ont déjà des enfants, il y en a qui ont plein d’autres choses à s’occuper pendant cette période-là, et c’est normal. On va y aller graduellement et offrir des outils pour que l’enseignement qu’on offre soit le plus flexible possible, donc puisse s’adapter à leur contexte.

Alexandre Lanoix, professeur adjoint à l’UdeM

Ça change la pédagogie […], mais les technologies nous donnent quand même des outils assez intéressants pour partager des documents et pour faire travailler nos étudiants en équipe, remarque pour sa part Pascale Lefrançois, la doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM.

Est-ce que la réalité de tous les étudiants permet de terminer ces cours-là? Peut-être que non, admet-elle. Mais de là à dire qu’il faudrait arrêter le fonctionnement de toutes les universités [comme le réclament certains étudiants], je pense que ce serait une réaction exagérée, parce qu’on est capable d’offrir des cours dignes de ce nom.

Les étudiants de l’UdeM qui n’ont pas le choix d’annuler leurs cours, pour une raison ou une autre, disposent d’une période prolongée d’abandon sans pénalité.

Les mesures d’ajustement sont semblables dans les autres universités québécoises. Certaines, comme l’Université Laval, ont déjà repris les cours qui étaient préalablement offerts en ligne et œuvrent à élargir cette offre; d’autres ont annoncé que l’enseignement reprendrait, à distance, au cours des prochaines semaines. L'Université Concordia, comme l'UdeM, a repris les cours cette semaine et permet leur abandon jusqu'à la mi-avril.

Un défi différent pour les cégeps

Du côté des cégeps, on craint une importante hausse du décrochage avec la reprise des cours, en ligne, prévue pour le 30 mars ou le 6 avril, selon les établissements.

Si de nombreux universitaires ont déjà l’habitude des cours à distance, qui sont offerts depuis des années par un grand nombre de départements, c’est moins vrai au niveau collégial.

Une enseignante ayant demandé l’anonymat témoigne aussi d’un clivage entre certains étudiants, surtout en fonction de leur situation financière. Elle estime que les conditions actuelles ne sont pas propices à l’apprentissage.

Je remarque que ceux qui sont prêts à [étudier à distance], c’est ceux qui habitent avec leurs parents et dont les parents n’ont pas perdu leurs revenus, souligne-t-elle. Pour beaucoup d’autres, c’est l’inquiétude. Il y en a plusieurs qui travaillent dans le réseau de la santé ou dans le réseau de l’alimentation. J’ai beaucoup d’élèves très sollicités et anxieux.

Non seulement certains de ses étudiants se cherchent du travail pour subvenir aux besoins de leur famille, ajoute l’enseignante qui a habituellement plus de 100 jeunes dans ses classes, mais plusieurs n’ont pas d’ordinateur chez eux.

Étant elle-même une mère de famille devant s’occuper de ses enfants à la maison, elle est d’avis que la gravité de la situation justifie le report ou l’annulation de la session.

Avec les informations de Dominic Brassard

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