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Non, la COVID-19 n’est pas un résultat du génie génétique

De nouvelles recherches indiquent que le SRAS-CoV-2 ne montre aucune trace de manipulation artificielle.

Un scientifique tient une seringue et une éprouvette sur laquelle il est écrit "COVID-19".

L’une des fausses informations qui reviennent le plus souvent au sujet de la COVID-19 est la théorie du complot affirmant qu'elle a été créée en laboratoire.

Photo : getty images/istockphoto / Chinnapong

CBC News

L’une des fausses informations qui revient le plus souvent au sujet de la COVID-19 est la théorie du complot affirmant que le nouveau coronavirus a été créé en laboratoire et qu’il a été déchaîné par erreur ou de manière volontaire par une personne malveillante.

La théorie se propage non seulement sur les réseaux sociaux et sur les forums de théories du complot, mais certains politiciens la font aussi circuler. Le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, a évoqué dimanche l’idée que le SRAS-CoV-2 était une création du gouvernement américain.

Selon Al Jazeera (Nouvelle fenêtre), Ali Khamenei a dit qu’il ignorait à quel point cette théorie était vraie, mais qu’il ne faisait pas confiance à la récente proposition d’aide médicale des États-Unis, arguant que le virus aurait peut-être été créé dans le but de cibler les Iraniens et Iraniennes.

Mais un nouveau rapport de recherche d’une équipe internationale de scientifiques récemment publié dans le journal Nature Medicine indique que le coronavirus causant la COVID-19 n’est pas un résultat du génie génétique.

L’étude « L’origine proximale du SRAS-CoV-2 (Nouvelle fenêtre) » a été publiée le 17 mars. Elle a été produite par une équipe de cinq scientifiques des universités de Columbia, d’Edinburgh, de Sydney et de l'Institut de recherche Scripps, en Californie.

L’équipe y a comparé les données génétiques du nouveau virus à celles d’autres coronavirus et a trouvé que la manière dont le SRAS-CoV-2 se lie aux cellules humaines indique qu’il a évolué de façon naturelle. La recherche a trouvé que le nouveau virus s’attache de manière particulièrement efficace aux récepteurs de l’ACE2, qui sert habituellement à réguler la pression sanguine.

La nature reste meilleure dans la conception d’un virus que n’importe quel être humain, illustre Robert Garry, professeur en microbiologie et en immunologie à l’université Tulane, à La Nouvelle-Orléans, et l’un des auteurs principaux du rapport de recherche.

Ce que la recherche a prouvé

Puisque des scientifiques chinois ont décodé le génome du virus SRAS-CoV-2 et ont rendu l’information publique, Robert Garry et ses collègues ont pu se servir de ces données pour leur travail.

Le chercheur explique que si le SRAS-CoV-2 avait été manipulé, on s’attendrait à ce qu’il ait une relation plus étroite avec d’autres virus connus. Bien qu’il existe d’autres coronavirus semblables, celui qui se rapproche le plus de la SRAS-CoV-2 en termes de génétique a seulement été découvert après le début de la pandémie actuelle.

Un homme plutôt âgé mène des expériences dans un laboratoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Robert Garry et l’un des auteurs principaux du rapport de recherche indiquant que le SRAS-CoV-2 ne montre aucune trace de manipulation artificielle.

Photo : Capture d'écran YouTube / Tulane University

[Les scientifiques] sont allés consulter leurs banques de tissus pour examiner d’autres coronavirus. Ils en ont trouvé un dans une chauve-souris qui est relativement proche, mais il a tout de même des différences majeures dans certaines parties importantes de son génome, dit-il. 

L’équipe a également enquêté sur un autre élément qui prouverait que le virus a été manipulé : quelque chose que Robert Garry appelle les « artefacts de clonage ».

Si vous créez un virus en laboratoire, vous devez très souvent décomposer plusieurs éléments pour ensuite les rapiécer. Je suppose que si vous étiez un astucieux scientifique fou comme on le voit dans les bandes dessinées, vous pouvez trouver une manière de le faire sans laisser de trace, mais c’est loin d’être facile, dit-il.

On est habituellement capables de savoir quand quelque chose a été manipulé, et il n’y a tout simplement aucune indication que c’était le cas avec ce virus.

Le chercheur Robert Garry

D’où vient le virus?

Robert Garry explique que le SRAS-CoV-2 est semblable au virus de chauve-souris, ce qui fait des chauves-souris la source la plus probable du virus actuel, bien que cela ne soit pas encore confirmé.

Le chercheur, ses collaborateurs et ses collaboratrices se sont penchés sur deux scénarios dans lesquels le virus est passé des animaux aux êtres humains.

Dans le premier scénario, une version du virus circulait d’abord auprès des espèces animales avant d’être transmise aux gens, après quoi le virus a évolué pour devenir celui qui cause la maladie.

Un ordinateur affiche deux codes-barres,Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le code-barres génétique du nouveau coronavirus est affiché sur un ordinateur du Laboratoire de santé publique de l'Ontario.

Photo : CDC / Craig Chivers

Robert Garry explique que si le virus s’est effectivement muté dans le corps humain, il ne déclenchera d’épidémie importante que s’il se transmet à nouveau des animaux aux êtres humains dans un avenir rapproché.

Les scientifiques pensent qu’une première version de ce virus aurait pu circuler pendant des années, ou même des décennies.

Le SRAS-CoV-2 est assez nouveau, mais il est assez probable qu’il existait un progéniteur immédiat pour ce virus auquel il manquait quelques changements génétiques clés. C’est seulement après l’évolution desdits changements que les gens auraient commencé à tomber malades.

Des personnalités connues et des États promeuvent la théorie du complot

En dépit des preuves scientifiques, plusieurs politiciens ont fait la promotion de théories du complot au sujet de la COVID-19, souvent pour faire la promotion de leurs propres intérêts de politique étrangère. Le guide suprême d'Iran n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

 L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême d'IranAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Nous nous méfions des intentions des Américains et ne comptons pas sur ces aides», a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême d'Iran.

Photo : Reuters / Handout .

En janvier, des rumeurs ont faussement allégué que le virus avait été volé du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg par deux scientifiques chinois. Cette théorie du complot semble basée sur une compréhension tordue d'un reportage de CBC News publié en juillet dernier au sujet de deux chercheurs qui ont été renvoyés du laboratoire en raison d’une enquête de la GRC. L'Agence de la santé publique du Canada nie tout lien entre le laboratoire et l'épidémie de coronavirus qui a éclaté en Chine.

En février, le New York Times rapportait que le sénateur américain Tom Cotton avait appuyé la rumeur disant que la Chine avait créé le virus dans un laboratoire hautement sécurisé à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie. Il a ensuite changé d’avis, selon le Times.

Plus tard en février, les autorités américaines ont averti que la Russie était derrière une campagne de désinformation sur les médias sociaux qui servait entre autres à propager l’idée que le virus a été créé aux États-Unis.

En mars, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a avancé que le gouvernement américain cachait des informations sur les origines du virus au public. Selon lui, le virus a été importé à Wuhan par l’armée américaine en octobre dernier.

Selon les informations d'Andrea Bellemare

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