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Accueillir un animal plutôt qu’en adopter un en temps de crise

Les refuges d'animaux mettent en garde contre les adoptions impulsives liées aux bouleversements occasionnés par l'actuelle pandémie de coronavirus.

Trois chiens regardant un jouet en l'air

Les refuges d'animaux mettent en garde contre les adoptions impulsives.

Photo : Radio-Canada / Alexis Lalemant

Êtes-vous de ceux qui ont envisagé que le confinement à la maison était le moment rêvé pour adopter un animal? Les organismes de protection des animaux vous demandent d’y penser à deux fois, puisqu’ils craignent une hausse des abandons lorsque la routine reprendra son cours.

Depuis les mesures de confinement liés à la COVID-19, la Société pour la prévention de la cruauté faite aux animaux (SPCA) de l’Outaouais a noté une hausse des demandes d’adoption.

Le directeur adjoint de l’organisme, Maxime Daigle, demande toutefois aux gens de réfléchir aux responsabilités qui s’ajoutent lorsqu’on prend soin d’un animal et met le public en garde contre les adoptions impulsives pour briser l’ennui.

Plus de temps libre, moins d’options d’activités, le beau temps qui revient, les promenades devenues quotidiennes pour se dégourdir : ces conditions, pouvant paraître idéales à l’heure actuelle, ne dureront cependant pas éternellement.

La vie va reprendre un de ces jours et si ça été fait sur un coup de tête, sans penser et anticiper l’investissement en temps, lorsque tout reprendra, l’animal pourrait être laissé à lui-même, développer certains petits écarts de conduite parce qu’il n’a pas assez de stimulation et ça pourrait mener à un abandon.

Maxime Daigle, directeur adjoint de la SPCA de l’Outaouais

Il faut se demander : '' Qu’est-ce qui va arriver une fois que je vais partir? ’’, insiste la conseillère senior en comportements à la SPCA de l'Outaouais, Graciela Morote. 

Cette dernière explique que les chats et les chiens ont besoin de jouer et de faire de l’exercice pour être équilibrés. S’ils manquent de stimulation physique ou cognitive, ils sont plus à risque de développer des troubles de comportement ou de l’anxiété de séparation.

Par exemple, les chiens qui n’ont pas appris la solitude peuvent commencer à faire du grattage, des hurlements, essayer de sortir par les portes ou les fenêtres ou faire des dégâts dans la maison, ajoute la comportementaliste.

Avant d’adopter, Mme Morote souligne qu’il faut considérer que l’horaire familial changera forcément avec le retour à la normale et qu’il faut déjà - alors qu’on a plus de temps à la maison - instaurer une routine pour préparer les animaux.

L’alternative : devenir famille d’accueil

L’organisme à but non lucratif Meet The Keepers Wildlife Rescue Center, situé à Rockland, dans l’est ontarien, note une augmentation accrue du nombre d’abandons, qu’il attribue à la crise. Le volume d’appels de gens désirant abandonner leurs animaux a également grimpé. C’est du jamais vu, déclare Janie Cyr, co-fondatrice de l’organisme.

Depuis lundi, les bénévoles de son équipe ont dû venir en aide à 11 animaux orphelins, en plus d’être débordés d’appels. Parmi les rescapés, Janie Cyr compte un chien, un chat, une tortue, un lapin laissé dans une cage en bordure du chemin, un hérisson domestique et un boa.

La porte-parole de la SPCA Anita Kapuscinska avec un lapin abandonné dans les bras.

Un lapin abandonné à la SPCA de Kapuskasing.

Photo : Radio-Canada

Puisque le refuge déborde, l’organisme suggère aux gens de devenir un foyer d’accueil pour venir en aide à un animal abandonné, plutôt que de l’adopter définitivement. Les membres du public ne devraient pas acheter ou adopter durant de telles conditions sans avoir pris le temps d’y réfléchir. Un animal, c’est pour la vie et non quelques mois, rappelle-t-elle.

Être famille d’accueil est une façon temporaire, selon elle, de briser l’isolement tout en libérant des places dans les centres d’adoption.

Une famille d’accueil peut prendre en charge un animal pendant une certaine période de temps pour socialiser et lui offrir une maison temporaire pendant que les refuges hébergent des animaux qui nécessitent des soins plus urgents.

Janie Cyr, co-fondatrice de Meet The Keepers Wildlife Rescue Center

De son côté, l’organisme Ottawa Humane Society a lancé un plan d’urgence et prévoit avoir besoin davantage de foyers d’accueil dans les mois à venir. Il demande aux intéressés de s’inscrire au programme d’accueil.

Pour prévenir les abandons à venir

En Outaouais, la crise de la COVID-19 ne s’est pas encore fait ressentir de manière significative sur le terrain, puisqu’aucune hausse d’abandon n’a été enregistrée à la SPCA de l’Outaouais

Le centre a néanmoins déjà instauré des mesures pour éviter que des animaux ne se retrouvent à la rue dans les semaines à venir.

Nous freinons énormément les entrées, puisqu’on anticipait de pouvoir faire très peu d’adoptions, note Maxime Daigle. Nous fonctionnons par rendez-vous seulement, pour éviter l’achalandage, et c’est un réel défi, parce que les gens s’ennuient et cherchent une activité ou un animal pour les divertir.

Un chat dans une cage dans une SPCA.

Devenir famille d'accueil pour un animal est une manière temporaire de briser l'isolement pendant une crise.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Pour les propriétaires d’animaux qui se retrouvent dans une situation financière précaire, la co-fondatrice de Meet The Keepers Wildlife Rescue Center mentionne que des organismes comme le sien peuvent leur prêter main forte. Des programmes d’aide peuvent notamment fournir des sacs de nourriture et des lits pour les animaux.

Plusieurs [propriétaires] ont perdu leur emploi. Les animaux sont rarement la priorité des familles dans ce temps-là. Aussi, les gens paniquent parce qu’il y a beaucoup d’informations fausses par rapport au virus et aux parasites transmissibles.

Janie Cyr, co-fondatrice de Meet The Keepers Wildlife Rescue Center.

En début de semaine, Janie Cyr recevait beaucoup d’appels de gens qui croyaient que leur animal pouvait être un vecteur de transmission du coronavirus. Mais ça s’est calmé depuis que le gouvernement a donné plus d’informations sur le sujet, nuance-t-elle.

La co-fondatrice du refuge conseille aux propriétaires de bien s’informer, mais surtout de considérer d’autres options avant d’opter pour l’abandon.

Avec la collaboration de Samuel Blais-Gauthier

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