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Les librairies indépendantes tirent la sonnette d’alarme

Une femme range des livres dans un rayon d'une librairie

Fragilisées par la crise actuelle, les librairies indépendantes demandent l'aide financière du gouvernement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour garder la tête hors de l’eau et continuer à faire rouler l’économie du livre, les librairies indépendantes du Québec demandent au gouvernement des subventions directes.

Le milieu du livre est durement touché par la pandémie de COVID-19. Jugées non essentielles, les librairies sont fermées depuis mardi, tandis que les distributeurs sont à l’arrêt, les sorties de livres, repoussées, les commandes des bibliothèques, suspendues. Et la vente en ligne de livres ne suffit pas à pallier les manques à gagner, soutient Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des libraires du Québec. Si bien que certaines librairies seraient menacées de fermer.

Quand on va tous se réveiller de ce cauchemar dans trois semaines ou plus, j’ai l’impression qu’il y a des librairies qui vont avoir plus de difficultés que d’autres et vont devoir mettre la clef dans la porte s’il n’y a pas un soutien financier de l’État, a-t-elle avancé en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle de l’émission Le 15-18.

Et cela pourrait avoir des répercussions sur tout le réseau. Quand les librairies vendent moins de livres, ce sont les distributeurs, les éditeurs, les auteurs qui vont voir toute une répercussion dans quelques semaines, quand tout ce beau monde-là devra être payé, a-t-elle ajouté.

La femme porte des lunettes et sourit.

Katherine Fafard

Photo : Patrick Séguin

C’est pourquoi les librairies indépendantes demandent au gouvernement non pas des prêts aux PME, ce qui leur est présentement offert, mais bien des subventions.

On aimerait que la santé financière des libraires puisse descendre dans la chaîne du livre et qu’on passe à travers cette crise ensemble. Mais pour ça, il faut qu’il y ait de l’aide directe aux libraires, a martelé Katherine Fafard.

Un service en ligne toujours actif – pour le moment

Même si ça ne règle pas tout, au moins, les ventes en ligne se poursuivent actuellement. Dans le milieu, on se réjouit de voir les ventes sur le site leslibraires.ca (Nouvelle fenêtre) aller bon train.

Nos ventes ont grimpé de façon fulgurante en ligne, a témoigné Jean-Benoît Dumais, directeur général de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, toujours en entrevue avec Catherine Richer.

Je dirais que le public se tourne vers les livres dans cette période-là, soit pour l’occupation que ça représente ou soit une part des réponses et réflexions qu’on trouve dans les livres dans des temps plus difficiles, a-t-il poursuivi.

Les distributeurs étant fermés, les libraires indépendants doivent compter uniquement sur leurs stocks actuels. Pour beaucoup, cela signifie entrer dans sa boutique et aller chercher les livres directement sur les rayons, et ensuite les livrer eux-mêmes chez les clients.

Il y a plein de libraires très débrouillards qui prennent leur vélo, leurs pieds, leur voiture et vont livrer à domicile eux-mêmes, en prenant toutes les précautions sanitaires que le gouvernement a demandé de faire. C’est le “Je sonne, je dépose et je quitte”, a illustré Katherine Fafard.

Une pénurie possible

En réunissant tous les inventaires de toutes les librairies indépendantes, on obtient « le plus grand inventaire de livres en français en Amérique du Nord », d’après Katherine Fafard. Mais même cet inventaire n’éclipse pas la possibilité de faire face à une pénurie de livres dans les semaines à venir.

Si la tendance se maintient – les gens achètent beaucoup de livres –, certaines librairies pourraient avoir des tablettes plus vides que d’autres. On espère que le temps de pause n’aura pas à être prolongé et qu’on pourra être approvisionnés et pouvoir servir les lecteurs comme ils souhaiteraient l’être, a-t-elle dit.

Mais pénurie ou pas, elle précise que la meilleure manière de soutenir les librairies de quartier, cela demeure d’acheter des livres.

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