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Inquiétude dans les pénitenciers

Il n’y a pas que les détenus qui sont inquiets dans les établissements du Québec, les employés le sont aussi. Et la contamination annoncée d’un agent correctionnel du pénitencier de Port-Cartier ne fait qu’aviver davantage leurs craintes.

Une pancarte de Service correctionnel Canada.

L'établissement Archambault est situé dans la municipalité de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides.

Photo : Radio-Canada / Bruno-Giguère

Un pénitencier est à l’image d’une petite ville, avec ses quartiers, ses résidents, ses activités et son équilibre plus ou moins précaire.

Si un élément nouveau est introduit, l’équilibre est perturbé. Quand cet élément s’appelle le coronavirus, au déséquilibre s’ajoute la peur.

À la suite de la publication de notre texte sur la pandémie dans les prisons, hier, nous avons reçu plusieurs messages d’employés, et de leurs conjointes, qui nous ont rapporté combien le Service correctionnel du Canada tardait à mettre en place des mesures efficaces pour se conformer aux directives de la santé publique.

Leur principale récrimination demeure le fait que les services de santé des pénitenciers n’ont pas accès à des tests de dépistage, de sorte que lorsqu’un détenu présente des symptômes, on doit l’isoler. Ce qui n’est pas simple en prison.

La vie en prison est une vie de promiscuité, il y a plusieurs cellules doubles. Et dans cette petite ville, la population n’est pas facile et conformiste en tout temps.

Il y a plusieurs détenus qui n’écoutent pas les consignes, qui ont des problèmes de santé mentale, qui ne respectent pas la distanciation imposée. Même si on a réduit la grosseur des groupes qui ont accès à la cour en même temps, ça ne change pas les attroupements, dit un employé du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines.

Transfèrements entre pénitenciers et nouveaux détenus

L’autre problème qui sème l’inquiétude, c’est l’arrivée de nouveaux pensionnaires.

Il en existe deux types, ceux qui proviennent d’un autre établissement (transfèrement), qui sont appelés à se mettre en isolement volontaire, et aussi ceux qui arrivent de l’extérieur des murs. Les « post-suspension », comme on dit.

En clair, ce sont les détenus qui étaient en libération conditionnelle, qui ont contrevenu à leurs conditions de remise en liberté, qui ont vu leur libération suspendue et qui doivent être réincarcérés.

Ceux-là arrivent de « dehors » et le personnel ignore avec qui ils ont été en contact et s’ils ont respecté les directives de la santé publique.

« Avant de revenir au pénitencier, ces détenus étaient en maison de transition, donc ils avaient le droit de sortir, de travailler, de faire du bénévolat, parfois de voir leur famille qui a peut-être voyagé, explique un autre employé de Sainte-Anne-des-Plaines. Il faut que ces déplacements de l’extérieur vers l’intérieur des murs cessent. Ça pose trop de risques. »

D’autant que, dans les pénitenciers, le gym, la bibliothèque, les cours extérieures sont encore accessibles aux détenus.

Le Service correctionnel du Canada assure appliquer toutes les mesures appropriées pour faire face à la situation.

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