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La COVID-19 a fait plus de morts en Espagne qu’en Chine

Un homme en tenue de plastique, masqué et muni de gants, pousse un cercueil dans un corbillard.

Avec des centaines de morts de la COVID-19 chaque jour, les employés des services funéraires se protègent autant que faire se peut.

Photo : Reuters / Susana Vera

Agence France-Presse

Le nouveau coronavirus a fait plus de 4000 morts en Espagne, d'après le bilan diffusé jeudi par les autorités qui espèrent approcher du pic de contagions, de nombreux hôpitaux étant débordés.

Deuxième pays comptant le plus de personnes tuées par la COVID-19 après l'Italie, l'Espagne a enregistré 655 morts en l'espace de 24 heures, a signalé le ministère de la Santé jeudi, avant d'ajouter une cinquantaine de morts à ce bilan dès les heures suivantes, ce qui porte le nombre de décès à 4145.

Au total, 56 197 cas de contamination ont été confirmés.

Près de 87 % des victimes ont plus de 70 ans, a déclaré le directeur du centre d'urgences sanitaires, Fernando Simon. La moitié des morts sont survenues dans la région de Madrid.

Le nombre des personnes guéries a néanmoins augmenté de 30 % en 24 heures, le total étant désormais de 7015 dans le pays.

L'augmentation des cas a été vertigineuse ces derniers jours, malgré le confinement quasi total décrété le 14 mars. Le nombre des morts a ainsi quadruplé depuis vendredi.

Huit personnes en combinaison de protection marchent devant une résidence.

Des militaires quittent un centre d'hébergement pour aînés après avoir tout aspergé de désinfectant, à Madrid.

Photo : Reuters / Susana Vera

Les autorités soulignent toutefois le ralentissement de l'augmentation du nombre de décès, de 19 % jeudi par rapport à 27 % mercredi lorsqu'on avait enregistré une progression record de 738 morts en 24 heures.

La hausse du nombre de cas tend elle aussi à ralentir, 18 % entre mercredi et jeudi, soit deux points de moins que les deux jours précédents.

Très prudent, le ministre de la Santé Salvador Illa a estimé que les données des derniers jours indiquent un changement de tendance et que le nombre de cas pourrait être en train d'approcher de son maximum.

Manque criant de tests et de matériel médical

L'expert Fernando Simon a cependant soutenu qu'il y aura un effet d'accumulation dans les hôpitaux, en raison du long traitement requis par de nombreux patients.

La situation est déjà critique dans de nombreux hôpitaux espagnols, où les unités de soins intensifs sont débordées. Certaines doivent prioriser les patients en fonction de leur espérance de vie.

Les professionnels de la santé dénoncent un manque criant de matériel de protection, dont de masques, mais aussi de respirateurs artificiels et d'équipement de diagnostic.

L'Espagne est allée jusqu'à demander l'aide de l'OTAN pour pallier son manque de masques, de tests rapides et d'assistants respiratoires.

Deux femmes dans les bras l'une de l'autre.

Deux travailleuses de la santé se serrent dans leurs bras à la sortie de la salle d'urgence débordée d'un hôpital de Leganes, près de Madrid.

Photo : Reuters / Susana Vera

Le gouvernement espagnol a aussi conclu des achats massifs de matériel sanitaire à la Chine, pour l'équivalent de près de 800 millions de dollars, a dit le ministre de la Santé jeudi au Parlement, en promettant que tous les professionnels de la santé auront les moyens de se protéger.

Afin d'accélérer les diagnostics, l'Espagne cherche à généraliser les tests rapides, afin d'en réaliser au moins 50 000 par jour contre 10 00 à 20 000 aujourd'hui. Près de 5 millions de trousses devraient arriver dans les prochains jours.

Surprise désagréable : les premiers tests reçus de Chine étaient défectueux, nous obligeant à renvoyer les lots, a déploré Fernando Simon.

Prudent retour à la normale en Chine

À l'inverse, l'épidémie semble endiguée en Chine, qui a levé les restrictions imposées depuis des mois dans la province centrale de Hubei, berceau de la pandémie, sauf dans la capitale régionale Wuhan. Résultat : des embouteillages sur les routes et une ruée vers les trains et les autocars.

Toutefois, le pays a néanmoins considérablement limité les vols internationaux, au départ et à l'arrivée. Pékin a aussi annoncé jeudi soir qu'il allait fermer temporairement ses frontières à la plupart des étrangers et réduire de façon draconienne ses vols internationaux à partir de samedi.

Des gens marchent dans le quartier financier de Shanghai.

Des gens qui portent des masques respiratoires marchent dans les rues de Shanghai, en Chine.

Photo : Reuters / Aly Song

La Chine a décidé de suspendre temporairement l'entrée des étrangers actuellement possesseurs de visas et permis de séjour en cours de validité, a précisé le ministère des Affaires étrangères.

Les titulaires de passeports de service et diplomatiques pourront toujours entrer sur le territoire chinois. Les ressortissants étrangers venant en Chine pour des activités économiques, commerciales, scientifiques ou technologiques nécessaires ou pour des besoins humanitaires urgents pourront demander un visa auprès des ambassades ou consulats chinois, a aussi précisé le ministère.

La Chine n'a signalé aucun nouveau cas de contamination locale ces deux derniers jours, mais le pays craint les cas importés par les voyageurs venus de l'étranger. Plus de 500 ont déjà été recensés. Il s'agit à 90 % de Chinois revenant au pays, encore selon le ministère des Affaires étrangères.

Ces restrictions à l'entrée sur le territoire ont été publiées quelques heures seulement après l'annonce par la Chine d'une réduction draconienne des vols internationaux, également en raison de la COVID-19.

À partir de dimanche, une compagnie chinoise ne pourra plus effectuer qu'une seule liaison hebdomadaire depuis la Chine vers un pays tiers. Une compagnie étrangère ne pourra, elle, maintenir qu'une seule desserte par semaine vers la Chine.

Il faut dire que la peur n'a pas disparu et que le retour à la normale, bien qu’entamé, est encore loin d'être complet, comme à Huanggang, l'une des villes les plus touchées par l'épidémie, où l'activité tourne encore au ralenti.

Dans les rues, de nombreux avertissements rappellent que le virus n'a pas disparu. Se rassembler pour jouer aux cartes est un suicide, prévient ainsi une banderole.

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