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  • La censure du cinéma au Québec... jusqu'en 1967

    Pancarte avec les slogans "Les censeurs pour l'échafaud" et "Hiroshima coupé de son amour".

    La censure des films au Québec soulève de vives protestations dans les années 60.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Saviez-vous que le Québec avait déjà eu son bureau de censure cinématographique? Le 29 mars 1950, le premier ministre Maurice Duplessis lui donne même un élan avec la Loi concernant les publications et la morale publique.

    400 censeurs occupés à regarder un film qu'ils passeront tout à l'heure au jugement, c'est l'illustration vivante du sujet que nous abordons ce soir : la censure au cinéma.

    L’animateur Gérard Pelletier

    Premier plan, 19 décembre 1960

    L’émission Premier Plan du 10 décembre 1960 nous offre une visite inédite du Bureau de la censure du Québec, rue Saint-Gabriel à Montréal.

    C'est là que tous les produits du cinéma mondial, les navets comme les chefs-d’œuvre, et les films noirs aussi bien que les muets, sont apportés pèle-mêle dans des boîtes métalliques toutes semblables.

    L’animateur Gérard Pelletier

    Le Bureau existe depuis 1913. Il a été fourbi de nouvelles armes par le gouvernement Duplessis en 1950. Mais en 1960, de plus en plus de Québécois s'élèvent contre la censure des films.

    L’émission Premier Plan s'attarde au débat qui fait rage. 

    La censure du cinéma découle d’une loi provinciale. Elle est appliquée dans d’autres provinces canadiennes et ailleurs dans le monde. Le Bureau de censure du Québec est toutefois réputé comme particulièrement sévère.

    Je vais au cinéma quand je suis à l'extérieur de la province de Québec, confie un voyageur attrapé à l’aéroport de Dorval. Parce qu'ici, quand on voit un film, il y en a toujours un peu qui est coupé.

    On devrait laisser le public libre de voir les films qui veut voir, affirme un autre. C'est au public de décider si un film l'intéresse ou non.

    Des juristes interviewés par le journaliste Raymond Charrette défendent pour leur part le fait qu’il s’agit d’un mal nécessaire.

    Dans un régime démocratique, la censure doit être réduite au minimum, croit toutefois le juriste Marc Lalonde qui se soucie du respect de la liberté de presse et d’expression.

    Or, dans les dernières années, les règlements se sont multipliés au Bureau de la censure du Québec.

    Dans l’extrait de l’émission Premier plan que nous vous présentons, on voit d’ailleurs les censeurs au travail.

    Ils sont une dizaine à travailler au Bureau de la censure et doivent être au nombre de trois pour obtenir quorum dans le jugement d’un film.

    Durant la projection, ils prennent des notes. Puis, ils discutent ensemble des images et scènes condamnées à disparaître.

    Un technicien s’affaire ensuite à couper les segments rejetés directement sur la bobine du film, qu’il tamponnera en définitive du sceau officiel du Bureau de censure du Québec.

    Amputer un film ou le bannir en entier? Quelle option est la plus souhaitable?

    Dans les premières décennies du Bureau de la censure, on prohibait des centaines de films par année des écrans du Québec.

    En 1960, ils sont plutôt au nombre d’une douzaine.

    La fin de la censure cinématographique au Québec

    La tête ailleurs, 8 octobre 2011

    La Révolution tranquille aura raison du Bureau de la censure du Québec.

    Au printemps 1967, alors que l’Expo 67 fait rayonner le Québec, la Loi sur le cinéma est adoptée à l’Assemblée nationale. Une nouvelle entité est créée : le Bureau de surveillance du cinéma.

    C’est ce que raconte l’historien Yves Lever, auteur du livre Anastasie ou la censure du cinéma au Québec, au micro de Jacques Bertrand à l’émission La tête ailleurs du 8 octobre 2011.

    Le Bureau de surveillance du cinéma opère un changement radical dans le traitement des productions cinématographiques.

    Plutôt que de les interdire ou de les amputer, on leur attribue désormais une cote.

    Chaque film projeté au Québec est classé selon les catégories d’âge « pour tous », « 14 ans et plus » ou « 18 ans et plus ».

    À travers ce système, les critères d’évaluation ne reposent plus sur le jugement moral des autorités religieuses et politiques, mais bien sur le seuil de tolérance de la société, explique Yves Lever.

    À partir de 1983, c'est la Régie du cinéma qui deviendra l’organisme responsable du classement des films au Québec.

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