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Pourquoi la COVID-19 frappe-t-elle plus les hommes?

Est-ce en raison de différences biologiques ou comportementales?

Illustration montrant le coronavirus dans les mains d'un homme.

La COVID-19 frappe davantage les hommes que les femmes.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les données épidémiologiques préliminaires recueillies en Chine, en Corée du Sud et en Europe montrent clairement que la COVID-19 frappe et tue davantage les hommes. Des pistes d’explications.


Dans notre article publié à la mi-mars Tous inégaux devant la COVID-19 : qui sont les plus fragiles?, nous avons constaté que les premières statistiques à parvenir de Chine montraient déjà que les hommes présentaient plus de risques de développer la maladie et d’en mourir que les femmes.

Les dernières données concernant l’Italie, la France, l’Espagne et la Corée du Sud montrent aussi que les garçons et les hommes sont plus frappés que les filles et les femmes.

Les autorités italiennes de santé publique notent que des 13 882 infections signalées entre le 21 février et le 12 mars, les hommes représentaient 58 % des cas et 72 % des décès.

Les hommes hospitalisés présentaient 75 % plus de risque de mourir que les femmes.

Les pourcentages sont semblables en Corée du Sud. Les hommes représentent près de 62 % de l'ensemble des cas, et ils ont 89 % plus de risque d’en mourir que les femmes.

Le phénomène est également observé chez les jeunes de moins de 16 ans. Une étude menée auprès de 171 jeunes dans un hôpital chinois de Wuhan montre que 61 % des cas étaient de sexe masculin.

Le tabagisme montré du doigt

Au départ, la vulnérabilité masculine qui se dessinait était expliquée par certains chercheurs du fait que les hommes chinois fument beaucoup plus que les femmes. Des poumons endommagés par la fumée de cigarette résistent moins bien à l’infection.

Deux fumeurs chinois.

Un homme s'allume une cigarette à Shanghai.

Photo : Reuters / Aly Song

Une étude montrait que les fumeurs (Nouvelle fenêtre) représentaient environ 12 % des personnes présentant des symptômes légers, mais 26 % de ceux ayant des symptômes plus graves nécessitant des soins intensifs.

Le fait que les fumeurs se touchaient plus le visage, en portant leurs cigarettes à la bouche, a aussi été avancé pour expliquer cette réalité.

Toutefois, si le même phénomène a aussi été observé en Corée du Sud, les pourcentages de fumeurs sont nettement plus semblables en Italie, même si les hommes fument un peu plus que les femmes (28 % contre 19 %). Et pourtant, les proportions des cas et des morts selon le sexe sont semblables à celles observées en Chine. Et il semble bien qu’elles soient comparables partout sur la planète.

La cigarette ne serait donc pas la principale explication, même si elle peut représenter un facteur de risque.

Des pistes biologiques

La disparité liée au sexe pourrait également s’expliquer par des différences immunitaires relatives au sexe. Le fait que les femmes possèdent deux chromosomes X (les hommes n’en possèdent qu’un) améliorerait leur réponse immunitaire.

Il faut savoir que de nombreux gènes qui régulent le système immunitaire sont codés par le chromosome X. Il serait donc possible que certains gènes impliqués dans la réponse immunitaire soient plus actifs chez les femmes que chez les hommes.

Des travaux menés par le passé ont montré que la réponse antivirale innée des hommes est plus faible face à plusieurs infections, dont l'hépatite C et le VIH. Cela pourrait également être le cas en ce qui concerne le nouveau coronavirus, même si aucune donnée ne permet de l’affirmer hors de tout doute.

D’autres recherches menées sur des souris ont aussi montré un effet protecteur de l’hormone œstrogène contre le SRAS. La protection diminuait lorsque la quantité de l’hormone diminuait avec le vieillissement du rongeur femelle.

Dans les prochains mois, les scientifiques analyseront les dossiers médicaux des personnes qui auront développé la COVID-19 pour mieux cerner le rôle du système immunitaire dans leurs réponses à l’infection.

Une autre avenue de recherche semble aussi se profiler, et elle concerne les groupes sanguins.

L’immunité par le sang

Des résultats très préliminaires publiés par des scientifiques chinois (Nouvelle fenêtre) tendent à montrer que les personnes du groupe sanguin O présentent un risque significativement plus faible de contracter la COVID-19 que les autres groupes sanguins.

À l’opposé, celles du groupe A seraient plus à risque de l’attraper.

En fait, les groupes O éviteraient le virus quand il est porté par des personnes de groupe A ou B.

Parmi les patients hospitalisés, 37,8 % avaient le groupe sanguin A, tandis que 25,8 % avaient le groupe sanguin O.

Des comportements différents

D’autres facteurs, comme un régime alimentaire plus équilibré qu'adoptent généralement les femmes, pourraient contribuer à cette différence. Certaines études comportementales ont montré que les hommes sont moins enclins à se laver les mains et moins enclins à utiliser du savon.

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