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COVID-19 : Kashechewan veut demeurer sur son territoire durant les crues printanières

Des évacués de Kashechewan arrivent à Kapuskasing par avion.

Les résidents de Kashechewan ne seront pas évacués vers Kapuskasing ce printemps.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Première Nation de Kashechewan, sur la côte ouest de la baie James, ne veut pas être évacuée vers des communautés plus au sud lors des crues printanières qui approchent, afin de se protéger contre la propagation de la COVID-19.

La communauté élabore des plans pour permettre aux résidents de demeurer sur son territoire, dans un emplacement à l'abri des inondations.

Le chef de Kashechewan, Leo Friday, et le conseil de bande demandent de l’aide des gouvernements. Le chef dit avoir écrit des lettres au premier ministre Justin Trudeau.

« Je lui demande de nous envoyer des provisions pour que les gens puissent aller sur les terres et se déplacer sur du terrain en hauteur durant la débâcle. »

— Une citation de  Leo Friday, chef de la Première Nation de Kashechewan
Le chef de la Première Nation de Kashechewan, Leo Friday.

Le chef de la Première Nation de Kashechewan, Leo Friday

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Le chef souligne que l’implication de l’armée canadienne a même été évoquée par la communauté pour aider à l’aménagement d’un camp d’évacuation avec des tentes à l'emplacement où la communauté envisage de déménager de façon permanente.

Par contre, le chef Friday disait jeudi n’avoir reçu encore aucune réponse du gouvernement fédéral.

Les députés néo-démocrates provinciaux Sol Mamakwa et Guy Bourgouin demandent un soutien gouvernemental immédiat pour aider la communauté à déménager et ainsi éviter une nouvelle évacuation vers le sud de plus de 2000 personnes.

Avec la situation de la COVID-19, les communautés ne peuvent pas les accueillir parce que toutes leurs ressources sont prises, souligne M. Bourgouin, député de Mushkegowuk—Baie James, la circonscription où se trouve Kashechewan.

« Cette fois, les options du chef et du conseil sont limitées. Les villes qui ont accueilli les évacués de Kashechewan dans le passé, comme Kapuskasing, Timmins, Cochrane et Cornwall, sont en première ligne de l'épidémie de COVID-19 et se concentrent sur leur préparation locale - et à juste titre. »

— Une citation de  Guy Bourgouin, député provincial de Mushkegowuk—Baie James

M. Bourgouin dit avoir discuté avec le ministre des Affaires autochtones, Greg Rickford, ainsi qu'avec le député fédéral de Timmins—Baie James, le néo-démocrate Charlie Angus, qui représente aussi la communauté de Kashechewan.

Celui-ci a d'ailleurs commenté la situation jeudi après-midi lors d'une téléconférence organisée par la chambre de commerce de Timmins.

Il croit fermement que l'accueil des résidents de Kashechewan dans une communauté plus au sud serait un désastre à ce moment-ci, en raison des risques de contamination.

Il prône aussi un déménagement immédiat dans des installations temporaires sur le futur emplacement de la communauté.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

La semaine dernière, le conseil Mushkegowuk, qui représente les communautés de la côte ouest de la baie James, a déclaré l’état d’urgence relativement à la COVID-19 et aux crues printanières.

« Nous devons travailler ensemble pour établir un plan d’action. »

— Une citation de  Grand chef Jonathan Solomon, conseil Mushkegowuk
Jonathan Solomon est le grand chef du conseil Mushkegowuk, qui regroupe sept Premières Nations dans le Nord-Est de l’Ontario.

Jonathan Solomon est le grand chef du conseil Mushkegowuk, qui regroupe sept Premières Nations dans le Nord-Est de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

En même temps, au moins une ville, Kapuskasing, a indiqué qu’elle n’accueillera pas d’évacués de Kashechewan ce printemps en raison de la situation avec la COVID-19.

Du côté de Kapuskasing, on justifie la décision de ne pas accueillir d’évacués en raison de la pression additionnelle que cela pourrait entraîner sur le système de santé local en cette période de crise.

On ne peut pas exposer notre population à ce risque-là, souligne le directeur général de la Ville de Kapuskasing, Guylain Baril.

Des Autochtones qui ont été évacués à Kapuskasing.

La ville de Kapuskasing n'accueillera pas d'évacués ce printemps, en raison de la situation de crise liée à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

La ville de Timmins dit ne pas avoir pris de décision encore.

Une rencontre aura lieu la semaine prochaine avec les partis impliqués, affirme le conseiller municipal Rock Whissell.

Une porte-parole du ministère du Solliciteur général indique que le centre provincial de coordination des urgences travaille avec les communautés autochtones, le gouvernement fédéral et des municipalités sur des plans de contingence pour les saisons d’inondations et de feux de forêt.

Elle ajoute que la planification tient compte des enjeux liés à la pandémie de la COVID-19 et de demandes d’aide spécifiques des Premières Nations dans ce dossier.

Par ailleurs, la Première Nation de Kashechewan demande à ses résidents de ne pas quitter les communautés de la côte de la baie James en raison de la pandémie. Elle restreint aussi l’accès aux visiteurs dans la communauté.

Jeudi, on ne recensait aucun cas de contamination à la COVID-19 dans ces communautés.

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