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Lueur d'espoir pour les artistes

Des masques de théâtre qui montrent la gamme des émotions

Un peu de lumière au bout du tunnel...

Photo : iStock

Lyssia Baldini

Un vent de soulagement s’est fait ressentir, hier, parmi les artistes et les travailleurs autonomes du Canada, après l’annonce d'aide financière faite par le gouvernement Trudeau. L'inquiétude était vive pour tout ceux qui ont vu leurs contrats s’annuler les uns après les autres.

Les nouvelles vont vite, l’information change et évolue chaque heure. Mais, depuis hier, on respire enfin, du moins, un peu plus, chez les artistes.

Projet de loi C-13 présenté par le gouvernement Trudea

  • 2000 $ par mois pendant un maximum de quatre mois pour les travailleurs autonomes et les employés contractuels
  • 2 milliards de dollars de financement supplémentaire pour l’Allocation canadienne pour enfants
  • Un congé de six mois pour le paiement des intérêts sur les prêts étudiants
  • Le report de la date d’envoi de la déclaration de revenus au 1er juin et le report au 31 août de certains paiements d’impôts
  • Un crédit supplémentaire pour la taxe sur les produits et services de 400 $ en moyenne pour une personne seule (600 $ pour les couples).

Il y a beaucoup d’information, et notre objectif, c’est vraiment de diriger nos membres vers les bonnes informations , explique Sylvie Thériault, directrice générale du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). C’est sûr que l'annonce du gouvernement a apporté plus de clarté pour les artistes, les entrepreneurs et les gens aussi de la communauté. Mais on a encore besoin de plus de clarté parce qu’on ne se retrouve pas encore clairement dans les annonces. Mais on est là-dessus, on est à plusieurs rencontres téléphoniques aujourd'hui, on participe aussi au webinaire du ministre Guilbault pour en savoir davantage.

Le RAFA a lancé l’appel cette semaine aux artistes, aux diffuseurs et aux organismes albertains, afin d’organiser une rencontre pour faire le point.

Près d’une trentaine de personnes étaient au rendez-vous avec des questionnements et des inquiétudes similaires.

Je suis artiste à temps plein. Donc, tous mes événements sont annulés jusqu’en juin. Et je suis aussi maman de trois enfants dont je dois superviser des travaux scolaires à la maison, confie Isabelle Cliche, artiste clown et magicienne. Mes enfants sont trop jeunes pour l’école virtuelle. J’en ai un en 3e, et mes deux jumeaux en maternelle. C’est beaucoup de travail, c’est stressant parce que je ressens aussi leur angoisse et leur inquiétude. Nous, on comprend ce qui se passe, mais pour eux, c’est la fin du monde de ne pas pouvoir sortir, aller au parc et jouer avec leurs amis.

Deux enfants mesurent avec un gallon une éponge.

Isabelle doit superviser les cours de ses enfants, de deux niveaux différents.

Photo : Isabelle Cliche

Isabelle Cliche essaie tout de même de voir les choses positivement. Elle organise des sessions de Yoga du rire, sur Facebook, avec ses enfants. C'est une façon pour elle de faire rire les gens, ses enfants et d'aider la communauté. Et, depuis l’annonce faite par le gouvernement, elle se sent plus soulagée.

C’est aussi le cas de Patricia Lortie, artiste peintre, mais aussi enseignante, qui a vu sa situation se détériorer du jour au lendemain.

Personnellement, l’impact a été rapide et important. Pour moi, la base de mon salaire, c’est les cours que je donne. Je donne 12 heures de cours par semaine et, donc, j’ai dû tout annuler et, donc, mon salaire est tombé du jour au lendemain à zéro. C’est vraiment étrange de se retrouver comme ça dans une situation où tout le monde vit de l’incertitude assez sérieuse, c’est étrange. Mais je me fie un peu sur le RAFA pour nous collecter l'information et nous la transmettre de façon efficace.

Patricia Lortie, artiste

Patricia pense tout de même organiser des séances de peinture pour les jeunes de son quartier, à l'extérieur, lorsque le temps sera plus clément, les cours étant, selon elle, la source de sécurité financière la plus fiable. En état de crise, les gens ne vont pas acheter des oeuvres d’art, mais plutôt combler leurs besoins essentiels alors il faut trouver d’autres solutions , dit-elle.

Un femme est devant une toile et peint, tout en regardant la caméra.

Plusieurs jeunes ont demandé à Patricia de recommencer ses cours. L'artiste sent le besoin des jeunes à créer de l’art pour canaliser leurs émotions.

Photo : Courtoisie Patricia Lortie

Plusieurs artistes ont eu recours aux médias sociaux pour montrer leur art, d'autres continuent de chercher une façon d'avancer. Cristian De La Luna, auteur-compositeur et musicien, a aussi subi les conséquences de la crise du coronavirus : sa tournée dans l'Ouest a dû s'interrompre.

Cristian De la Luna avec sa guitare.

« Si on a un rêve, tout est possible , dit Cristian De la Luna.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini


Il en profite, maintenant que tout est en pause, pour travailler sur son nouvel album. Il est également heureux de l'aide qui sera offerte par le gouvernement.

On est vraiment chanceux de vivre dans un pays comme au Canada. C'est sûr qu'on est dans un état de crise, et c'est difficile, mais on a les ressources, on a l'appui et on a la volonté d'aider, et ça, je trouve ça formidable! Il faut garder espoir! En tant qu'artiste, c'est facile d'aller dans les pensées négatives, mais on est capable de se relever et de reconstruire ensemble.

Cristian De La Luna, auteur-compositeur

Le Regroupement artistique francophone de l’Alberta continue, de son côté, à trouver d'autres solutions. Sylvie Thériault assistera d'ailleurs à plusieurs rencontres dans les prochains jours et offrira d’autres séances d’information.

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Alberta

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