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Isolement à domicile : appel au public pour la protection de l’enfance

Un enfant essuie ses yeux en serrant un animal en peluche.

La maison n'est pas toujours l'endroit le plus sécuritaire pour les enfants, rappelle le centre Boréal.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les services sociaux recommandent vivement au public de rester attentif à tout indice de mauvais traitement ou de négligence d’enfants en cette période d’isolement à la maison pour réduire la pandémie de COVID-19.

Puisque les écoles sont fermées, les enfants victimes de mauvais traitements à la maison n’ont plus d’endroit où y échapper, explique une travailleuse sociale du centre Boréal, à Dieppe, Sylvie LeBlanc, qui aide des enfants agressés physiquement, sexuellement ou émotionnellement.

La maison est généralement considérée comme sécuritaire, mais ce n’est pas le cas pour ces enfants. C’est l’un de leurs pires cauchemars, souligne Sylvie LeBlanc.

Les enseignants et les autres intervenants à l’école ne peuvent plus voir quotidiennement les élèves vulnérables et vérifier comment ils se portent.

Dans ce contexte, la communauté, les amis, les voisins, les membres de la famille ont une plus grande responsabilité d’appeler les services sociaux s’ils remarquent des signes qu’un enfant est en danger, estime Mme LeBlanc.

La peur entoure la pandémie

De nombreux enfants ressentent plus d’anxiété à cause de la pandémie, ajoute Sylvie LeBlanc.

Elle craint que la crise et l'isolement à domicile n'entraînent des problèmes de santé mentale chez les enfants qu’elle aide.

Ces enfants, dit-elle, peuvent subir des traumas complexes s’ils demeurent dans un milieu violent. La peur exerce un effet sur le système nerveux, ajoute-t-elle.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Sylvie LeBlanc et ses collègues du centre Boréal travaillent de leur domicile respectif et ils se concentrent toujours sur les enfants qui ont besoin d’aide. Mme LeBlanc rencontre par téléphone ou par vidéo les enfants auxquels elle prodigue ses services de thérapie. Elle dit avoir pu communiquer avec chacun d'eux jusqu’à présent.

Les enfants qui ressentent de l’anxiété peuvent communiquer avec le service Jeunesse j’écoute, rappelle Mme LeBlanc. Le numéro est le 1 800 668-6868.

Des travailleurs sociaux essentiels

Le gouvernement provincial a désigné certains travailleurs sociaux comme essentiels et ils peuvent ainsi toujours intervenir en milieu familial en cas de besoin, explique le directeur général de l’Association des travailleuses et des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick, Miguel LeBlanc.

Il dit croire que la plus grande préoccupation des travailleurs sociaux en ce moment est la possibilité que des cas de mauvais traitements d’enfants ou d’adultes ne soient pas signalés au ministère du Développement social.

Miguel LeBlanc en entrevue.

Un certain nombre de travailleurs sociaux sont désignés comme essentiels, souligne Miguel LeBlanc.

Photo : CBC

Miguel LeBlanc demande aussi aux gens d’appeler les services sociaux s’ils croient qu’un enfant est maltraité ou négligé.

Il craint également que des enfants soient plus à risque en raison du stress créé par la COVID-19. Un pareil niveau de stress et d’incertitude peut faire augmenter le risque de violence et de mauvais traitement dans certains cas, explique-t-il.

Des outils technologiques améliorés

Lorsque quelqu’un porte plainte, les services sociaux ouvrent une enquête.

Le ministère a clairement stipulé que les travailleurs ne doivent sortir que pour des cas urgents et sérieux, selon Stephen Drost qui représente les travailleurs des services de protection de l’enfance à titre de président de la section 1418 du Syndicat canadien de la fonction publique. Il y a des moyens de déterminer l’urgence des cas, dit-il.

Les travailleurs sociaux qui sont toujours postés à leur bureau respectent les consignes d’éloignement social, c’est-à-dire de maintenir une distance d’environ 2 mètres entre eux pour réduire les risques de contagion.

Quant à ceux qui doivent intervenir en milieu familial en cas d’urgence, M. Drost vérifie s'ils disposent de l’équipement de protection approprié. Cet équipement se fait rare par endroits, dit-il, mais le syndicat rappelle qu’il est nécessaire pour ses membres.

D’autres employés travaillent de leur domicile. Des travailleurs sociaux auraient pu avoir encore récemment de la difficulté à faire cela.

Un examen des services de protection de l’enfance a conclu, l’an dernier, que les travailleurs sociaux manquaient d’outils technologiques de base, comme des téléphones cellulaires et des ordinateurs portables.

Le consultant George Savoury a souligné que des travailleurs sociaux partageaient un certain nombre de téléphones cellulaires sans forfait de données, ce qui compliquait leur travail.

De nombreux téléphones cellulaires ont été distribués aux travailleurs essentiels l'an dernier, ajoute Stephen Drost. Certains s’en servent pour travailler de la maison, parce qu’ils ont maintenant un forfait de données, précise-t-il.

Avec les renseignements de Karissa Donkin, de CBC

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