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Témoignages au coeur de la recherche sur le vaccin contre la COVID-19 en Saskatchewan

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Alain Fafard en tenue de protection dans le laboratoire

Au quotidien, Alain Fafard s'occupe du bien-être des animaux et des tests à effectuer sur eux, en accord avec une charte d'éthique bien précise de l'Université de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Alain Fafard

À Saskatoon, le Centre de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses de l'Université de la Saskatchewan (VIDO-InterVac) est au centre de l’attention depuis plusieurs jours. Encore peu connu du grand public il y a quelques semaines, il est devenu l’une des figures de proue de la recherche du vaccin contre la COVID-19.

Élodie Pastural et Alain Fafard sont deux employés du VIDO-InterVac. Les deux francophones ont accepté de nous livrer leurs impressions sur le travail mené sans relâche pour faire avancer la recherche et créer un vaccin fiable.

Neveu du célèbre sculpteur fransaskois Joe Fafard, Alain Fafard est vétérinaire depuis une quinzaine d’années. En 2019, il a fait le choix d'intégrer l’équipe du VIDO-InterVac en tant que vétérinaire en recherche clinique.

Créé en 1975 sur le campus de l’Université de la Saskatchewan, le laboratoire met en oeuvre son savoir-faire depuis plusieurs dizaines d’années pour élaborer des vaccins, notamment contre différentes souches de coronavirus.

Avec une récente subvention d’un total avoisinant les 28 millions de dollars de la part des gouvernements fédéral et provincial, le laboratoire de Saskatoon et ses employés sont sous les feux des projecteurs depuis quelques jours.

Les chercheurs regardent tout droit vers le reporter.

Les chercheurs de l’Organisme de recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses - Centre international de recherche sur les vaccins (VIDO-Intervac) à l’Université de la Saskatchewan. De gauche à droite : Darryl Falzarano, Swarali Kulkarni, Yurij Popowych, Jocelyne Lew and Yao Lu.

Photo : Radio-Canada / Bonnie Allen / CBC

« Nous sommes en train de ralentir les autres projets en cours. Nous devons nous concentrer majoritairement sur le coronavirus maintenant, on est pratiquement que sur ça », souligne Alain Fafard.

Pour le moment, 30% des employés du laboratoire travaillent sur le vaccin qui concerne le nouveau coronavirus. Des recrutements, de vétérinaires notamment, sont en cours pour gonfler les effectifs, précise-t-il.

La prochaine étape est désormais de tester plusieurs types de vaccins sur des furets et des hamsters dorés.

Alain Fafard, vétérinaire spécialisé en recherche clinique au VIDO-InterVac

Le Fransaskois reconnaît le caractère exceptionnel et inhabituel de cette période sans précédent pour lui. « C’est stressant. On sent la pression pour trouver ce vaccin. Il y a ce sentiment dans l’air, de l’angoisse chez tout le monde », admet-il.

« Le travail de vétérinaire est stressant, mais là, c’est une différente sorte de pression. C’est social, plus global », explique-t-il en évoquant par exemple ses voisins qui lui demandent à plusieurs reprises comment les recherches avancent lorsqu'il rentre à la maison le soir.

Un scientifique en combinaison de protection au laboratoire VIDO-InterVac de Saskatoon.

Le laboratoire VIDO-InterVac fait partie des quelques établissements de niveau 3 au pays à pouvoir accueillir et analyser des pathogènes dangereux pour l'être humain.

Photo : Radio-Canada / À titre gracieux de la part de VIDO-InterVac

Alain Fafard reconnaît qu'il peut déjà voir les premiers signes de fatigue dans les équipes de chercheurs.

« C’est plutôt une fatigue mentale et émotionnelle aussi. Comme tout le monde dans le public, on est affecté par les actualités. Oui, je me sens un peu fatigué mentalement », admet-il.

Un épuisement qu’il faudra nécessairement gérer, explique le vétérinaire, car dans les prochains jours, le laboratoire va augmenter le nombre d’expériences avec la COVID-19.

Un travail sans relâche

Élodie Pastural fait elle aussi partie de cet immense devoir d’élaboration rapide d’un vaccin contre la COVID-19.

Forte d’un doctorat en immunologie obtenu à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, elle est gestionnaire de projet au laboratoire VIDO-InterVac.

« Je m’occupe de toutes les affaires réglementaires du vaccin. C’est-à-dire entre le moment où il a été conçu en laboratoire et le moment où il est disponible, la commercialisation », explique-t-elle.

Même en accéléré, il faudra attendre au moins un an et demi [avant d'avoir un vaccin], ce qui paraît déjà très optimiste.

Élodie Pastural, gestionnaire de projet au laboratoire VIDO-InterVac

Élodie Pastural est en relation constante avec Santé Canada afin de faire état de l’avancée des recherches afin de s'assurer que les différentes phases d'essais sont sécuritaires.

Maintenant en télétravail, Élodie Pastural avoue que pour quelqu'un comme elle, qui n'aime guère l'attention, la pression est là. « C’est une pression tenable, ce n’est rien par rapport à la charge physique et mentale du personnel soignant », reconnaît-elle toutefois en insistant pour remercier tous les travailleurs de la santé.

Élodie Pastural pose devant un escalier

Alors que différents projets se réalisent chaque jour au laboratoire VIDO-InterVac, Élodie Pastural se concentre désormais uniquement sur l'élaboration d'un vaccin contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Élodie Pastural

Malgré tout, les deux francophones ont bon espoir que leur équipe réussira à créer un vaccin contre la COVID-19.

Selon le Gouvernement de la Saskatchewan, les résultats des premiers essais animaliers devraient être disponibles à la mi-avril .

« Si tout s’aligne bien avec la manufacture et la toxicologie, les essais sur les êtres humains pourraient débuter d’ici janvier 2021 », annonce Élodie Pastural.

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