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Edward Snowden craint que les mesures de surveillance accrues survivent à la pandémie

Edward Snowden en entrevue.

Edward Snowden croit que les autorités «deviendront confortables avec leurs nouveaux pouvoirs».

Photo : The Guardian/Associated Press

Radio-Canada

Plusieurs gouvernements dans le monde ont commencé à mettre en place des mesures de surveillance basées sur la haute technologie et la géolocalisation pour ralentir la propagation du coronavirus. Le lanceur d’alerte Edward Snowden craint toutefois que ces mesures restent en place après la fin de la pandémie.

Pas moins de 11 pays se servent des données de téléphones intelligents pour suivre l’évolution de la pandémie de COVID-19, localiser les personnes infectées ou identifier celles qui ne respectent pas les mesures de confinement.

En Chine, au plus fort de la crise, des scanners thermiques étaient installés dans les stations de train pour identifier les personnes ayant de la fièvre. En Russie, des systèmes de reconnaissance faciale sont utilisés pour identifier celles qui ne respectent pas les mesures de distanciation sociale.

Des villes canadiennes comme Toronto et Ottawa ont également songé à la géolocalisation pour pister la COVID-19, une stratégie que n’écarte pas complètement le premier ministre Justin Trudeau. Ce genre de mesure soulève d'épineuses questions éthiques, même si elles se sont avérées efficaces ailleurs dans le monde, notamment en Corée du Sud.

Vers une nouvelle norme en matière de surveillance?

Edward Snowden est cet ancien contractant pour la Central Intelligence Agency (CIA) et la National Security Agency (NSA) qui a révélé en 2013 l'existence de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques. Plus tôt cette semaine, il était invité à s’exprimer par vidéo dans lors du Festival international du film documentaire de Copenhague. (Nouvelle fenêtre)

Bien qu’il ne nie pas la gravité de la présente crise, le lanceur d'alerte craint que les mesures qui sont présentées comme étant exceptionnelles deviennent permanentes et que les gouvernements les détournent à des fins moins nobles, par exemple pour réprimer les dissidents politiques.

[Historiquement], l’état d’urgence tend à être prolongé. Puis, les autorités deviennent confortables avec leurs nouveaux pouvoirs. Elles commencent à aimer ça.

Edward Snowden

Il craint particulièrement l’élargissement de l’arsenal à la disposition des services de renseignement.

Ils savent déjà ce que vous regardez sur Internet. Ils savent déjà où se situe votre téléphone. Maintenant, ils connaissent aussi votre rythme cardiaque et votre pouls. Qu’est-ce qui arrive si on ajoute l’intelligence artificielle dans le lot? a-t-il demandé, inquiet.

Selon Edward Snowden, les mesures que nous déployons aujourd’hui doivent être proportionnelles à chaque phase de la pandémie. Pour respecter l’État de droit et préserver les droits fondamentaux de la personne, les gouvernements se doivent d’être transparents et de consulter la population le plus possible.

Le défi est de trouver un équilibre, aussi fragile soit-il, entre la sécurité et la protection de la vie privée, croit le lanceur d'alerte.

Avec les informations de The Next Web, et Business Insider

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