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Les physiothérapeutes adaptent leur pratique pendant la COVID-19

La téléréadaptation est mise à profit pour venir en aide aux patients.

Une professionnelle de la santé applique un bandage sur le bas du dos d'une femme assise devant elle.

La physiothérapie doit s'adapter en temps de crise.

Photo : Getty Images / LSOphoto

Imaginez que vous tentiez de guérir une blessure récurrente mais que vous ne puissiez pas rencontrer votre professionnel de la santé. C’est ce que vivent des milliers de personnes en Outaouais qui n’ont pas accès à leur physiothérapeute depuis le début de la crise de la COVID-19. 

Les physiothérapeutes n’ont plus le droit de recevoir de patients depuis deux semaines, sauf en cas d’urgence, ce qui complique le travail des entrepreneurs privés, qui doivent s’adapter. Ils misent maintenant sur le travail en ligne. 

On doit créer un nouveau service. On travaille en téléréadaptation, c’est de la physio virtuelle, explique la copropriétaire de MédiSport Physio et physiothérapeute, Marie-Claire Holland.

Elle mentionne que c’est actuellement la seule façon d’offrir un suivi à ses patients et de les traiter le mieux possible en ces temps d’isolement et de distanciation sociale.

Une physiothérapeute parle à un patient par vidéoconférence.

La physiothérapeute Marie-Claire Holland travaille beaucoup par vidéoconférence depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Photo : Gracieuseté de Marie-Claire Holland

Je dirais que 80 % de ce que je vois se traite essentiellement avec l’éducation. Ce sont les exercices et beaucoup les conseils qu’on va donner aux gens. Le corps peut faire des choses extraordinaires, mais il faut lui donner une chance. On croit beaucoup à ce traitement virtuel, poursuit Mme Holland. 

Souvent, l’excuse numéro un des patients c’est qu’ils n’ont pas le temps. Les gens ont du temps pour faire leur exercice, actuellement. Il faut voir le positif. On est là pour les aider et des fois adapter leurs programmes.

Marie-Claire Holland, physiothérapeute

J’ai offert à mes clients de répondre à leurs questions. Des fois on peut prescrire des exercices. En jasant, on a une bonne idée du problème et on peut les aider. C’est pas l’idéal, mais l'ordre professionnel nous propose de faire ça. C’est une autre facette du travail qu’on apprend à développer, ajoute Richard Turgeon, qui possède la clinique privée Alizé Physiothérapie et Ostéopathie. 

Le professionnel de longue date confirme que la clientèle offre une collaboration sans faille depuis quelques jours.

Un physiothérapeute donne ses instructions à un patient par l'entremise d'un appel vidéo.

Le physiothérapeute et ostéopathe, Richard Turgeon, fait aussi des consultations en ligne pendant la crise de la COVID-19.

Photo : Gracieuseté de Richard Turgeon

Ça touche beaucoup mon travail parce que je manipule beaucoup ma clientèle manuellement. Mais les gens sont très compréhensifs de la situation. Ils sont super empathiques, affirme M. Turgeon. 

Même son de cloche du côté de Marie-Claire Holland, même si elle s’ennuie parfois de ses techniques habituelles.

Les traitements manuels ont leur place. On peut pas faire ça en virtuel. Je blague avec mes patients en disant que je vais faire du vaudou parce que j'applique les fonctions physiothérapeutiques avec les aiguilles sèches, rigole Mme Holland, qui doit évidemment mettre les aiguilles de côté pour un certain temps.

Aussi une question de survie

Pratiquement tous les bureaux privés de la région se sont tournés vers la téléréadaptation dans les derniers jours. Ce n’est pas uniquement pour aider les patients, mais aussi sauver leurs entreprises. 

MédiSport Physio, par exemple, compte normalement 20 employés. La clinique fonctionne actuellement avec cinq personnes à temps partiel.

C’est très difficile !  Nous sommes une équipe multidisciplinaire. 80 % de mon équipe a dû arrêter de travailler ou mettre ses énergies ailleurs dans le système de santé pour combattre la COVID-19. Il faut s’adapter. On peut rester assis sur notre sort et pleurer, mais ça va rien changer, dit Mme Holland.

Des étudiants sont en train de traiter leur patient couché sur un lit.

Les techniques manuelles en personne sont proscrites pour le moment.

Photo : Radio-Canada

Chaque clinique a une réalité différente. Richard Turgeon, lui, profite du fait qu’il gère seul son entreprise.

Je suis beaucoup moins touché que beaucoup de monde. Je n’ai pas un grand bureau, ni d’employés à gérer. Je suis très minimaliste à la base, je suis seul avec mon téléphone et mon ordi. Ça simplifie les choses.

Richard Turgeon, physiothérapeute et ostéopathe

Comme il est beaucoup moins occupé que d’habitude, il compte mettre à profit ses compétences pour aider la région à traverser la crise dans les prochaines semaines en travaillant dans les hôpitaux.

J’ai mis mon nom pour travailler à l’hôpital. Plusieurs cas affectent le système respiratoire. On peut faire du clapping, des techniques de physio respiratoire. J’ai du temps et des compétences, pourquoi ne pas les utiliser ?

Le mot de la fin revient à Marie-Claire Holland.

L’important, c’est que les gens restent à la maison. Mais c’est aussi le temps de nous soutenir comme beaucoup d’entreprises locales. Les entreprises de santé donnent un service à la population et actuellement on trouve ça difficile aussi avec les restrictions, termine Mme Holland.

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