•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : le rapatriement des Canadiens en Inde risque d’être compliqué

Le reportage de Marie-Michelle Lauzon

Photo : Reuters / P. Ravikumar

Radio-Canada

Le nombre de Canadiens à l'étranger qui tentent de revenir au pays ne cesse d’augmenter. Plusieurs milliers d'entre eux se trouvent en Inde, où le gouvernement a décrété un confinement total de sa population de 1,3 milliard de personnes pour une période trois semaines.

Vivek Dehejia, un Canadien coincé à Mumbai qui tente de revenir au pays depuis des semaines, dit que la situation est vraiment difficile.

C'est presque impossible d'acheter les choses essentielles, tout est fermé, impossible de se déplacer, il n'y a même plus de vols intérieurs, témoigne-t-il.

Vivek Dehejia figure parmi les quelque 15 000 Canadiens qui se trouvent en Inde.

Un couple, dont le fils se trouve seul dans la région de Delhi, vit des moments d’angoisse.

J'ai essayé de la sortir des Indes il y a deux semaines, et déjà là, on ne pouvait pas rejoindre la compagnie avec qui il a fait son booking d'avion, alors c'est juste une situation où il y a un niveau de stress plus élevé que la normale, explique Jean-Pierre Dubé.

Je suis isolé dans ma chambre, j'ai accès à de l'eau et de la nourriture ici, raconte Rémi Dion, qui devra passer les trois prochaines semaines dans sa chambre d’hôtel.

Il y a des gens ici qui ne se peuvent pas se permettre de rester trois semaines, quatre semaines dans un pays étranger, ils ont des médicaments, des prescriptions à obtenir, puis il y aussi le fait que les logements sont difficiles à obtenir, souligne Rémi Dion.

Ça va aller en s'empirant et ça pourrait devenir dangereux, alors oui, je crois qu'il faut faire ce qu'il faut pour rapatrier [des voyageurs] au plus tôt, ajoute M. Dion.

Carole Vadeboncœur, qui habite avec une famille indienne, se sent en sécurité, mais la tension est bien présente.

Depuis une semaine, les gens nous regardent de façon différente, ils sont un peu plus inquiets. J'ai remarqué les gens, quand ils me voient, ils mettent un masque devant leur visage tout de suite, puis il y en a quelques-uns qui m'ont demandé "avez-vous le virus"? Ben non, je suis très bien, il n'y en a pas, de problème.

Carole Vadeboncœur

La situation est critique, nous avons besoin d'aide de notre gouvernement, implore Vivek Dehejia.

Ottawa dit collaborer avec le gouvernement indien.

François-Philippe Champagne, le ministre canadien des Affaires étrangères, s'est adressé aux voyageurs canadiens en Inde dans la soirée de mercredi sur Twitter. Le gouvernement canadien, dit-il, travaille à faciliter des vols dans une situation complexe.

1,3 milliard de personnes confinées

Le deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine avec 1,3 milliard d'habitants est en quarantaine depuis mercredi.

Le dernier bilan fait état de 657 personnes infectées à la COVID-19 et de 12 morts.

Souvenez-vous que même un seul pas hors de chez vous peut ramener la grave maladie du coronavirus dans votre foyer, a averti le premier ministre, Narendra Modi.

Mais des foules d'Indiens se précipitaient dans les magasins alimentaires et les pharmacies pour faire des stocks de provisions, en dépit de l'entrée en vigueur du confinement total.

Le premier ministre a précisé que les services essentiels seraient maintenus et que les citoyens seraient autorisés à sortir pour acheter des denrées alimentaires ou des médicaments.

Cependant, des commerçants de New Delhi se sont plaints d'avoir fait l'objet d'interventions policières musclées parce qu'ils avaient ouvert leur boutique.

Il est nécessaire de demander aux gens de rester chez eux, mais la majorité de la population ne peut pas se permettre de rester à la maison sans travail et sans salaire, a indiqué Madhura Swaminathan, chef du service d'analyse économique de l'Institut indien de la statistique à Bangalore.

L'Inde, principal fournisseur mondial de médicaments génériques, a annoncé mercredi l'interdiction des exportations d'hydroxychloroquine afin de pouvoir répondre à la demande intérieure.

Avec les informations de Marie-Michelle Lauzon

Avec les informations de Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Coronavirus

International