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Le stress financier des familles où les deux conjoints ont été mis à pied

Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi ces derniers jours en raison des mesures mises en place par les gouvernements pour endiguer la propagation du coronavirus. Parfois, ce sont les deux conjoints d'un même ménage qui sont touchés par une mise à pied imprévue.

Des sacs remplis de victuailles.

Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi ces derniers jours provoquant souvent un gros stress financier pour les familles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jacynthe Savoie prend l'air au parc avec ses trois jeunes garçons, Gabriel, Jeremi et Gibson. Elle essaie d'oublier la nouvelle qui a été confirmée la veille : elle et son conjoint viennent de perdre tous les deux leur emploi, du moins temporairement.

Je trouve ça très difficile psychologiquement. Mon conjoint garde bien le moral. Mais moi, étant donné que je suis plus la gestionnaire des papiers à la maison, j'ai vu le stress me cogner très fort.

Jacynthe Savoie
Des parents avec leurs trois jeunes enfants.

Jacynthe Savoie, Aaron Bowman et leurs trois enfants de 10, 6 et 4 ans sont partis d'Ontario il y a quelques mois pour s'installer en Montérégie.

Photo : Walmart de Morningside, Ontario

Ils ont réussi à repousser le paiement de leur hypothèque pour le mois prochain. Le conjoint de Jacynthe, qui est mécanicien d'ascenseur, aura droit à l'assurance-emploi. Mais pour elle, qui n'est de retour sur le marché du travail que depuis quelques mois, la situation est moins claire. Pour le moment, je ne le sais pas si je vais avoir de l'aide financière de mon gouvernement ou si je vais y aller soit avec la carte de crédit ou la marge de crédit, dit-elle. Mais on ne veut pas avoir à payer nos factures, notre épicerie avec notre carte ou notre marge de crédit, parce que ça va être terrible. Ça va nous prendre du temps repayer ça!

Elle confie que le futur lui fait peur en ce moment. Surtout qu'elle n'a reçu aucune garantie de la part de son employeur qu'elle sera réembauchée, une fois la crise passée. Malgré cette situation angoissante, Jacynthe tente de garder le sourire. L'ambiance à la maison est malgré tout assez bonne parce qu'avec les enfants, on n'a pas le choix! indique-t-elle. On n'a juste pas le choix de regarder en avant et de continuer. On garde le moral, on se dit que ça va bien aller et on dessine des arcs en ciel! Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?

On a décidé de vivre ça dans le calme

Deux jeunes garçons à table, devant leur dîner.

Brian et Dominic Belley sont bien heureux de ne pas devoir aller à l'école, mais leurs parents peinent à les maintenir occupés.

Photo : Roxanne Parenteau

La famille Parenteau-Belley, de Varennes, est aussi sans revenu depuis la semaine dernière. Les conjoints ont leur entreprise de peinture en bâtiment et ont cessé d'accepter de nouveaux contrats. Roxanne Parenteau est incertaine quant aux prestations spéciales auxquelles sa famille aura droit. Présentement, ce n'est pas assez clair pour que je dise : "Oui, c'est ce programme d'aide là qui va être pour nous", expose-t-elle.

Les allocations familiales qu'elle reçoit pour ses trois enfants permettent d'assurer le paiement de certaines de leurs factures, mais pas de toutes. Si, d'ici deux semaines, je ne sais pas si la situation va se replacer ou à quelle aide nous avons droit, je vais commencer à me demander comment aborder la suite, explique-t-elle.

La famille est locataire. Pour le moment, elle n'a pas conclu d'entente pour suspendre ou reporter le paiement du loyer, mais Roxanne espère que sa propriétaire sera conciliante si la situation devient intenable financièrement. Je ne suis pas encore inquiète, mais c'est sûr que si j'ai le choix entre nourrir mes enfants ou payer le loyer, bien je vais nourrir mes enfants, tranche-t-elle.

Et puisqu'elle est encore loin d'être devant ce type de dilemme, Roxanne tente de prendre la situation avec sérénité.

Puisqu'on n'a pas de contrôle sur la situation, on a décidé de vivre ça calmement et dans l'amour dans notre maison, et d'essayer de pas trop se stresser sur le plan financier. De toute façon, on n'y peut rien pour l'instant.

Roxanne Parenteau

On va tâcher de s'épauler

Un couple assis sur un sofa.

Maximilien Jean et Lori Chiaradia travaillent tous les deux dans le milieu de la restauration et se retrouvent soudainement sans revenu en raison des mesures prises par les gouvernements pour contrer la propagation du coronavirus.

Photo : Pierre-Alexandre Henley

Pour Maximilien Jean et sa conjointe Lori Chiaradia, le temps s'est aussi suspendu. Lui est copropriétaire d'un restaurant ouvert depuis à peine un an à Montréal et qui a dû fermer temporairement ses portes. Elle était gérante adjointe dans un bar; elle est aussi sans revenu.

Maximilien a peur pour son entreprise, même s'il apprécie avoir enfin le temps de se reposer un peu. C'est assez stressant. J'avais réussi à mettre quelques sommes de côté qui vont me permettre de subsister pendant quelques mois sans trop m'inquiéter, confie-t-il. Mais dans le cas de ma copine, qui est à temps partiel aux études, la détresse financière va arriver plus rapidement. On va tâcher de s'épauler. Mais ça ne reste pas facile jusqu'à l'arrivée du premier chèque d'assurance-emploi.

Lui aussi essaie de démêler les programmes d'aide pour savoir à quoi il aura droit.

On demeure plus économe, on vit sur nos réserves, on fait avec ce qu'on a. Et puisque les loisirs ont pris le bord, ça fait des dépenses de moins.

Maximilien Jean

Tous espèrent que les mesures de distanciation sociale en place permettront de contrôler efficacement l'évolution du coronavirus, afin qu'il y ait un retour à la normale le plus rapidement possible et que leur stress financier puisse s'estomper.

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