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Garder les magasins d'alcool ouverts dans le Nord, une question de santé publique

Les médecins hygiénistes en chef des trois territoires affirment que les bénéfices à en tirer sont plus importants que les risques liés à l’interdiction de la vente d’alcool pour limiter la transmission de la COVID-19.

Un magasin d'alcool de Yellowknife.

Les magasins d’alcool du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut sont toujours ouverts, mais ils appliquent les recommandations de distanciation physique faites par les autorités sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Alors que les territoires du Nord multiplient la fermeture de leurs établissements, les autorités sanitaires affirment vouloir maintenir la vente d’alcool pour éviter l’engorgement de leur système de santé.

Le médecin hygiéniste en chef du Nunavut, Michael Patterson, croit que la fermeture du magasin de bière et de vin d'Iqaluit risque d'entraîner un lot de débordements dans la communauté, comme l'apparition de contrebande d’alcool, une vulnérabilité accrue des personnes dépendantes et une pression sur le système de santé.

La fermeture [du magasin] causerait une hausse du nombre de sevrages d’alcool, ce qui pourrait entraîner des situations potentiellement mortelles.

Michael Patterson, médecin hygiéniste en chef du Nunavut

Les médecins hygiénistes en chef du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, Brendan Hanley et Kami Kandola, sont du même avis.

Fermer les magasins [d’alcool] entraînerait une hausse de la demande dans le système de santé, puisque les personnes dépendantes à l’alcool requièrent des soins particuliers, ainsi que sur les services de police et le système de police en raison de l'augmentation potentielle de la violence et de la contrebande, a indiqué le gouvernement ténois, dans un échange de courriels.

Au territoire, les sept magasins d’alcool ne sont pas considérés comme des fournisseurs de services essentiels, car ils relèvent d’entreprises privées. Les autorités croient tout de même qu’il y a plus d’avantages à maintenir ces magasins ouverts qu’à les fermer pour limiter les risques de transmission de la COVID-19.

Brendan Hanley ajoute pour sa part que la fermeture des magasins d’alcool causerait un stress social lié à un manque de services dans la société.

Le médecin hygiéniste en chef du Yukon, Brendan Hanley, fait une allocution lors d'un point de presse.

Le médecin hygiéniste en chef du Yukon, Brendan Hanley, croit que la fermeture des magasins d’alcool poserait des risques accrus de contrebande et un stress social pour les habitants.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Le mot d'ordre : distanciation sociale

Au Nunavut, le magasin de bière et de vin est l’un des premiers établissements d’Iqaluit à avoir installé des démarcations de distanciation physique au sol, une mesure essentielle pour limiter les risques de transmission du nouveau coronavirus, selon le Dr Patterson.

« Il n’y a aucun cas de COVID-19 au territoire et à Iqaluit, a-t-il rappelé. Et les méfaits causés par l’éventuelle fermeture [du magasin] risquent de dépasser les bénéfices à en tirer. »

Des rubans adhésifs sont collés sur le plancher d'un magasin pour rappeler aux clients de garder leurs distances les uns entre les autres.

Le magasin de bière et de vin d'Iqaluit a rapidement mis en place des mesures préventives pour empêcher la transmission de la COVID-19.

Photo : CBC / Nick Murray

Au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest, les autorités sanitaires assurent que les magasins ont aussi dû mettre en application leurs recommandations qui concernent la distanciation physique et la réduction des heures d’ouverture des magasins d’alcool.

Du soutien disponible

Katherine Martin, la responsable d’un groupe de Narcotiques anonymes (N.A.) destiné aux femmes d’Iqaluit, abonde dans le même sens que les autorités sanitaires.

Je pense que c’est une bonne façon de réduire les méfaits, mentionne-t-elle.

La dernière chose que la communauté veut est de voir des personnes dépendantes à l’alcool ou aux drogues dans des cas de désintoxication, surtout dans l’éventualité où les hôpitaux risquent d’être engorgés par des cas de COVID-19.

À l’heure actuelle, les autorités sanitaires recommandent aux habitants de rester chez eux autant que possible, ce qui rend la tâche d’autant plus ardue pour les personnes alcooliques, indique Katherine Martin.

Édifices derrière les glaces.

À Iqaluit, les bars et les restaurants ont dû fermer leurs portes, tandis que le magasin de bière et de vin demeure ouvert.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Si vous êtes contraint de rester chez vous et que vous devez vous isoler avec des membres de votre famille et que certains d’entre eux consomment contrairement à vous, alors ce sera vraiment plus difficile, croit-elle.

Katherine Martin explique que, même si les séances de Narcotiques anonymes sont suspendues en raison de la crise sanitaire, plusieurs ressources sont accessibles aux personnes dans le besoin. Elle donne notamment l’exemple de l’application de messagerie vidéo Zoom.

Nous sommes tous disponibles sur Facebook et par téléphone, affirme-t-elle.

« Il est possible d’obtenir de l’aide [et] il existe d’autres options qui n’impliquent pas de sortir de chez soi pour se rendre à une rencontre, ajoute-t-elle. Il y a beaucoup de choses qui peuvent se faire. »

Les groupes de Narcotiques anonymes sont destinés aux personnes souffrant de dépendances de nature diverse.

Avec des informations de Jackie McKay et Mario De Ciccio

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