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Des traitements de chimio repoussés en attendant un test pour la COVID-19

Delphine Lafrance Lafrenière dans son appartement via Skype.

Delphine Lafrance Lafrenière est atteinte d'un cancer du poumon.

Photo : Radio-Canada

Pascal Poinlane

Alors qu’elle se bat pour sa vie, une femme de 38 ans atteinte d’un cancer du poumon a vu ses traitements de chimiothérapie repoussés dans l'attente d'un test de la COVID-19. Après plusieurs démarches, Delphine Lafrance Lafrenière parviendra toutefois à passer un test plus rapidement.

Inopérable, mais pas incurable, Delphine Lafrance-Lafrenière a 55 % de chance de guérir son cancer du poumon de stade 3. La mère de deux enfants, dont l’un de 18 mois, a appris la terrible nouvelle le 12 février.

Le diagnostic est clair, mais le chemin de la guérison est complexe. Son équipe médicale privilégie les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie. La radiothérapie est déjà commencée. Mais le protocole médical a été suspendu lorsqu’elle a commencé à faire de la fièvre et à tousser.

C’est difficile. On parle de mes chances de survie qui sont en jeu avec les traitements suspendus. C’est très difficile.

Delphine Lafrance-Lafrenière

Le jeudi 19 mars, la mère de deux enfants a avisé son équipe médicale qu’elle éprouvait des symptômes grippaux. Elle a passé la journée à l’urgence pour subir différents tests.

Le mardi suivant, elle a reçu un appel du centre d’oncologie pour lui annoncer que ses traitements de chimiothérapie étaient annulés. Il lui fallait d’abord obtenir la preuve qu’elle n’était pas atteinte de la COVID-19.

Delphine Lafrance-Lafrenière a ensuite reçu un rendez-vous pour passer un test le vendredi 27 mars en soirée. La mère de famille estimait alors qu’elle n’était pas traitée en priorité, malgré son cancer.

On oublie qu’il y a des gens qui sont dans le système de santé et qui sont en situation d’urgence, dont la vie est en danger. Je pense que je suis tombée entre les mailles du filet, se désole-t-elle.

Dénouement inusité

Après nous avoir accordé une entrevue, la femme de 38 ans a finalement reçu un appel pour aller passer un test de la COVID-19 dans les plus brefs délais à la clinique à l’auto.

Il est difficile de savoir si ce traitement accéléré a été provoqué par les démarches de son infirmière pivot, par ses propres démarches ou par nos démarches journalistiques.

De son côté, l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie du Québec (IUCPQ) ne dévoile pas le nombre de patients qui sont dans la même situation que Delphine Lafrance-Lafrenière.

L’institut rappelle que les patients qui se trouvent dans une situation semblable peuvent en tout temps contacter leur infirmière pivot.

« L'infirmière et le médecin feront le suivi approprié avec la patiente, selon sa condition médicale, soyez sans crainte », a déclaré Joël Clément, porte-parole de l'IUCPQ.

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