•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Peut-on (déjà) rire de la pandémie de la Covid-19?

Un montage photo représentant un clown, une femme, un homme et un emoji incertain.

La chroniqueuse et humoriste Léa Stréliski et l'auteur Daniel Thibault se renvoient la balle sur Twitter, y allant allègrement de blagues au sujet de la Covid-19.

Photo : Radio-Canada

« Je vous rappelle qu’on a déplacé l’Halloween à cause de la pluie, je pense qu’on peut déplacer une coupe d’affaires pour une pandémie », écrivait Léa Stréliski sur ton fil Twitter, le 12 mars dernier. L’humoriste et chroniqueuse a choisi de rire des secousses sociales créées par le coronavirus. L’auteur et scénariste Daniel Thibault croit lui aussi que l’humour peut faire diminuer l’anxiété.

Aussitôt que les commerces se sont vidés de leurs paquets de papier hygiénique, les blagues au sujet des acheteurs compulsifs ont circulé à profusion sur les réseaux sociaux.

Pour Daniel Thibault, diplomé de l’École nationale de l’humour et coauteur de la série Ruptures,  le lien entre actualité et humour est si fort qu’il s'avère impossible de les dissocier. Convaincu qu’il est sain, voire nécessaire, de rire des situations qui sont hors de notre contrôle, l’auteur se fait un plaisir de lancer quelques plaisanteries sur son compte Twitter.

Celui qui a même fait des blagues aux funérailles de sa mère croit que le rire peut diminuer le stress. Il y a une forme de défoulement pour moi. C’est une façon de passer l’anxiété, de blaguer sur différents sujets, explique-t-il.

Toutefois, Daniel Thibault considère qu’il faut faire preuve de sensibilité lorsqu’on veut faire des plaisanteries sur un sujet pouvant s’avérer anxiogène pour plusieurs... comme une pandémie.

L'homme porte un casque.

Daniel Thibault, scénariste

Photo : Radio-Canada/Louis-André Bertrand

Je crois personnellement que, oui, il est permis de rire de tout. Mais c’est sûr que la sensibilité de tout le monde n’est pas la même. Il faut faire attention à ce qu’on dit, mais c’est terriblement sain de rire quand on est anxieux.

Daniel Thibault, auteur, scénariste et humoriste

L’humoriste et chroniqueuse Léa Stréliski ajoute qu’un humoriste qui joue sur la peur des gens doit vraiment cerner le bon angle pour que la plaisanterie soit bien reçue par le public.

Demande-toi d'où part ta blague, soulève-t-elle.Si elle vient de ton intérieur, de ton amour pour ton prochain, de ton regard pour la vie et ton prochain, tu es correct.

« Ceci est mon nouveau normal »

Entre ses chroniques à la radio, ses interactions avec le public et ses trois enfants, Léa Stréliski carbure aux contacts humains. Être presque coupée de l’énergie qui l’anime en étant confinée à la maison lui a fait perdre « tous ses repères » et elle a dû s’adapter comme plusieurs. Désormais, elle accepte.

Pourquoi je capotais au début? C’est parce qu’on avait tous le deuil de la vie comme on la comprenait avec nos rôles, avec ce qu’on faisait. Maintenant, j’ai fait le deuil. Maintenant, ça, c’est ma vie, et je vais continuer à me promener - très rarement, mais quand même un petit peu - et observer la vie comme elle est maintenant, puis ça va rester ma source d’inspiration.

Léa Stréliski, chroniqueuse et humoriste

Entre autres projets, Léa Stréliski a publié en octobre dernier le livre La vie n’est pas une course. Le titre est de circonstance pour la mère de famille qui tente de garder l’équilibre dans son quotidien chamboulé.

Léa Stréliski est chroniqueuse et humoriste.

Léa Stréliski, chroniqueuse et humoriste

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Si elle est d’avis qu’il faut se tenir informés des derniers développements de l’actualité, elle prêche aussi pour une distanciation volontaire des sources d’information. Quelques « J’aime » sur un statut peuvent faire du bien, selon la chroniqueuse, mais la vie virtuelle ne doit pas prendre le dessus sur le réel.

Les médias sociaux peuvent avoir un effet très nocif parce que t’oublies de manger, t'oublies de te brancher sur tes enfants, t’oublies toutes les choses qui nourrissent ton corps, rappelle Mme Stréliski. Il faut que tu te débranches pour aller faire un gâteau, parce si tu fais juste écouter les nouvelles toute la journée et regarder les médias sociaux, il y a moyen de virer fou!

Après le papier de toilette

Les deux adeptes de l’humour sont catégoriques : les blagues sur les rouleaux de papier hygiénique sont déjà dépassées. Elles ont vite été déclassées, notamment par celles sur les parents qui tentent tant bien que mal de gérer leurs enfants à la maison ou encore par les plaisanteries au sujet des frontières fermées entre les pays.

L’actualité changeante nourrit le feu roulant de l’humour.

À écouter : les entrevues de Daniel Thibault et Léa Stréliski dans l’émission Les Matins d’ici

Tant qu’il y a de nouvelles informations, il y a des angles pour rire de la situation de façon positive, soutient Daniel Thibault, qui n’envisage pas que les humoristes manqueront d’inspiration de sitôt.

Léa Stréliski renchérit que même lorsque l’heure est grave, et que rire ne lui fait pas envie, elle ne peut s’empêcher d’être inspirée par la nouvelle vie qu’elle apprivoise. Quand elle va rechanger, l’inspiration changera. C’est ce que je fais dans la vie : j’observe les choses!, déclare la chroniqueuse.

L’humour, quand tu l’as, c’est un langage. C’est juste tes observations personnelles, donc je ne m’arrête pas parce qu’on est en temps incertain. Je continue à observer des choses et à trouver les angles comiques ou cocasses dans des situations de la vie.

Léa Stréliski, chroniqueuse et humoriste

Daniel Thibault est d’avis que s’il déjà est possible de rire de la Covid-19, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Les États-Unis sont pris avec Trump depuis 2016 et les talk-shows du soir font encore des blagues sur lui à profusion parce qu’il se renouvelle constamment dans la bêtise, compare-t-il.

Mieux vaut en rire, donc, selon eux. Et s’y faire, puisque la Covid-19 n’a pas fini de faire jaser.

Avec les informations de Mélanye Boissonnault

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !