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Des demandeurs d’asile entament une grève de la faim pour avoir droit au confinement

Une porte dans une clôture à mailles de chaîne, coiffée de barbelés.

Une entrée du centre de détention pour immigrants de la montée Saint-François, à Laval

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une dizaine de demandeurs d’asile ont entamé une grève de la faim, mardi, au Centre de surveillance de l'immigration de Laval (CSIL), et demandent leur libération pour éviter d'être contaminés par le coronavirus. Ils estiment avoir droit aux mesures de confinement « comme tous les Canadiens », malgré leur situation irrégulière.

On ne se sent pas en sécurité, dit Abdoul Sall*, joint par téléphone à l’intérieur du centre. Avec les gardes qui entrent et sortent, on a peur. C’est vrai qu’on a accès à des médecins et des infirmières, mais si une personne malade venait à entrer en contact avec nous, on est tellement près les uns les autres que c’est certain qu’on l’attrape tous.

Depuis mardi, sur la trentaine d’hommes présentement en détention, une dizaine a décidé de ne rien manger et de ne boire que de l’eau pour une durée indéterminée.

Si, dans trois ou quatre jours, on ne voit pas de changement, on va cesser de boire de l’eau, ajoute le demandeur d’asile d’origine sénégalaise, arrivé il y a plusieurs mois par le chemin Roxham.

Il y a parfois jusqu'à 15 demandeurs d’asile par chambre au CSIL, selon M. Sall. Depuis mardi, de nouvelles mesures de distanciation sociale ont toutefois été appliquées, et les détenus ont maintenant droit à un lit d’espacement entre eux.

Mais ça ne sert à rien, dénonce M. Sall. On vit les uns sur les autres. On veut juste avoir accès au confinement, comme tout le monde.

Le 19 mars, l’organisme Solidarité sans frontières a lancé une pétition demandant leur libération, car il voyait arriver de nouvelles personnes potentiellement contaminées par le coronavirus à l'intérieur des murs du centre.

Le Centre de surveillance de l’immigration de Laval peut accueillir jusqu'à 109 personnes dans trois sections, respectivement pour les hommes, les femmes, et les familles et les mineurs non accompagnés.

On y trouve des étrangers qui représentent un danger pour la population canadienne, qui ne sont pas en mesure de prouver leur identité ou qui seraient susceptibles de se soustraire aux enquêtes et procédures de Citoyenneté et Immigration Canada.

Au moment de publier cet article, l'Agence des services frontaliers n'avait pas répondu à nos questions.

* Nom fictif

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