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Une application pour retracer les mouvements des cas de COVID-19

L'application MATAR-19 permet de suivre les déplacements de l'utilisateur grâce à la géolocalisation.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un groupe de développeurs québécois travaille sur une application mobile qui permettrait d'accélérer le processus d'enquête épidémiologique lorsqu'une personne est infectée à la COVID-19.

L'ingénieur Jean-Philippe Monfet, basé à Saguenay, est l'idéateur du projet au Québec. Une campagne de sociofinancement (Nouvelle fenêtre) a été mise sur pied pour le financer, car les développeurs y travaillent à titre bénévole. À 19 h mercredi, 2855 $ avaient été amassés sur un objectif de 10 000 $.

Cette initiative progresse alors que le gouvernement fédéral et certaines provinces pensent à utiliser la géolocalisation de nos cellulaires pour retracer l'itinéraire des personnes atteintes de la COVID-19, mais avant leur diagnostic. Le maire de Toronto, John Tory, a soulevé l'idée lundi soir et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été questionné sur le sujet mardi, n'écartant pas complètement l'idée.

En Corée du Sud, cette méthode explique une partie du succès de ce pays dans la lutte à la COVID-19. En vertu d’une nouvelle législation, le gouvernement sud-coréen collecte des données sur les téléphones portables et les cartes bancaires des personnes dont le test est positif. L’objectif étant de reconstituer leurs déplacements récents, avant qu’elles n'aient été testées. Ces informations, dépouillées de leurs identifiants personnels, sont partagées sur des applications de médias sociaux, ce qui permet à d'autres gens de savoir s’ils ont pu croiser le chemin d'une personne infectée.

Un principe simple

Pour l'application de Jean-Philippe Monfet et ses collègues, le principe est simple. Il s'agira de télécharger l'application MATAR-19 sur un téléphone qui utilise la géolocalisation pour connaître tous les va-et-vient de l'utilisateur. Dans l'éventualité où une personne attrape le virus, il est alors possible de connaître les personnes qu'elle a croisées et potentiellement contaminées.

Et là, les téléphones qui ont un ''match'' entre la trace de la personne et les données enregistrées vont pouvoir informer la Direction de la santé publique (DSP). Cette personne-là, le numéro XYZ, appelez-le. Il y a des bonnes chances qu'il ait été en contact.

Jean-Philippe Monfet, idéateur du projet

La technologie devient alors une alliée au service de la santé publique.

Sur mon téléphone, j'installe l'application, puis à partir de ce moment-là, où je suis, à quel moment, c'est enregistré sur mon téléphone et ça reste sur mon téléphone en tout temps. Avec ça, la DSP peut identifier que cette zone-là, si moi je suis contaminé ou confirmé positif, c'est une zone de propagation à risque entre telle heure et telle heure au Metro ou au IGA. Donc ils peuvent dire : "On va analyser qui était là à ce moment-là", a-t-il expliqué.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Lorsque des cas sont confirmés de COVID-19, une enquête épidémiologique est alors lancée pour tenter de retracer toutes les personnes qui auraient pu croiser ou rencontrer la personne infectée. C'est à cette étape que Jean-Philippe Monfet aimerait accorder un coup de pouce majeur.

Au Québec, jusqu'à il y a pas longtemps, on avait quelques cas par jour, par région. Ça allait relativement bien j'imagine, mais c'est quand-même de l'ouvrage, beaucoup d'ouvrage. Si dans une semaine ou deux on a dix fois plus, 100 fois plus de cas, comment est-ce qu'ils vont être outillés ces personnes-là pour faire leurs enquêtes? On a réfléchi à ça et on s'est dit qu'il y avait peut-être une solution technologique qui pourrait nous aider.

Selon Jean-Philippe Monfet, l'application qu'il aide à développer ne créerait aucun problème d'utilisation de données privées.

L'application utiliserait les données de localisation qui sont déjà enregistrées dans nos téléphones intelligents. On ne partage pas de données. On enregistre sur le téléphone de la personne ses propres emplacements dans un format que la DSP va pouvoir utiliser. Donc, il n'y a pas d'enjeux de vie privée. Si un jour je suis potentiellement infecté ou confirmé positif, la Santé publique va pouvoir me demander ''Est-ce qu'on peut avoir accès à votre téléphone pour savoir où vous étiez?'' en plus des questions qu'ils posent aux personnes, a-t-il conclu.

L'équipe de développeurs espère la rendre disponible au public le plus rapidement possible.

D'après un reportage de Philippe L'Heureux

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Saguenay–Lac-St-Jean

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