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Annulation des séries de la LHJMQ : une pilule nécessaire, mais difficile à avaler

McKenna est immobile, devant ses coéquipiers, après son but.

Jérémy McKenna a inscrit le deuxième but des Wildcats lors du quatrième match de la série.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

Mathieu Massé

L’édition 2020 des Wildcats de Moncton avait de quoi rêver pour les séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). La troupe de Daniel Lacroix, forte d’un magasinage solide pendant la fenêtre d’échange du temps des fêtes, avait bien entendu la Coupe Memorial dans le viseur. Le sort en a décidé autrement.

Le gouverneur de l’équipe, Jean Brousseau s’est confié à Radio-Canada sur cette fin de saison en queue de poisson.

Joint au téléphone, en ces temps de distanciation sociale, le gouverneur des Wildcats ne tente même pas de cacher sa déception et pourquoi le ferait-il? Pour des équipes qui avaient le potentiel de tout gagner, c’est sûr que c’est une pilule qui est difficile à prendre, mais quand on regarde tout ce qui se passe dans le monde, tout ça est très, très relatif, tempère-t-il.

La différence avec la Ligue nationale, commence Jean Brousseau, c’est qu'eux, ils peuvent se reprendre. Nous, nos équipes sont éphémères! Il fait ici référence au fait que dans le hockey junior, les joueurs ont une fenêtre d’environ quatre ans pour se développer, percer l’alignement et peut-être (rarement!) être repêchés par la Ligue nationale de hockey. Si une équipe possède assez de ces joueurs au bon moment, elle peut aspirer aux plus grands honneurs.

L’édition 2019-20 des Wildcats avait vraiment tout pour faire voir des étoiles à leurs partisans et pas seulement au sens figuré. La qualité des joueurs sur l’alignement illustrait très bien la maturité atteinte par l’équipe des Maritimes. Jared McIsaac, Benoît-Olivier Groulx, Jakob Pelletier, Alexander Khovanov et Jeremy McKenna auront tous leur chance de percer dans la LNH à un moment où un autre dans les deux prochaines années.

L'attaquant Jakob Pelletier dans l'uniforme des Wildcats de Moncton

L'attaquant Jakob Pelletier dans l'uniforme des Wildcats de Moncton.

Photo : Getty Images / Mathieu Belanger

Je pense que c’est une des meilleures équipes que le personnel hockey, on a mis sur la glace [en 24 saisons].

Jean Brousseau, gouverneur des Wildcats de Moncton

L’expérience de la Coupe Memorial de l’année passée venait avec Benoît-Olivier Groulx, Jared McIsaac (avec les Mooseheads, ils ont atteint la finale) et Ryan MacLellan (avec les Huskies de Rouyn Noranda, il a soulevé le précieux trophée). L’équipe pouvait aussi compter sur des vétérans comme Mika Cyr et sur des recrues prometteuses comme Zachary L’Heureux. Ce qui me fait le plus de peine sur le plan personnel, c’est qu’ils n’auront jamais la chance de démontrer tout leur savoir-faire dans des séries et dans une potentielle Coupe Memorial, laisse tomber M. Brousseau.

Ça va passer à l’histoire comme un groupe de joueurs qui n’auront jamais pu savoir leur plein potentiel comme équipe.

Jean Brousseau, gouverneur des Wildcats de Moncton

N’allez surtout pas croire que les Wildcats ne comprennent pas la situation. La déception est amère, mais aucun doute que la décision prise par la ligue est la bonne. Les Wildcats, tout comme les Sagnéens de Chicoutimi ou le Phoenix de Sherbrooke, font partie des nombreux dommages collatéraux de cette guerre contre la COVID-19.

Compensations à venir?

Pour le moment, Jean Brousseau n’a aucune idée si une quelconque compensation pourrait être offerte aux équipes qui ont sacrifié de nombreux choix aux repêchages pour acquérir des joueurs de qualité en vue de l’après-saison.

Pour le moment, les discussions qu’on a eues concernent surtout la sécurité des joueurs et du personnel. On ne sait même pas quelles seront les modalités pour jouer l’année prochaine. Selon lui, comme partout, il y aura dorénavant un avant et un après la COVID-19.

À quel genre de changement peut-on s'attendre? Il est encore trop tôt pour le dire, affirme-t-il.

Chose certaine, Jean Brousseau est loin de jeter la serviette. Il persiste à dire que si les Wildcats de Moncton ne seront pas aussi compétitifs qu'en 2019-20, les partisans auront tout de même du bon hockey à se mettre sous la dent pour la 25e saison qui devrait s'amorcer en septembre.

Entrée vestiaire avec logo et inscription Moncton Wildcats.

Les Wildcats de Moncton sont propriété de Robert Irving depuis 1996.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Fin de carrière pour Mika Cyr

Pour de nombreux joueurs de 20 ans dans la LHJMQ, c’est non seulement le rêve d’une Coupe Memorial qui disparaît en fumée, c’est aussi leur carrière junior qui se termine. Sans applaudissements de la foule, sans un dernier discours de l’entraîneur et sans un regard ultime avant de quitter la glace pour la dernière fois.

Mika Cyr

Mika Cyr joue sa dernière année avec les Wildcats de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

C’est le cas de Mika Cyr, de Saint-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick. Je pense que c’est un peu injuste. Je crois que tous les gars de 20 ans dans la ligue ont un peu ce feeling-, expose-t-il. Mais avant la frustration, le joueur qui s’alignera avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton l’année prochaine affirme comprendre l’importance de ce qui se passe actuellement.

Je pense que ça va au-delà du hockey. Le hockey, c’est un jeu, puis quand ça vient à la sécurité du monde, de nos familles et nos proches, on respecte la décision de la ligue.

Mika Cyr, joueur des Wildcats de Moncton

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