•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Injection supervisée : le CIUSSS va de l'avant sans Point de Repères

Rangée de cabines au site d'injection supervisé de l'organisme Cactus, à Montréal, le 26 juin 2017.

La première phase des services de consommation de Québec prévoit l'aménagement de huit cubicules.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

David Rémillard

Incapable de s'entendre avec son partenaire Point de Repères, le CIUSSS de la Capitale-Nationale lance un appel de projets à tous les organismes communautaires de la région pour l'implantation de services de consommation supervisée.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a fait parvenir les documents nécessaires aux organismes au cours des derniers jours.

Allant de report en report, l'organisation ne voulait plus attendre, explique Patrick Duchesne, directeur des programmes santé mentale, dépendances et itinérance.

La priorité, c'est d'offrir le service le plus rapidement possible, dit-il en entrevue à Radio-Canada. La volonté du CIUSSS est d'offrir le service dès l'automne 2020.

Les organismes communautaires ont jusqu'au 4 mai pour déposer leur projet. En pleine pandémie de la COVID-19, cela leur laisse tout au plus une quarantaine de jours pour y arriver.

À ce sujet, M. Duchesne assure qu'il y aura une flexibilité quant à l'échéance, au besoin.

Des usagers dans La Roulotte, à Ottawa

Les sites de consommation supervisée permettent aux personnes utilisatrices de drogue par injection de consommer dans un environnement sécuritaire, stérile, légalement et sous supervision en cas de surdose.

Photo : Radio-Canada

Selon l'appel de projets, dont Radio-Canada a obtenu copie, l'organisme choisi devra être en mesure d'offrir des services de consommation supervisée (SCS) 16 heures par jour, 7 jours sur 7. Pour cette première phase, le site devra compter huit espaces pour les personnes utilisatrices de drogue par injection (UDI).

Les besoins régionaux associés à l’implantation de SCS sur le territoire de la ville de Québec sont suffisamment bien compris pour aller de l’avant dans la mise en place de tels services.

Extrait de l'appel de projets du CIUSSS de la Capitale-Nationale

Il est d'ores et déjà acquis que le service doit être offert en Basse-Ville de Québec, près des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, où se trouve la majorité des personnes UDI.

L'entente sera d'une durée de trois ans, ajoute-t-on, à raison d'un financement de 350 000 $ par année. Les besoins seront réévalués par la suite.

Visions différentes

Cette annonce vient en soi confirmer que Point de Repères et le CIUSSS ne sont pas parvenus à s'entendre sur un projet commun, et ce malgré des années de travail conjoint.

Après avoir annoncé un terrain en 2018, les deux organisations ont fait marche arrière quelques mois plus tard, notamment en raison de la grogne populaire quant au choix du premier site.

Un nouveau terrain a été confirmé en novembre dernier, cette fois à l'angle des rues du Prince-Édouard et Saint-Anselme. Mais comme ce nouveau terrain est une propriété du CIUSSS, un établissement de santé, les règles du jeu semblent avoir changé. Des divergences de vision sont apparues.

Les deux parties ne cachent plus cette mésentente.

Mario Gagnon, directeur général de Point de Repères, un organisme d'aide aux personnes toxicomanes, en entrevue dans son bureau

Mario Gagnon, directeur général de Point de Repères

Photo : Radio-Canada

Point de Repères, qui prône un projet davantage communautaire, a manifesté des inquiétudes devant les intentions du CIUSSS de greffer d'autres services dans le bâtiment neuf qui abriterait aussi les services de consommation supervisés.

Encore aujourd'hui, Mario Gagnon, directeur général de Point de Repères, craint que les consommateurs, avec qui il travaille depuis près de 30 ans, ne fréquentent pas un lieu trop institutionnel. C'est un élément central, avec lequel on a beaucoup de difficulté, affirme-t-il.

Ironiquement, le CIUSSS ne ferme plus la porte à ce que les SCS soient établis à un autre endroit que son terrain identifié dans Saint-Roch.

Reste qu'il faudra bien trancher un jour. Santé Canada exige en effet l'identification d'un terrain en vue de mettre en place un service permanent.

Délai irréaliste?

Techniquement, Point de Repères pourrait toujours déposer un projet. Offrant déjà des services aux personnes UDI, l'organisme serait en bonne position en vertu des critères du CIUSSS. Mais deux écueils s'imposent, rappelle Mario Gagnon.

D'une part, l'organisme n'a pas les infrastructures pour répondre aux critères, ce qui le ramènerait au projet de bâtiment du CIUSSS.

D'autre parti, l'échéance est irréaliste, croit-il. C'est impossible de réaliser la demande selon les délais prescrits et dans les circonstances de la COVID-19.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Drogues et stupéfiants