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Les Insulaires et les Madelinots craignent la suspension du traversier

Le traversier, CTMA Vacancier arrive au terminal de Souris.

Le traversier entre Souris et les Îles-de-la-Madeleine se rend à Souris les dimanches, les mardis et les samedis durant la saison hivernale.

Photo : Julien Lecacheur

Julien Lecacheur

En ce mardi matin, ils sont près d'une centaine de passagers à attendre le traversier au terminal de Souris. La neige, le froid, le vent ou encore le brouillard n'ont pas découragé les Madelinots déterminés à rentrer au plus vite chez eux.

Mise à jour

Le ministre des Transports du Québec a finalement annoncé la suspension de la liaison maritime, mercredi en fin de journée.

Parmi eux, France Miousse. Cette résidente des îles a quitté son domicile jeudi dernier pour rendre visite à sa fille au Québec. Elle n'a pas souhaité rester trop longtemps sur place, de peur d'être bloquée à son retour. Je me tenais au courant chaque jour. Je savais que je pourrais rentrer à la maison. Mais cette situation est tout de même très inquiétante, souligne-t-elle.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique
Un grand panneau lumineux est posé sur la chaussée. Il avertit les conducteurs qu'ils devront s'arrêter.

Tous les passagers du traversier à Souris doivent se soumettre à un contrôle.

Photo : Julien Lecacheur

L'inquiétude grandit chez les Madelinots depuis samedi, jour où l'Île-du-Prince-Édouard a imposé un auto-isolement de 14 jours à toutes personnes arrivant dans la province. Le gouvernement a aussi installé des contrôles à tous ses points d'entrée, dont le pont de la Confédération, l'aéroport de Charlottetown et le terminal de Souris. Résultat : la province demande aux Madelinots de limiter au maximum leurs arrêts tout en respectant la distanciation sociale entre le pont et le traversier.

France Miousse confirme la mise en place des mesures du gouvernement insulaire.

Ils ne parlaient pas français au pont de la Confédération. Mais ils m'ont remis un papier sur le coronavirus. Ils m'ont aussi posé des questions et m'ont dit de n'aller nulle part et de ne pas me promener en ville.

France Miousse, résidente des Îles-de-la-Madeleine
Des Madelinots reçoivent les directives à Souris à la sortie du traversier

Des Madelinots reçoivent les directives à Souris à la sortie du traversier.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

La CTMA ne prend aucun risque

Au terminal de Souris, les contrôles sont aussi de rigueur. Des employées de la CTMA interrogent les passagers sur leur provenance ainsi que sur leur santé. Ils effectuent aussi un tri des véhicules. Ceux qui arrivent des États-Unis ou de l'étranger sont stationnés à l'écart des autres passagers.

Et sur le bateau, les règles sont encore plus strictes. Mesures d'hygiène draconiennes, accompagnement individuel, isolement dans les cabines et surveillance des couloirs rythment la traversée. De plus, la cafétéria est fermée.

Monique Bouchard, qui a pris le traversier dimanche pour rentrer aux Îles-de-la-Madeleine, explique avoir été impressionnée par les mesures prises par la CTMA. Cela m'a vraiment étonnée et surprise de voir comment ils ont pris cela à cœur et avec sérieux. Ils sont très bien organisés pour pour contrer le virus qui se propage, assure-t-elle, depuis son domicile où elle s'est auto-isolée.

Le traversier est à quai. Une première voiture s'apprête à quitter le bateau.

Le traversier est vital pour les Îles-de-la-Madeleine. Il permet de transport de toutes marchandises comme des vivres ou encore des médicaments.

Photo : Julien Lecacheur

De nombreux échanges entre François Legault et Dennis King

Et malgré les précautions, la COVID-19 continue de se propager. Les Îles-de-la-Madeleine ont annoncé leurs trois premiers cas ce mardi, un chiffre similaire à celui de l'Île-du-Prince-Édouard, qui recense cinq cas en date du 25 mars. La situation comparable, associée à la proximité géographique, poussent les premiers ministres du Québec et de l'Île-du-Prince-Édouard à s'interroger sur la liaison maritime.

Depuis dimanche, François Legault et Dennis King multiplient les échanges pour tenter de trouver une solution. Et pour le premier ministre insulaire, la réponse est très claire.

Nous ne cherchons pas à fermer le service de traversier!

Dennis King, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard
Dennis King assis la jambe gauche croisée sur la jambe droite.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, le 8 juillet 2019 à Ottawa.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Dennis King rappelle néanmoins aux Madelinots de respecter les recommandations de la Dre Heather Morrison sur la distanciation sociale et l'auto-isolement.

Du côté des Îles-de-la-Madeline, on pousse un soupir de soulagement. Le maire Jonathan Lapierre explique que la liaison maritime entre les deux provinces est vitale pour les îles. Le traversier permet l'approvisionnement de la région en marchandises, en vivres et en médicaments.

C'est une excellente nouvelle de voir que nos principaux chefs prennent et mettent de l'avant des mesures pour assurer ces liens de communication et de transport.

Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
Le maire des Îles-de-la-Madeleine Jonathan Lapierre.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.

Photo : Radio-Canada

Une question demeure néanmoins : combien de temps le traversier sera-t-il encore en service?

D'ici là, les deux premiers ministres multiplieront les discussions. La prochaine concernera certainement l'heure des traversées. L'Île-du-Prince-Édouard souhaite demander une modification. Elle souhaite que le traversier arriver à 1 h du matin et 13 h l'après-midi, comme c'est le cas actuellement.

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