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Un rêve brisé en plein cœur des séries

Montage avec deux photos montrant des joueurs de hockey en action.

Le gardien Philippe Bond compte revenir à Yorkton l'an prochain tandis que l'attaquant Tristan Lemyre fera le saut dans la NCAA.

Photo : Pages Facebook des Terriers de Yorkton et des Bombers de Flin Flon

Vous voulez anéantir un groupe de jeunes hommes unis au sein d’un vestiaire? Suffit de leur confirmer que leurs séries éliminatoires sont terminées, alors qu’elles venaient à peine de prendre leur envol. La pandémie de la COVID-19 a fait en sorte que ce scénario s’est produit dans une kyrielle de vestiaires d’équipes sportives, des jeunes enfants jusque dans les rangs professionnels.

Dans la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan (SJHL), les Bombers de Flin Flon sont passés en quelques heures de la joie à la déception. En vertu de leur balayage en première ronde contre les Broncos de Humboldt, les Bombers ont été la première formation de la SJHL à se qualifier pour le carré d'as.

Une dizaine de joueurs de hockey forment un cercle pour célébrer une victoire.

Comme en témoigne cette photo, un esprit de famille régnait dans le vestiaire des Bombers, qui réunissant quatre Québécois.

Photo : tirée de Facebook

Puis, le bruit à l’effet que le nouveau coronavirus vienne bousiller les séries éliminatoires a commencé à se faire entendre. Ce fut d'abord des rumeurs. Ensuite est venue la confirmation.

Les espoirs de championnat sont aussitôt partis en fumée, de quoi mettre en place un lourd silence dans le vestiaire des Bombers, interrompu par un trop-plein d’émotions ressenti par certains joueurs sous le choc.

Tristan Lemyre reçoit sa place des mains de Bill Chow, le président de la SJHL.

Les 62 points en 44 matchs de Tristan Lemyre lui ont valu le titre de recrue de l'année dans la SJHL et une bourse d'études à l'Université de Denver.

Photo : Photo tirée de Facebook/Darrick Wiebe

L’attaquant Tristan Lemyre avait une pensée pour ses coéquipiers âgés de 20 ans dont le stage junior prenait fin ainsi. Ce n’est pas tout le monde qui aura la chance de jouer au hockey l’an prochain. Nous avions de bonnes chances de remporter le championnat cette année.

Plusieurs gars étaient vraiment émotifs.

Tristan Lemyre, attaquant des Bombers de Flin Flon

Même scénario dans le camp des Terriers de Yorkton, où le gardien québécois Philippe Bond et ses coéquipiers étaient à égalité 2 à 2 lors du premier tour éliminatoire. Alors que l’équipe se préparait à embarquer sur la patinoire pour un entraînement, un attaquant, Alec Zawatsky, a informé les siens que certains de ses amis jouant au niveau supérieur, la Ligue de hockey junior de l’Ouest (WHL), avaient été informés qu’ils pouvaient rentrer à la maison puisque les activités de la WHL étaient suspendues en raison du virus.

Aussitôt, on s’est dit qu’on serait les prochains, se souvient celui qui était sur le carreau en séries en raison d’une blessure au genou. Initialement, il espérait que la COVID-19 force la SJHL à mettre ses activités sur pause pour deux semaines, pour lui permettre de guérir et de revenir. Mais en vain.

C’était un moment vraiment émotif. Nous sommes quand même embarqués sur la glace pour la dernière fois tous ensemble. Les joueurs de 20 ans ont porté leur chandail de match [plutôt que celui d’entraînement], car ils voulaient le porter une dernière fois.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir
Philippe Bond pose avec son chandail en tenant une plaque et un trophée.

Le bon dossier scolaire de Philippe Bond lui a valu le titre de joueur académique de son équipe.

Photo : tirée de Facebook

Rentrer à la maison retrouver papa et maman

Une fois le deuil fait, les hockeyeurs devaient rentrer à la maison, ce que leurs parents souhaitaient ardemment avant la congestion des aéroports ou que les frontières interprovinciales ne se ferment.

Philippe Bond est resté à Yorkton quelques jours, le temps de profiter des derniers moments avec ses coéquipiers et de rencontrer ses entraîneurs. Le natif de Repentigny a pu rentrer chez lui samedi dernier en prenant un vol de Regina à Montréal, avec une escale à Toronto, car il n’y a aucun vol direct reliant la Saskatchewan au Québec.

Tristan Lemyre a fait preuve de ruse pour éviter de passer par Toronto. Il est embarqué dans la voiture d’un coéquipier albertain qui l’a conduit jusqu’à Edmonton où le natif de Mirabel a pris place dans un avion qui lui a permis de retrouver ses proches.

Un retour et un départ

Bien que les joueurs des Terriers, version 2019-2020, ne seront plus jamais réunis tous ensemble, Philippe Bond aura la chance de retrouver quelques visages, car il compte bien revenir à Yorkton pour sillonner les routes de la Saskatchewan pour son dernier hiver à titre de hockeyeur junior. Une saison importante qui dictera sa prochaine destination.

Je regarde beaucoup du côté des universités canadiennes et américaines. Je veux étudier en psychologie et j’aimerais agencer le hockey avec ça, confie l’ancien portier du Phénix du Collège Esther-Blondin et des Jeannois d’Alma.

Un groupe de hockeyeurs pose dans le vestiaire.

Le gardien Philippe Bond (au centre avec les jambières blanches) et ses coéquipiers ont remporté le championnat de la division Viterra.

Photo : tirée de Facebook

De son côté, Tristan Lemyre ne reviendra jamais à Flin Flon. Du moins, pas en tant que patineur des Bombers. Après une seule saison où il s’est grandement distingué, il a décroché une bourse d’études à l’Université de Denver où il aura la chance de joindre l’un des meilleurs programmes de hockey aux États-Unis.

Une grande fierté pour celui qui avait été ignoré au repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec à sa première année d’admissibilité. Une déception rapidement transformée en carburant. Motivé, il a révisé ses plans et s’est mis à rêver à la nouvelle vie qui l’attend lors de la prochaine rentrée scolaire.

Rien n’arrive pour rien. C’est toute une fierté d’être engagé à Denver. Il y a plein de bons programmes aux États-Unis, et selon moi, les Québécois devraient commencer à regarder davantage cette option, indique Tristan Lemyre.

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