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La télémédecine désormais préconisée pour les femmes enceintes

Les conjoints ne peuvent plus assister aux suivis de grossesse et échographies lorsque les femmes enceintes doivent se rendre à l'hôpital.

Une femme enceinte lors d'une consultation avec une sage-femme.

Pour certains suivis, les consultations au téléphone ou en vidéo sont privilégiées.

Photo : iStock

« On a revu les rendez-vous considérés non urgents », explique Isabelle Boucoiran, gynécologue-obstétricienne et codirectrice du Centre d’infectiologie mère-enfant au CHU Sainte-Justine.

Dans cet établissement, on réévalue depuis plusieurs jours la pertinence des contacts physiques entre les femmes enceintes et le personnel médical lors des suivis. Certaines rencontres sont ainsi reportées ou encore on regroupe différentes activités indispensables, tels des tests de diabète et des échographies, pour limiter les déplacements.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux vient également d’envoyer une directive au corps médical pour préconiser l’appel téléphonique ou la vidéo.

On privilégie le téléphone, notamment pour les femmes qui sont entre la 12e et la 20e semaine, précise Isabelle Boucoiran. Durant cette période, il est fréquent qu’il ne se passe pas grand-chose si la personne n’est pas à risque.

Chaque établissement est cependant libre de mettre en place ces conseils du gouvernement. À l'Hôpital général juif, on indique suivre cette directive. Même chose, d'une manière globale, au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui privilégie les suivis téléphoniques et les téléconsultations.

Certains examens jugés sécuritaires se feront dorénavant par télémédecine.

Jennifer Timmons, porte-parole de l'Hôpital général juif

Au CHUM, cependant, ces suivis de grossesse se font encore dans l’enceinte de l’hôpital, mais aucun rendez-vous non-essentiel n’est maintenu, affirme Isabelle Lavigne, porte-parole de l'établissement montréalais.

Tout rendez-vous annulé ou reporté fait l'objet d'une discussion avec l'équipe de soins en accord avec la patiente, mentionne-t-elle.

En revanche, seule la femme enceinte est admise pour ces rendez-vous. Que ce soit pour ces suivis de grossesse ou des échographies, aucun accompagnateur n’est autorisé. Cette situation est généralisée dans de nombreux établissements au Québec.

Au moment de l’accouchement, le deuxième parent peut néanmoins être présent. La famille, en revanche, n’est pas admise.

Des exceptions ont été octroyées pour le conjoint ou la conjointe lors de l’accouchement et la période immédiatement post-partum tant que le ou la conjointe reste à l’hôpital avec la patiente, assure-t-on du côté de l’Hôpital général juif.

La présentation pour les familles peut se faire sur FaceTime ou Skype, spécifie Paul Logothetis, porte-parole de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Les accouchements à domicile possibles, mais sous conditions

La semaine passée, l’Ordre des sages-femmes a suspendu les accouchements à domicile. Finalement, cette décision a été revue mardi, avec le MSSS.

Désormais, cette pratique reste possible, mais seulement dans les régions où il n’y a pas de maison de naissance ou si la sécurité de la femme est en jeu [avec par exemple] un risque d'accouchement précipité réel, indique le MSSS.

Les critères varient selon les régions. Tout dépend de la distance. Ce sont les équipes de sages-femmes qui pourront décider si les critères sont établis, détaille Julie Pelletier, présidente de l’Ordre des sages-femmes, en donnant en exemple la région de la Gaspésie.

Le Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ) avait d’ailleurs poussé en ce sens ces derniers jours. La seule solution, pour les gens qui vivent dans certains endroits, c’est d’aller dans les hôpitaux. Mais on veut désengorger le plus possible les hôpitaux, pour réduire les risques, explique Mounia Amine, présidente du RSFQ.

Les femmes enceintes sont-elles plus à risque?

Jusqu’à maintenant, les femmes enceintes ne semblent pas plus à risque de contracter la maladie à coronavirus COVID-19 que le reste de la population, précise le ministère de la Santé et des services sociaux.

Ce dernier recommande néanmoins à ces femmes d’éviter la tenue des rencontres prénatales de groupe pour diminuer les risques de contamination.

Une femme enceinte touchée par la COVID-19 pourrait-elle transmette le virus au foetus?

Il semble qu’il n’y ait aucune transmission aux bébés durant la grossesse. Et il ne semble pas non plus qu’il y a ait de complications pour les nouveau-nés, indique Richard Brown, directeur du service d’obstétrique et de médecine foeto-maternelle à l’Hôpital Royal Victoria. 

Ce dernier précise néanmoins que le nombre de données disponibles demeure encore faible.

La présence du virus causant la COVID-19 n’a pas été détectée dans le liquide amniotique, le placenta ou le lait maternel des femmes enceintes infectées.

Extrait d'une note du ministère de la Santé et des services sociaux

En Chine, une trentaine de femmes enceintes hospitalisées ont été répertoriées, ajoute Isabelle Boucoiran.

Il y a eu des cas de femme en réanimation, en détresse respiratoire, mais pas de plus grande sévérité que pour la population en général, reprend-elle, en précisant cependant que durant un troisième trimestre de grossesse, les risques restent plus élevées lorsqu’une femme contracte le virus de la grippe.

En raison des changements physiologiques durant la grossesse, les femmes enceintes sont plus à risque de présenter des complications à la suite d’une infection respiratoire, affirme également le MSSS.

L'allaitement reste d'ailleurs possible pour les mères infectées par la COVID-19, ajoute le MSSS, en précisant que les parents malades doivent alors porter un masque en tout temps lorsqu’ils sont en contact avec le nouveau-né.

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