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Les médecins en chef, des figures qui rassurent

Photos de la médecin hygiéniste en chef de la C.-B., Dre Bonnie Henry et le directeur de la santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda.

Les démonstrations d’affection envers les médecins en chef des différentes provinces – notamment la Dre Bonnie Henry, de la C.-B., et le Dr Horacio Arruda, du Québec – se multiplient depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/Sylvain Roy Roussel

Geneviève Lasalle

De la Colombie-Britannique au Québec, les Canadiens expriment ces jours-ci une admiration collective envers leurs médecins en chef et autorités de la santé publique. Une réponse psychologique à l’anxiété éprouvée en temps de crise, notent des experts.

À Montréal, Mélodie Renaud allume son téléviseur : depuis quelques jours, le point de presse du Dr Horacio Arruda, directeur national de la santé publique du Québec, est la seule chose qu’elle regarde à la télé.

Il me semble être l'homme de la situation et, visiblement, je ne suis pas la seule à le penser, lance-t-elle.

Quelques heures plus tard, la Vancouvéroise Shelley Ann s’installe devant son écran d’ordinateur. Son rendez-vous avec la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry, commence dans quelques minutes.

J’ai l’impression qu’elle s’adresse à moi. Gentiment, mais avec fermeté. Tout ce qu’elle ordonne ou suggère, je vais le suivre à la lettre.

Shelley Ann, Britanno-Colombienne
Un homme portant un masque prend une photographie des cerisiers en fleurs dans un parc du centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique.

L’espèce humaine étant sociale, lorsque les contacts avec nos collègues, nos amis et les membres de notre famille sont coupés, nous devenons stressés et anxieux, et nous avons de la difficulté à gérer nos émotions, selon des experts.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

De fan-clubs improvisés aux pages Facebook qui leur sont dédiées, les démonstrations d’affection envers les médecins en chef des différentes provinces expriment un besoin de [se] rassembler autour de figures de confiance en temps de crise, explique Nafissa Ismail, professeure et titulaire d’une chaire de recherche en psychologie à l’Université d’Ottawa.

Se rassembler dans la distanciation

Dans la distanciation sociale qu’impose la pandémie de la COVID-19, le sentiment d’appartenance communautaire prend une importance capitale, puisqu’elle nous permet de savoir que nous ne sommes pas seuls à naviguer dans cette situation difficile et sans précédent, fait valoir Mme Ismail.

On a besoin de sentir qu’on fait partie d’une communauté qui se rassemble autour de gens qui s’occupent de nous. On a besoin de ce sentiment de sécurité.

Nafissa Ismail, professeure et titulaire d’une chaire de recherche en psychologie à l’Université d’Ottawa

Des médecins qui s’occupent de nous

L'expertise des médecins en chef, leur connaissance de la situation et l'apparente honnêteté qu'ils dégagent réconforte autant qu'elle attire la confiance, dit Mme Ismail. 

Ils peuvent nous dire quoi faire pour se protéger de ce virus; on a donc l’impression qu’il y a quelqu’un qui s’occupe de nous.

Nafissa Ismail, professeure et titulaire d’une chaire de recherche en psychologie à l’Université d’Ottawa
La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry, et le ministre de la Santé, Adrian Dix, en point de presse.

La collaboration publique entre les experts de la santé et les gouvernements est importante; elle nous indique que les décisions prises sont à la lumière d’informations véridiques, selon Mme Ismail.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

À l’opposé, les chefs d'État, en examinant la situation sous plusieurs angles, économique ou autre, peuvent parfois s’attirer la méfiance de la population, qui souhaite focaliser sur la santé, observe Mme Ismail.

Pour autant, les Canadiens espèrent une collaboration étroite entre les politiciens et les experts, la clé pour trouver ensemble des solutions pour nous protéger de ce virus.

De l’empathie et de l’humour

Alors qu’elle annonçait au début du mois que six nouveaux Britanno-Colombiens étaient atteints de la COVID-19, la Dre Bonnie Henry avait dû retenir des larmes. C'est une période très difficile, a-t-elle admis aux journalistes présents dans la salle.

Une vague de sympathie envers la Dre Henry s’en est suivie sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pour Shelley Ann, cette sensibilité dont fait preuve la médecin hygiéniste en chef prouve qu'être professionnel ne veut pas dire pour autant devoir renoncer à son humanité.

Les gens ont besoin de se savoir compris, explique Mme Ismail.

Les gens souffrent [...]. Ça aide énormément de voir que les experts sont humains, et qu’il ressentent notre souffrance.

Nafissa Ismail, professeure et titulaire d’une chaire de recherche en psychologie à l’Université d’Ottawa
La bannière d'une page Facebook dédiée au Dr Horacio Arruda montre des lettres formant son prénom sur fond de tartelettes portugaises.

La bannière d'une page Facebook dédiée au Dr Horacio Arruda montre des tartelettes portugaises, en référence à une déclaration faite en point de presse selon laquelle il souhaitait en cuisiner.

Photo : Facebook/Horacio, notre héros

Au Québec, avec son franc-parler et son naturel, le Dr Horacio Arruda – qui, en point de presse, a évoqué son amour pour les tartelettes portugaises – s'est aussi attiré un important capital de sympathie.

Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas à prendre au sérieux. Dans un contexte anxiogène, sa capacité à vulgariser la situation pour que tout le monde comprenne plaît à Mélodie Renaud.

Dans cette situation qui nous cause autant d’anxiété, ça fait du bien d’avoir les moyens de déstresser, de sourire, de se calmer un peu, rappelle Mme Ismail.

Les recettes du Dr Horacio Arruda, par ailleurs, se font toujours attendre.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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