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La COVID-19 prend de l’ampleur en Afrique aussi, souligne le politologue Mamadou Ka

Mamadou Ka debout dans un corridor.

Mamadou Ka est professeur de science politique à l’Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’heure où le confinement est de mise dans la plupart du monde, les yeux se tournent vers le continent africain qui semble moins touché. Le politologue manitobain Mamadou Ka prévient toutefois que ce ne sera peut-être bientôt plus le cas.

Le continent africain fait partie des plus petits bassins de développement du nouveau coronavirus.

Jusqu’au vendredi 20 mars, il y avait seulement 36 pays sur les 54 pays en Afrique qui étaient véritablement touchés par le coronavirus avec 700 cas, mentionne Mamadou Ka.

La situation semblait être sous de bons auspices selon l'épidémiologiste à la clinique du Quartier latin à Montréal, Nima Machouf.

On ne sait pas pourquoi, mais les Africains semblent être moins sensibles au virus de la grande famille de l’influenza. On espère qu’ils vont être épargnés, constate-t-elle.

Seulement, comme partout sur la planète, la situation change rapidement et l’évolution du nombre de cas se fait de façon exponentielle.

En trois à quatre jours, il y a eu une énorme expansion et le bilan a plus que doublé. Il y a 1620 cas en près de 3 jours. Il y a eu plus de 50 morts, indiquait Mamadou Ka mardi.

Il ajoute que le virus ne fait pas de différence et touche également les pays les plus riches du continent.

Il y a des pays comme l’Afrique du Sud ou l'Égypte qui sont les plus touchés avec plus de 400 cas. L’Algérie a eu plus de 300 cas mardi. Vous avez le Sénégal qui est à 87 cas. Le Burkina Faso aussi avec 99 cas a quatre ministres infectés, et son vice-président de l’assemblée est décédé, déplore-t-il.

Il ne fait aucun doute selon lui que le coronavirus prend de l’ampleur sur l’ensemble du grand continent.

Au départ, on avait entendu dire que le virus ne survit pas à la chaleur, mais cela se révèle faux, souligne-t-il.

Cependant, cette idée pourrait compliquer la tâche des autorités sanitaires locales qui jouent une course contre la montre.

Les Africains croient que c’est un virus qui ne va pas les toucher, estime Mamadou Ka.

Il ajoute que les modes de vie locaux rendent la mise en œuvre d’un isolement compliqué.

Les économies africaines sont principalement informelles. Les gens doivent littéralement sortir de leur maison chaque jour pour être capables de se nourrir et nourrir leur famille. Si ces gens ne peuvent pas travailler, ils sont menacés par la famine, explique le politologue.

S’ajoutent à cela des densités de population en pleine croissance.

Aujourd’hui, il y a aussi l’explosion des mégalopoles comme Kinshasa. Ce sont des villes qui ont 10 à 15 millions d’habitants. La densité dans ces grandes villes est d’environ 6000 habitants par kilomètre carré, note-t-il.

Certains pays ont ainsi dû se résoudre à mettre en œuvre des solutions radicales.

Au Sénégal et en Côte-d’Ivoire, c’est la déclaration de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national. Il y a des couvre-feux de 20 h à 6 h. L’Afrique du Sud a aussi trois semaines de confinement national et les écoles sont fermées. Les vols en provenance de pays à haut risque sont interdits, précise Mamadou Ka.

Ce qui l'inquiète en premier lieu, ce sont les risques économiques. Selon lui, une crise sanitaire pourrait mettre les systèmes de santé à genou.

Ce qui est difficile pour les populations africaines c’est qu’on se demande comment le coronavirus va affecter les régions où il y a déjà d’autres maladies comme le choléra, le VIH ou la tuberculose, s’inquiète-t-il.

Il souligne également les risques du ralentissement de l’activité économique alors que des villes comme Johannesburg atteignent déjà des taux de chômage de 30 %.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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