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Les athlètes d'élite font preuve de créativité en temps de crise

Tous les moyens sont bons pour s'entraîner physiquement et mentalement en isolement.

Des personnages d'athlètes s'entraînent sous des molécules de Coronavirus.

Les athlètes de haut niveau doivent faire preuve de créativité pour s'entraîner pendant la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

L’isolement volontaire est encouragé depuis près de deux semaines au Québec et en Ontario et les athlètes de pointe sont plus limités que jamais pour maintenir leur entraînement. Qu’ils soient athlètes olympiques, joueurs de baseball ou nageurs, les défis sont grands pour garder leur carrière sur les rails.

On essaie de faire tout ce qu’on peut!  Je fais des entraînements de sprint dehors. J’ai reçu des plans de mon préparateur physique par courriel. Je travaille aussi avec mon poids corporel pour faire des exercices. Sinon, dehors, je peux surtout faire du cardio, raconte la joueuse de tennis Mélodie Collard. 

Les athlètes doivent faire preuve d’une grande créativité afin que les circonstances actuelles ne nuisent pas trop à leur développement.

C’est pas une situation idéale pour personne. Il y a de la déception, de la frustration et de l’incompréhension pour plusieurs, explique le consultant en performance mentale et psychologie du sport, Jonathan Lelièvre.

Un consultant, qu'on voit dans un écran d'ordinateur, offre de l'aide à un athlète.

Jonathan Lelièvre offre ses services de consultant mental en ligne.

Photo : Radio-Canada

Ce sont des émotions tout à fait normales. Il faut apprendre à les gérer. Pour les athlètes c’est important ! C’est un peu la fin du monde pour certains, il faut les aider à mieux vivre la situation.

On commence déjà à voir des signes positifs. On voit des athlètes créatifs en ligne. Ils demeurent engagés. Toutes sortes d’activités se produisent et c’est positif ! 

Jonathan Lelièvre, consultant en performance mentale

Le joueur de baseball Phillippe Aumont a quitté le camp des Blue Jays de Toronto il y a quelques jours. À son retour à Gatineau, il rigole à propos de son plan d’entraînement des prochaines semaines. Je pense que je vais me partir un workout de prison! Faire des chin up, des set up. Du style barbare , blague le lanceur. 

Plus sérieusement, il compte tirer profit de son horaire allégé pour travailler sur certaines faiblesses. J’ai mon filet et mon panier de balle. Je peux lancer n’importe où. Je vais m’inventer des exercices juste pour rester en forme, précise Aumont.

Un joueur de baseball lance la balle vers le marbre.

Le lanceur gatinois, Phillippe Aumont, lors du camp des Blue Jays de Toronto, en Floride.

Photo : Gracieuseté de Phillippe Aumont / Blue Jays

Je n’ai pas l’équipe qu’on a au centre d’entraînement. Mais, il y a plusieurs chose que je peux continuer à faire. Il y a des vidéos de yoga et d’autres choses pour travailler ton "core". La stabilité est importante pour les lanceurs. 

Phillippe Aumont, lanceur

Les joueurs de l’Atlético Ottawa ont mis fin à leur camp à Madrid et sont depuis en isolement dans la capitale. Ils s’entraînent aussi du mieux qu’ils peuvent. On fait surtout des exercices dans notre salon. Il faut trouver de nouvelles façons de faire, mentionne Ben Fisk. 

Transformer l'occasion en opportunité

Ce genre de comportement, c’est exactement celui que Jonathan Lelièvre encourage auprès des athlètes qu’il encadre. 

Il faut trouver des solutions uniques et se débrouiller avec les moyens du bord comme on dit. Les athlètes sont généralement bien encadrés. Les spécialistes peuvent les aider à continuer une préparation. Il y a des options. Je pense qu’il faut les voir et se tourner vers ce qu’on a plutôt que ce qu’on n’a pas. C’est une question d’attitude, poursuit Lelièvre. 

Deux sportifs à l'extérieur consultent leur bracelet connecté.

L'exercice à l'extérieur est approprié en ces temps d'isolement, tout en pratiquant la distanciation sociale.

Photo : iStock

Je prétends que je suis dans l’eau, que je suis dans une course. Je me mets dans les mêmes conditions mentales que lorsque je suis dans la piscine. 

Camille Bérubé, nageuse paralympique

Le spécialiste encourage les athlètes à ne pas tomber dans l’oisiveté au cours des prochaines semaines. Les athlètes sont des créatures d’habitudes. Ils doivent se développer de nouvelles habitudes. Il faut développer les bonnes. C’est très facile en ce moment de tomber dans le relâchement complet, affirme Lelièvre.

Pour éviter ce relâchement, il prône le travail mental pour pallier au manque d’entraînement physique.

C’est une belle occasion pour redoubler les efforts sur ce qu’on fait dans la saison morte en général. Ils doivent penser à long terme. Tes actions vont avoir un impact sur la qualité et le retour à l'entraînement de façon optimale.

Une nageuse regarde le tableau indicateur après une course.

La nageuse gatinoise Camille Bérubé lors d'une compétition.

Photo : Scott Grant / Natation Canada

La nageuse paralympique Camille Bérubé suit ces conseils assidûment. Elle travaille beaucoup sur l’imagerie mentale.

C’est une façon de reproduire l’expérience de natation, mais en dehors de l’eau. Je travaillais là-dessus avant même que la situation se produise. Je peux le peaufiner pendant que je ne peux pas être dans la piscine, précise la paranageuse gatinoise.

Et maintenant que les Jeux olympiques de Tokyo ont été reportés à 2021, il sera plus simple pour les athlètes olympiques et paralympiques de se fixer de nouveaux objectifs et de rester dans un état mental optimal à la sortie de la crise mondiale de la COVID-19. 

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Ottawa-Gatineau

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